L’hormone FSH, essentielle pour la fertilité (féminine et masculine !)

hormone fsh

Les idées clés

  • La FSH est une hormone sécrétée par l’hypophyse, afin de stimuler le développement des follicules ovariens en début de cycle menstruel, et donc de permettre l’ovulation. Elle est donc capitale pour un dialogue cerveau/ovaires optimal !
  • La FSH est une hormone fréquemment dosée en cas de troubles de la fertilité, en sachant que le taux de FSH varie en fonction de la phase du cycle menstruel, mais aussi de l’âge.
  • Elle peut être trop basse ou trop élevée et dans les deux cas, les follicules ne sont pas correctement stimulés pour permettre l’ovulation.
  • FSH et réserve ovarienne sont liés, car une FSH trop haute peut refléter un effort supplémentaire du cerveau pour compenser une mauvaise réponse ovarienne. Néanmoins, on peut avoir une AMH basse (l’AMH étant l’un des marqueurs de la réserve ovarienne) et une FSH normale, prouvant que le corps se débrouille très bien avec un stock de follicules réduit.
  • La FSH est également une hormone essentielle de la fertilité masculine, car elle agit sur la production des spermatozoïdes.

En matière d’hormones féminines, on parle beaucoup des œstrogènes et de la progestérone, qui sont sécrétées au niveau ovarien. Néanmoins, le cycle menstruel est avant tout piloté par le cerveau et par deux hormones en particulier : la LH et la FSH !



rôles FSH

Vous le savez peut-être, mais le cycle menstruel et l’ovulation se déroulent grâce à un dialogue continu entre les ovaires et le cerveau, qui coordonnent ensemble tout le processus. Cette communication a lieu grâce à des hormones qui circulent dans notre sang et qui envoient un message dans un sens ou dans l’autre : soit du cerveau aux ovaires, soit des ovaires au cerveau.

Les rôles de la FSH

En gros, le cerveau commande le processus ovulatoire et les ovaires lui font des rapports en tant réel de l’avancée du processus ! Ainsi, en tout début de cycle menstruel, l’hypothalamus (dans le cerveau) sécrète une hormone, la GnRH, qui est envoyée à une autre de nos glandes cérébrales, l’hypophyse, qui comprend alors qu’elle doit demander aux ovaires de lancer une nouvelle ovulation.

Et pour communiquer avec les ovaires, l’hypophyse sécrète l’hormone qui nous intéresse dans cet article, la FSH ! Plus concrètement, la FSH a deux rôles : permettre la maturation des follicules ovariens et réguler la mort programmée de ceux qui finalement, n’ovuleront pas.

dialogue cerveau ovaires

Stimulation des follicules

Le rôle majeur de la FSH est la maturation folliculaire : son nom complet est d’ailleurs, en anglais, Follicle Stimulating Hormone, ou hormone folliculo stimulante en français.

Elle est donc sécrétée par l’hypophyse en début de cycle menstruel pour stimuler les ovaires et commander le recrutement et la maturation de plusieurs follicules par ovaire. Chaque follicule est une sorte de petit sac, contenant un ovocyte et plusieurs follicules (environ 5 à 20 par ovaire selon la réserve) se mettent à croître sous l’effet de la FSH, mais un seul sera sélectionné pour devenir dominant.

Il faut savoir que plus les follicules se développent, plus leur sécrétion d’œstrogènes augmente : or, cette montée des oestrogènes provoque une baisse de la FSH (c’est un rétrocontrôle négatif), puisque cette présence des œstrogènes prouve à l’hypophyse que les ovaires ont bien reçu le message et qu’ils « travaillent bien ».

Néanmoins, au bout de quelques jours, un follicule tire son épingle du jeu et sera celui qui pourra ovuler! Il produit beaucoup d’œstrogènes, et ce rétrocontrôle négatif (beaucoup d’œstrogènes = baisse de la FSH) s’inverse temporairement juste avant l’ovulation : la FSH connaît un petit pic, qui contribue à la maturation finale du follicule et une seconde hormone est sécrétée de manière massive par l’hypophyse, la LH. Ce pic de LH provoque la rupture de la membrane folliculaire : c’est l’ovulation.

