Fausse couche : symptômes, causes et traitements en cas de grossesse arrêtée

Les idées clés

  • Une fausse couche est une grossesse qui s’arrête de manière spontanée (les médecins parlent désormais plutôt d’arrêt de grossesse, et on préfère évidemment ces termes, car il n’y a rien de faux dans une “fausse couche”). Beaucoup parlent toutefois encore de “fausse couche”, raison pour laquelle on peut avoir tendance à encore utiliser cette expression, pas abus de langage.
  • Lorsqu’une grossesse s’arrête, cela est généralement dû à une anomalie chromosomique de l’embryon, qui arrive hélas plus souvent qu’on ne l’imagine, la fusion de deux cellules pour en créer une seule restant une prouesse génétique incroyable qui ne se passe malheureusement pas toujours parfaitement. En cas de fausses couches à répétition, on peut aussi investiguer du côté de l’endomètre, d’une insuffisance en progestérone ou d’un autre problème de santé sous-jacent.
  • Une grossesse arrêtée peut s’évacuer seule (mot terrible aussi, mais hélas aussi très employé…), ou nécessiter un traitement médical ou une intervention chirurgicale.
  • Des ressources existent si vous êtes face à cette épreuve, vous n’avez pas à la surmonter seule et on est de tout notre coeur avec vous !
  • En cas de test de grossesse positif, la joie d’être enceinte peut être teintée d’une certaine appréhension : en effet, la crainte de la « fausse couche » est bien réelle, surtout si on est déjà passée par là.

    L’article qui suit a pour objectif premier de vous rassurer : la majorité des grossesses se passent très bien 🙂 On va également faire le point sur les symptômes évocateurs d’une fausse couche (et ceux qui n’en sont pas) et quelle prise en charge est possible si cela se produit.

    Si vous êtes stressée par votre début de grossesse, ne poursuivez pas forcément votre lecture, on ne voudrait pas exacerber vos craintes 🙈 Prenez soin de vous surtout et gardez en tête que vous êtes entre de bonnes mains avec votre équipe médicale 🙂

    🎧🍿 En complément de cet article, on vous recommande chaudement d’écouter cet épisode de podcast que nous avons enregistré avec le Dr Jonathan Cohen, spécialiste des grossesses arrêtées, qui saura vous apporter des informations concrètes, mais aussi vous rassurer <3



    fausse couche définition

    Qu’est-ce qu’une fausse couche (ou grossesse arrêtée) ?

    Une « fausse couche » est une perte de grossesse involontaire avant le terme de la grossesse. On préfère le terme d’arrêt de grossesse (même les médecins l’utilisent de plus en plus !), car parler d’une « fausse couche » peut être douloureux, dans la mesure ou la perte est réelle, loin d’être fausse ! On parle aussi parfois d’interruption spontanée de grossesse, ou d’avortement spontané.

    On distingue différents types d’arrêts de grossesse en fonction du terme de cette dernière :

    • On parle de fausse couche précoce lorsqu’elle s’arrête avant 12 semaines de grossesse (ou 14 semaines d’aménorrhée)
    • On dit qu’elle est tardive après le premier trimestre de grossesse (après la 14ème semaine d’aménorrhée).

    Un arrêt de grossesse peut parfois être très précoce quand il s’agit d’une grossesse biochimique, au cours de laquelle l’embryon ne s’accroche pas (ou pas durablement) à la muqueuse utérine. Les grossesses biochimiques sont assez fréquentes et on ne les décèle pas forcément, dans la mesure où on n’a généralement pas le temps de faire un test de grossesse avant qu’elle ne s’arrête. Si on fait un test, il peut être positif puis très rapidement négatif.

    Une « fausse couche » est différente d’une interruption volontaire de grossesse (IVG), dans la mesure où elle n’est pas volontaire, et de l’interruption médicale de grossesse (IMG), qui est réalisée pour une raison thérapeutique. Quant à la grossesse extra-utérine, elle fait partie des causes d’arrêt de grossesse, dont nous reparlons plus bas.


    causes grossesse arrêtée

    Quelles sont les causes d’une grossesse arrêtée ?