Après l’ovulation, la FSH et la LH diminuent sous l’effet de la progestérone sécrétée par le corps jaune, qui exerce un rétrocontrôle négatif sur l’hypophyse pour empêcher toute nouvelle ovulation.

Sélection du follicule dominant

Un autre rôle moins connu de la FSH, c’est son impact sur l’atrésie folliculaire (la mort cellulaire programmée des follicules, qu’on appelle aussi apoptose) : elle agit en effet comme un bouclier anti-apoptose (donc anti-mort !) sur les follicules en croissance. C’est grâce à cette fine régulation que notre corps ne libère qu’un seul ovocyte par cycle !

Comment cette régulation s’opère-t-elle ? Au départ, tous les follicules ne naissent pas égaux : en effet, certains présentent plus de récepteurs à la FSH, une meilleure vascularisation et donc une meilleure capacité à produire des œstrogènes.

Or, plus un follicule produit d’œstrogènes, plus il renforce sa propre survie, puisque les œstrogènes augmentent l’expression des récepteurs à la FSH, et diminuent la FSH dans le sang via un rétrocontrôle sur l’hypophyse. 

Le follicule le plus performant « capte » davantage de FSH que ses petits camarades, qui se lie à ses récepteurs, ce qui a pour effet de baisser la FSH globale et prive les autres follicules de stimulation. Comme ils ne sont plus assez stimulés, ils entrent en atrésie, arrêtent de grandir et finissent par mourir.

Le follicule dominant est celui qui a accumulé suffisamment de récepteurs à la FSH pour rester stimulé même lorsque la FSH redescend (environ une semaine après le début du cycle), et qui a acquis des récepteurs à la LH, essentiels pour permettre la rupture de sa membrane au moment de l’ovulation.

Pour résumer, la FSH lance un signal général, et seul le follicule le plus sensible et performant réussit à maintenir sa croissance quand la FSH redescend. C’est lui qui devient dominant et qui libère un ovocyte à l’ovulation ! On pourrait presque dire que la FSH crée une compétition, et que le follicule dominant la gagne grâce à ses “récepteurs d’élite”.


taux de FSH normal

Taux de FSH : qu’est-ce qu’un taux normal ?

Vous l’avez compris, la FSH est une hormone capitale du cycle menstruel, de l’ovulation et de la fertilité. Pour s’assurer qu’elle est sécrétée en juste quantité, il est possible d’effectuer un bilan hormonal et un dosage de la FSH par prise de sang en début de cycle menstruel (entre le 2ème et le 5ème jour), en sachant que la FSH fluctue selon l’âge et la réserve ovarienne

Voici les valeurs de référence de la FSH :

  • Phase folliculaire (J2–J5 du cycle) : 3 à 10 UI/L
  • Pic ovulatoire : 6 à 20 UI/L (parfois jusqu’à 25)
  • Phase lutéale : 1,5 à 9 UI/L
  • Périménopause : souvent supérieure à 10–20 UI/L
  • Ménopause : supérieure à 25–30 UI/L (souvent entre 50 et 100 UI/L)
  • Insuffisance ovarienne prématurée (IOP) : supérieure à 25 UI/L à deux reprises à 4 semaines d’intervalle
  • Aménorrhée hypothalamique (le cycle menstruel est bloqué en raison d’un défaut de commande au niveau de l’hypothalamus) : inférieure à 3 UI/L.

Ces chiffres sont bien sûr donnés à titre indicatif, peuvent dépendre des laboratoires et sont surtout à interpréter à l’aide de votre médecin, en fonction de votre contexte personnel. Et surtout, une mesure de FSH ne veut rien dire seule et est toujours mesurée aux côtés d’autres hormones : les œstrogènes, la LH, mais aussi les hormones androgènes, les hormones thyroïdiennes et la prolactine, entre autres.

D’ailleurs, si vous souhaitez réaliser un bilan hormonal 100% utile (réalisé au bon moment du cycle, avec les bonnes hormones, dont fait bien sûr partie la FSH, mais pas que) et comprendre vos résultats, voici notre guide Bilan hormonal, disponible gratuitement !


FSH, AMH, réserve ovarienne

Le lien entre FSH, réserve ovarienne et AMH

Une FSH élevée est souvent le reflet indirect d’une réserve ovarienne diminuée : l’hypophyse sécrète davantage de FSH pour compenser la moindre sensibilité des ovaires.

En effet, lorsque la FSH augmente, c’est le signe que les ovaires répondent moins bien au signal du cerveau : la stimulation doit être plus forte pour déclencher l’ovulation, ce qui traduit une baisse d’efficacité de la réponse ovarienne, possiblement en raison d’un stock réduit (mais parfois aussi à une moindre sensibilité des ovaires au signal hormonal).

La réserve ovarienne est mesurée par l’AMH, sécrétée par les petits follicules antraux, les follicules en attente, dans les ovaires. C’est une sorte de « photo » du stock restant à un instant t, c’est-à-dire reflétant les follicules en pré croissance sur ce cycle là !

Cela dit, on peut aussi avoir une AMH basse avec une FSH tout à fait normale ! En effet, dans ce cas, les ovaires, même avec peu de follicules, répondent encore bien à la stimulation. Il faut bien comprendre que l’AMH ne dit rien sur la qualité de l’ovulation ni sur la qualité des ovocytes et renseigne seulement sur le nombre de tentatives possibles. Une réserve ovarienne basse n’empêche pas une ovulation normale 🙂

Ainsi, si votre AMH est basse mais que votre FSH est encore tout à fait dans les normes, pas de panique, tout va bien ! En revanche, si votre AMH est basse et votre FSH trop haute, cela signale un souci au niveau ovarien, possiblement au niveau de la réserve ovarienne (mais pas forcément).

Par ailleurs, on peut aussi avoir une AMH basse et une FSH basse ! Dans ce cas, ce n’est pas la réserve ovarienne qui pose problème, mais plutôt le cerveau qui n’envoie pas le signal pour stimuler les ovaires. Résultat : les follicules “dorment”, ils produisent peu d’AMH, mais la réserve n’est pas forcément épuisée 🙂


traitements FSH

FSH trop basse / trop élevée : que faire ?

Il peut arriver qu’au bilan sanguin, le taux de FSH revienne trop bas ou trop haut :

  • Un taux de FSH trop bas signifie que le “problème” vient du cerveau (de l’hypophyse) qui n’en sécrète pas suffisamment. Cela peut notamment arriver en cas d’aménorrhée, quand le cycle est totalement mis à l’arrêt par le chef de l’hypophyse, l’hypothalamus, notamment en raison d’un stress (physique ou émotionnel) trop intense.
  • Un taux de FSH trop élevé reflète plutôt un souci au niveau de la réponse ovarienne : malgré les sollicitations de l’hypophyse, les follicules ne se développent pas / pas suffisamment pour permettre l’ovulation. Une insuffisance ovarienne précoce ou la périménopause, peuvent, entre autres, être en cause.

Dans les deux cas, les symptômes sont assez similaires et corrélés à une carence en oestrogènes : ovulation absente / irrégulière, peu de glaire cervicale, sécheresse de la peau et des muqueuses, bouffées de chaleur, règles absentes ou peu abondantes, etc.

Il existe des solutions pour pallier à un manque ou un excès de FSH, autant du côté de la médecine (traitement hormonal, PMA) que de l’hygiène de vie (gestion des émotions, sommeil réparateur, soutien de la qualité ovocytaire, alimentation équilibrée et suffisamment nutritive, etc.).