    La majeure partie du temps, une grossesse s’arrête en raison d’une anomalie chromosomique de l’embryon. Il peut également arriver que l’embryon ne s’implante pas dans l’utérus, en cas de grossesse extra-utérine (dans ce cas, il se niche le plus souvent dans l’une des trompes) : la grossesse n’étant pas viable, elle peut s’interrompre d’elle-même, et si ce n’est pas le cas, elle doit être interrompue car elle constitue un risque vital pour la maman

    La majorité du temps, un arrêt de grossesse est isolé, et une grossesse menée à terme est bien sûr possible ensuite. C’est ce qui explique que les professionnels de santé ne creusent souvent pas après une seule fausse couche…

    En revanche, il peut être nécessaire d’investiguer en cas de fausses couches à répétition, car cela peut aussi arriver en raison d’une d’une insuffisance en progestérone par exemple (la progestérone prépare la muqueuse utérine à l’implantation et maintient cette muqueuse en place pendant la grossesse), ou d’une anomalie au niveau des trompes ou de l’endomètre, ou encore d’une mauvaise qualité ovocytaire ou des spermatozoïdes, notamment en lien avec une fragmentation de l’ADN spermatique (entre autres).

    Dans tous les cas, surtout gardez à l’esprit qu’un arrêt de grossesse n’est absolument jamais de votre faute ! Il est naturel de vouloir comprendre la raison d’une grossesse qui s’arrête, mais vous n’en êtes pas responsable <3


    signes fausse couche

    Quels sont les signes d’une fausse couche ?

    Si vous êtes actuellement enceinte, vous pouvez redouter que votre grossesse soit interrompue : on vous comprend et on aimerait vous rassurer, car dans l’immense majorité des cas, la grossesse est menée à terme et sans encombre 🙂

    Voici les symptômes d’une fausse couche les plus courants :

    • Des saignements vaginaux rouges et abondants (les saignements peuvent être plus foncés en cas de grossesse extra-utérine)
    • Des douleurs utérines (plus intenses que des règles)
    • Des beta hCG qui ne montent plus, voire redescendent.

    Cela dit, il arrive aussi que l’arrêt de grossesse soit asymptomatique : en cas de fausse couche silencieuse, on ne présente effectivement pas de symptômes apparents.

    Attention, néanmoins : la disparition des symptômes de grossesse n’est pas forcément le signe que la grossesse s’arrête ! En effet, les signes de grossesse peuvent fluctuer naturellement, même quand tout va bien 🙂

    La sensibilité dans les seins, les éventuelles nausées, la fatigue, ça va, ça vient pendant la grossesse. Et d’ailleurs, toutes les femmes ne présentent pas ces symptômes, on peut tout à fait être enceinte et ne ressentir aucun signe, ça ne veut absolument pas dire que la grossesse n’est pas viable !

    Idem si vous pratiquez la symptothermie et avez l’habitude de prendre votre température : elle peut tout à fait fluctuer et baisser au cours de la grossesse, sans que cela soit mauvais signe ! On vous recommande d’ailleurs d’arrêter de prendre votre température en cas de test de grossesse positif, car ça peut vite être très anxiogène 🙂


    professionnel de la santé

    Que faire en cas de suspicion de fausse couche ?

    Si vous avez le moindre doute (et notamment des saignements), n’hésitez pas à demander une consultation avec votre sage-femme ou gynécologue. Si les saignements sont abondants et que vous ressentez des douleurs, vous pouvez vous rendre aux urgences gynécologiques pour faire le point. Ce conseil vaut d’autant plus si vous avez de la fièvre, une sensation de malaise, des étourdissements, et des douleurs latéralisées, qui peuvent signaler une grossesse extra-utérine.

    Ceci étant dit, gardez en tête que les saignements vaginaux sont souvent bénins en début de grossesse ! Toutefois, par précaution, on recommande toujours de consulter afin d’avoir un avis médical, ne serait-ce que pour se rassurer.