Si vous êtes concernée par un déséquilibre de la FSH (que ce soit un manque ou un excès), on en parle beaucoup plus en détail dans notre article FSH élevée ou trop basse, que faire ?,  donc n’hésitez pas à le consulter, il pourra vous apporter certaines pistes très utiles !


FSH homme

L’hormone FSH chez l’homme

On ne le sait pas toujours, mais les hommes produisent aussi de la FSH : en effet, chez eux, elle stimule la production de spermatozoïdes par les testicules car elle agit sur les cellules de Sertoli ! Comme chez la femme, elle est donc essentielle à la création des gamètes (ovules et spermatozoïdes).

Et comme chez les femmes, la FSH peut aussi être trop haute ou trop basse chez les hommes :

  • FSH basse : cela signifie un signal cérébral insuffisant, souvent avec une LH et une testostérone basse. Parmi les causes possibles : une GnRH basse (donc un blocage au niveau de l’hypothalamus), une atteinte hypophysaire, un excès de prolactine, le stress ou encore un déficit énergétique important.
  • FSH élevée : dans ce cas, ce sont les testicules qui ne répondent plus bien, avec souvent une LH haute et une testostérone normale ou basse. Cela peut venir de l’âge (la FSH augmente aussi avec l’âge, car l’hypophyse sur-stimule les testicules), d’une anomalie génétique, d’une exposition trop fréquente à la chaleur, aux perturbateurs endocriniens, ou encore des suites d’une chimiothérapie ou d’une radiothérapie.

En parallèle du bilan sanguin, la réalisation d’un spermogramme révèle souvent une oligospermie, voire une azoospermie, c’est-à-dire un manque de spermatozoïdes, voire une absence totale.

Néanmoins, un homme peut aussi présenter un spermogramme anormal avec une FSH normale ! La fertilité masculine peut être impactée par d’autres choses, et dans ce, on explore d’autres causes (mécaniques, génétiques ou liées à l’hygiène de vie, par exemple).


questions fréquentes

Pour résumer – Questions fréquentes


Vous savez désormais tout sur la FSH ! Cet article était parfois un peu technique, mais il est souvent essentiel (et passionnant !) de se pencher davantage sur les mécanismes physiologiques qui s’opèrent dans notre corps 🙂

En résumé, vous l’aurez compris, la FSH est un messager précieux de la communication entre le cerveau et les ovaires. En ce sens, si votre FSH vous envoie des signaux indiquant un déséquilibre chez vous, on peut se pencher dessus ensemble dans le cadre du Fertility Club, afin de vous donner plein de clés pour revenir à l’équilibre 🙂

Bilan hormonal femme : quand le faire et quelles hormones doser ?

bilan hormonal femme

Les idées clés

  • Le cycle menstruel est régi par les hormones ovariennes (oestrogènes et progestérone) et hypophysaires (LH et FSH), même si d’autres hormones, comme les hormones thyroïdiennes ou androgènes par exemple, peuvent aussi impacter son bon fonctionnement.
  • En cas de symptômes évocateurs (règles irrégulières, douloureuses, SPM, acné hormonale, etc.) ou de difficultés à concevoir, on peut réaliser un bilan hormonal.
  • Ce bilan est plutôt réalisé en tout début de cycle (entre le 2ème et le 5ème jour), même si un dosage de la progestérone et des oestrogènes 7 jours après l’ovulation est également recommandé pour compléter l’analyse.
  • Si le bilan hormonal revient anormal, on peut travailler sur le déséquilibre hormonal constaté grâce à un traitement médical et/ou des solutions basées sur l’hygiène de vie (en fonction de la cause !)
  • Si le bilan hormonal est normal mais que les symptômes persistent, il peut être pertinent de creuser en dosant d’autres hormones (notamment celles de la thyroïde si elles ne faisaient pas partie du bilan initial), en cherchant d’éventuelles carences alimentaires ou en faisant d’autres examens, notamment des examens d’imagerie.

Il arrive parfois que notre cycle menstruel connaisse quelques heurts et déclenche des symptômes plus ou moins pénibles (boutons, douleurs, irritabilité, etc.) qui nous poussent à nous demander si tout se passe normalement du côté de nos hormones. C’est aussi la question que l’on peut se poser lorsque les essais bébé s’éternisent.

Hormis la prise en notes de vos symptômes (tellement précieuse !), vous pouvez également réaliser un bilan hormonal, afin de savoir, de manière claire et objective, si vous présentez un déséquilibre hormonal ou non.

Dans ce qui suit, on vous explique quelles hormones sont généralement dosées, celles qui peuvent mériter d’être ajoutées à votre bilan, mais également quand et comment le réaliser. Et bien sûr, on vous expliquera comment réagir si le bilan montre un dérèglement hormonal, mais aussi (et c’est le plus frustrant !) quelles pistes creuser si les résultats sont normaux (alors que vos symptômes sont toujours aussi présents !).

🍿 Si vous préférez, voici la version vidéo de cet épisode (avec un petit cadeau dedans !) :

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Hormone LH : l’essentiel à connaître sur cette hormone clé de l’ovulation

hormone LH

Les idées clés

  • La LH, ou hormone lutéinisante, est une hormone clé de l’ovulation : son augmentation très rapide permet la rupture du follicule ovarien et la libération de l’ovule.
  • On peut procéder au dosage de la LH lorsque le cycle menstruel est irrégulier voire à l’arrêt, et/ou en cas d’infertilité.
  • La LH peut parfois être trop élevée (en cas d’insuffisance ovarienne ou de SMOP (ex SOPK) par exemple) ou trop basse (en cas de blocage au niveau cérébral, de prise de pilule ou de certains traitements médicaux, ou de grossesse !)
  • Dans ce cas, le médecin peut préconiser un traitement en fonction de la cause d’une LH « en dehors des clous », en complément d’ajustements d’hygiène de vie.
  • Les tests d’ovulation, qui se basent sur la détection de la LH, ne sont pas toujours fiables pour détecter l’ovulation (ou du moins difficiles à interpréter).

Quand on parle des hormones féminines, on pense essentiellement aux oestrogènes et à la progestérone, qui sont effectivement capitales pour notre équilibre hormonal, notre fertilité et notre santé globale.

Mais il y a une hormone dont on parle peu, alors qu’elle a elle aussi une mission très importante dans notre cycle menstruel : il s’agit de la LH (ou hormone luténéisante, et luteinizing hormone en anglais, d’où son acronyme), dont le pic (la sécrétion brutale) déclenche l’ovulation ! Sans elle, aucune libération de l’ovule n’est possible et il est très important qu’elle soit sécrétée de manière suffisante… sans être trop élevée non plus !

Dans cet article, on vous explique quelles sont les implications de la LH dans notre fertilité, et dans quels cas elle peut être trop haute ou trop basse. On va aussi revenir sur les fameux tests d’ovulation qui se basent sur la détection de la LH pour déterminer votre fenêtre de fertilité (spoiler, ils ne sont pas toujours très fiables !). Prêtes ? 🙂



Quel est le rôle de la LH au cours du cycle menstruel ?

La LH (ou hormone lutéinisante) fait partie des hormones cruciales de notre cycle menstruel, et donc, de notre fertilité. Elle fait partie des hormones gonadotrophines (c’est-à-dire les hormones qui régulent le fonctionnement des gonades – ovaires chez la femme et testicules chez l’homme – et qui sont produites par l’hypophyse, dans le cerveau), comme la FSH.

Elle est sécrétée à un moment bien précis : la phase ovulatoire, et environ 16 heures avant l’ovulation proprement dite.

Pour rappel, le cycle menstruel est scindé en 4 différentes phases :

phases cycle menstruel
  • Les règles, au cours desquelles l’endomètre se détache et est évacué grâce aux saignements.