    Le diagnostic de la fausse couche

    Pour vérifier si la grossesse s’arrête ou non, les médecins réalisent généralement une échographie endovaginale et 3 scénarios sont possibles :

    • L’embryon est bien en place et une activité cardiaque est détectée (la grossesse se poursuit donc !)
    • On constate une absence d’embryon : la grossesse s’est arrêtée et a été « évacuée » (désolée pour ce terme 🙈)
    • On a bien un embryon, mais aucune activité cardiaque n’est détectée : l’arrêt de grossesse est silencieux.

    En parallèle, on mesure les beta hCG qui, en cas de fausse couche, stagnent ou diminuent.

    Le traitement d’un arrêt de grossesse

    En cas d’arrêt de grossesse, plusieurs prises en charge sont possibles : si la grossesse s’est évacuée d’elle-même, le médecin réalise une échographie de contrôle quelques jours plus tard, pour s’assurer que l’utérus est bien vide et qu’il n’y a pas de signe d’infection. Dans ce cas, il n’y a rien d’autre à faire, le corps a “géré” l’arrêt de cette grossesse tout seul. 

    Si ce n’est pas le cas, on propose à la femme enceinte de prendre un traitement à base de misoprostol (Cytotec® étant le nom de marque le plus connu) pour favoriser l’expulsion des tissus embryonnaires et placentaires. Il s’agit d’un analogue des prostaglandines, qui provoque des contractions de l’utérus ainsi que le ramolissement et la dilatation du col de l’utérus, pour permettre d’expulser” le contenu utérus (c’est-à-dire l’embryon mais aussi le sac gestationnel, le trophoblaste qui est le futur placenta, l’endomètre épaissi, etc.).

    Ce traitement est pris à la maison, sans intervention médicale, par voie vaginale ou orale, souvent un 2 prises, à quelques heures d’intervalles (le protocole peut varier selon les praticiens, il faut suivre les recommandations du vôtre). 

    Après la prise, en principe les saignements se déclenchent dans les heures qui suivent, et peuvent s’accompagner de douleurs de type douleurs de règles. Il faut avoir en tête que cela peut être lourd émotionnellement, car on peut ressentir des sortes de caillots, et notamment l’expulsion du sac utérin…

    Il est recommandé de faire une échographie de contrôle dans les jours qui suivent, pour s’assurer que l’utérus est bien “vide” (toujours cet horrible champ lexical de la “fausse couche”…), et si ce n’est pas le cas, une intervention chirurgicale sera a priori envisagée. Une telle intervention est également possible directement, si on ne souhaite pas passer par cette voie médicamenteuse. Dans les deux cas, il peut s’agir de :

    • L’aspiration intra-utérine, qui est la méthode la plus utilisée aujourd’hui : elle est réalisée sous anesthésie locale ou générale, souvent en ambulatoire et consiste à introduire une canule souple dans l’utérus via le vagin et à aspirer le contenu utérin. Il s’agit d’une méthode rapide, peu invasive, avec un faible taux de complications.
    • Le curetage, qui consiste à gratter la muqueuse utérine avec une curette métallique après avoir dilaté le col de l’utérus. Il est plus invasif que l’aspiration seule et parfois encore pratiqué en complément de l’aspiration si cette dernière n’a pas permis de tout évacuer. Néanmoins, le curetage est aujourd’hui rarement pratiqué seul en première intention.

    En pratique, certains professionnels de santé utilisent encore le mot curetage par abus de langage, même s’ils réalisent en réalité une aspiration.

    Pour rappel, il est bien sûr également possible d’attendre que la grossesse s’évacue d’elle-même, sans intervention extérieure.

    Dans tous les cas, si la mère présente un groupe sanguin de rhésus négatif (A-, B-, AB-, O-), elle peut recevoir une injection d’immunoglobulines anti-D : cela permet d’éviter qu’elle développe des anticorps dirigés contre les globules rouges d’un fœtus au rhésus positif lors d’une future grossesse. Cette injection est une mesure de prévention, toujours proposée en cas de grossesse, et donc également après une fausse couche ou une IVG.


    que faire après une fausse couche

    Après une grossesse arrêtée

    Si vous venez de vivre une grossesse arrêtée, on vous envoie sincèrement toute notre tendresse et tout notre réconfort, car on sait à quel point cette épreuve est difficile et souvent très solitaire ❤️‍🩹

    Pour commencer, sachez qu’il est désormais possible, en France, de disposer d’un arrêt de travail en cas de grossesse arrêtée avant 22 semaines d’aménorrhée, sans jour de carence et ce, même en l’absence d’hospitalisation. Vous pouvez donc en faire la demande auprès de votre médecin si vous en ressentez le besoin <3

    Après 22 SA, c’est le congé maternité classique qui s’applique, avec tous les droits afférents.