  • La phase pré-ovulatoire (ou folliculaire), durant laquelle le cerveau (et plus précisément l’ hypophyse, une petite glande de notre cerveau) envoie de la FSH aux ovaires pour faire maturer les follicules ovariens. En se développant, les follicules sécrètent des oestrogènes.

  • La phase ovulatoire, durant laquelle l’un des follicules se développe plus rapidement que ses petits camarades (c’est le follicule de De Graaf) et sécrète beaucoup d’oestrogènes : passé un certain seuil, l’ hypophyse envoie donc la LH en quantité maximale (on parle de « pic de LH ») pour permettre l’ovulation, c’est-à-dire l’expulsion de l’ovule hors du follicule.

  • La phase post-ovulatoire, durant laquelle l’ovule est capté par le la trompe utérine voisine et s’y « installe », en vue d’une potentielle fécondation par un spermatozoïde. Sa durée de vie est de 12 heures environ : s’il n’est pas fécondé dans ce laps de temps, il se désagrège. Son follicule devient lui le corps jaune, qui sécrète de la progestérone. Sans grossesse, il finit par s’atrophier et les règles surviennent maximum 16 jours après l’ovulation.

pic de LH

La sécrétion de la LH a donc un timing très précis et est orchestrée par le dialogue permanent entre l’hypophyse et nos ovaires. C’est son pic qui permet la rupture de la membrane du follicule et donc l’expulsion de l’ovocyte (qu’on appellera ovule dès qu’il aura quitté l’ovaire !). Sans pic de LH, pas d’ovulation ! C’est aussi elle qui permet la transformation du follicule rompu en corps jaune (jaune = luteum en latin, c’est la raison pour laquelle on parle d’ hormone lutéinisante ;))

Autrement dit, c’est la LH qui est responsable de la sécrétion de progestérone, puisque c’est elle qui transforme le follicule en glande produisant cette hormone dès l’ovulation passée.


Comment doser son taux de LH ?

La LH étant une hormone très importante chez la femme (et chez l’homme aussi, d’ailleurs !), il peut arriver qu’on souhaite la doser, pour voir si son taux est suffisant ou non.

Le dosage est réalisé chez la femme en cas de souci de fertilité, d’aménorrhée (absence de règles – lien), de suspicion de SMOP (syndrome métabolique ovarien polyendocrinien) ou de périménopause, par exemple.

L’ hormone lutéinisante est généralement dosée en début de cycle menstruel, entre le troisième et le cinquième jour des règles : elle est en effet à son niveau basal à ce moment-là et cela permet également de mesurer, en même temps, la FSH (une autre hormone hypophysaire permettant la maturation des follicules, on l’a vu), mais aussi les oestrogènes, ainsi que d’autres hormones si besoin (androgènes ou thyroïdiennes, par exemple).

Le dosage ne se fait pas forcément le matin à jeun et est réalisé, de préférence, sur ordonnance de votre médecin, gynécologue ou sage-femme. Néanmoins, vous pouvez aussi faire doser votre LH sans ordonnance et dans ce cas, vous devrez régler l’examen (qui coûte une vingtaine d’euros, par hormone testée, si vous choisissez de tester FSH, oestrogènes, etc. en même temps).


taux normal LH

Quel est le taux normal de LH ?

Le taux normal de LH varie selon les phases du cycle menstruel et la situation hormonale de la femme. Voici les valeurs de référence générales en UI/L (Unités Internationales par litre) :

  • Phase folliculaire : 2-12 UI/L

  • Phase ovulatoire : 10-75 UI/L (elle fait donc un pic brutal pour permettre l’ovulation)

  • Phase post-ovulatoire : 1-8 UI/L (la LH redescend car elle n’a plus de follicule à faire éclater – c’est littéralement le cas !)).

En général le taux de LH en début de cycle est le même que celui de FSH, on dit qu’il y a un rapport de 1 à 1, ou alors une FSH légèrement plus élevée que la LH.