    Il est possible que votre professionnel de santé vous propose une surveillance médicale, mais elle n’est pas systématique (surtout en cas de fausse couche isolée).

    En cas de désir de grossesse, vous pouvez en principe reprendre les essais dès que vous vous sentez prête (sauf avis médical contraire): sachez seulement que l’ovulation ne reprendra a priori qu’une fois que les beta hCG sont de nouveau à zéro et que votre cycle menstruel peut être un petit peu chaotique dans les semaines qui suivent (n’hésitez pas à lire notre article sur la reprise de l’ovulation après une fausse couche pour en savoir plus). Par ailleurs, la fertilité n’est ni forcément amoindrie ni augmentée après un arrêt de grossesse.

    Comme on peut parfois se sentir très seule après une grossesse arrêtée, voici également quelques ressources, qui, on l’espère, pourront vous apporter du soutien :

    • L’association Agapa, qui propose des groupes de parole, des cafés rencontre et du soutien individuel, ou encore l’association SOS Fausses couches, fondée par les gynécologues Laurène Majoulet et Jonathan Cohen et leur assistante Céline Houdin, qui apporte des conseils, mais aussi un réseau de praticiens formés au diagnostic des grossesses arrêtées à répétition 
    • On a également réalisé un épisode de podcast avec le Dr Jonathan Cohen sur ce sujet, qui est à la fois déculpabilisant et riche d’informations précieuses
    • Les livres “3 mois sous silence” de Judith Aquien ou encore “Fausse Couche, vraie question” de Mathilde Lemiesle, des ouvrages à la fois doux mais aussi engagés sur l’expérience de la fausse couche, dans son corps et dans la société.  
    • Un soin rebozo peut également faire du bien après une grossesse arrêtée, qui vient notamment resserrer le bassin pour marquer le passage de cette grossesse et la refermer, avec d‘autres rituels qui viennent apaiser le corps, le cœur et l’esprit.. De plus, dans sa forme traditionnelle, ce soin est donné par deux femmes à une autre femme, dans un esprit de sororité, de transmission, de soin non médicalisé 🙂
    • Dans ce même esprit de soutien mutuel, le Club d’Après s’est également donné pour mission de vous apporter un cocon de réconfort et des clés pour apaiser votre corps et votre coeur, avec l’accompagnement de la team Émancipées, mais également d’autres femmes qui ont traversé la même épreuve, et croyez-nous, c’est précieux.

    Si vous êtes en parcours PMA, sachez que les centres proposent parfois des consultations de soutien psychologique spécifiques après un arrêt de grossesse, donc n’hésitez pas à solliciter le vôtre.On a également une pensée toute particulière pour les partenaires, qui ressentent généralement de la tristesse et un immense sentiment d’impuissance, même si souvent on n’en parle pas 🙁 N’hésitez pas à bien vous entourer et à en parler à un professionnel si besoin.


    questions fréquentes

    Pour résumer – Questions fréquentes


    Voici la fin de cet article qu’on aurait aimé ne jamais devoir écrire, si les arrêts de grossesse n’existaient pas… mais on espère néanmoins qu’il vous sera utile et surtout qu’il vous aura permis de comprendre, si vous avez vécu une grossesse arrêtée que vous n’êtes ni responsable, ni seule ❤️ (on est de tout coeur avec vous).

    Si vous avez d’autres questions, surtout n’hésitez pas, on est là 🙂 En revanche, si vous avez des questions assez personnelles et/ou certaines craintes, pensez à en faire part également à votre professionnel de santé qui reste le plus à même de vous conseiller, au vu de votre situation à vous 🙂

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