Que signifie un taux élevé de LH ?

Voici les cas de figure dans lesquels on peut observer un taux de LH élevé (même s’il faut bien sûr prendre en compte la phase du cycle à laquelle a été réalisée l’analyse, et le comparer à celui des autres hormones du cycle) :

  • Ovulation imminente : un taux élevé peut indiquer que vous êtes sur le point d’ovuler !

  • Une insuffisance ovarienne : lorsque les ovaires sont un peu paresseux et que la maturation des follicules ovariens peine à se faire, le cerveau essaie généralement de les sur-stimuler en envoyant un maximum de FSH et, dans une moindre mesure, de LH. Lorsque l’ovulation ne se fait pas du tout, la femme n’a pas ses règles et on parle d’aménorrhée au niveau ovarien. Dans ce cas, la LH et la FSH sont élevées, mais les oestrogènes restent bas. Cela peut aussi arriver en périménopause.

  • Un SMOP : les femmes atteintes de ce syndrome présentent souvent un rapport LH/FSH déséquilibré, avec une LH plus élevée que la FSH, ce qui peut perturber l’ovulation. En effet, dans ce cas, la LH reste constamment haute, sans véritablement faire de « pic ». Attention néanmoins, on peut avoir un SMOP sans que la LH ne soit impactée, et certaines femmes avec un SMOP ont une LH normale.

  • Une tumeur bénigne de l’hypophyse (qui sécrète la LH)

  • Pour les femmes qui suivent un parcours PMA, il faut savoir que le Clomid peut provoquer une augmentation de la LH. En effet, ce traitement leurre le cerveau, en lui « cachant » les oestrogènes sécrétés par les ovaires : il pense donc qu’il n’y a pas assez d’oestrogènes et que les follicules ne maturent pas. Pour contrer cela, il augmente sa sécrétion de FSH et de LH.

    Idem pour l’Ovitrelle, qui contient de la beta HCG recombinante, qui ressemble beaucoup à la LH sur le plan moléculaire et qui est généralement utilisée pour déclencher l’ovulation.

Que signifie un taux bas de LH ?

A contrario, voici ce que peut indiquer une LH un peu basse :

  • Que la prise de sang n’a pas été faite au bon moment, ou en tout cas hors de la phase ovulatoire

  • Une absence d’ovulation (et une aménorrhée), en raison d’un blocage au niveau de l’ hypophyse. Cela peut se produire en cas de stress intense (physique ou émotionnel), de masse grasse trop faible, de problème de thyroïde, etc. Le cerveau dans ce cas, estime qu’une grossesse ne pourrait pas être menée à bien et bloque la sécrétion de LH et de FSH menant à l’ovulation.

  • Une grossesse éventuelle, si la FSH est également basse mais que les oestrogènes et la progestérone sont élevés. Cette dernière inhibe en effet la sécrétion de LH, empêchant qu’une ovulation ait lieu alors qu’on est déjà enceinte !

  • Cela peut aussi se produire en cas de prise de médicaments, comme certaines pilules combinées ou progestatives, les corticoïdes, les antagonistes et agonistes à la GnRH. La GnRH est l’hormone envoyée par l’hypothalamus, le chef de l’hypophyse, pour lui commander d’envoyer de la FSH et de la LH.


gynécologue

Que faire en cas de LH trop haute ou trop basse ?

La question qui se pose ensuite si les résultats du dosage de la LH révèle qu’elle sort des fourchettes des laboratoires est « que dois-je faire pour la booster ou la faire baisser ?!« .

Premièrement, on attire vraiment votre attention sur la nécessité de faire un test hormonal complet, incluant FSH, estradiol (oestrogènes) et d’autres paramètres, qui peuvent aider à interpréter votre taux de LH selon votre contexte. Si vous avez des doutes ou des symptômes associés (cycles irréguliers, absence d’ovulation, troubles menstruels, problèmes de fertilité), une consultation médicale est essentielle !

En effet, travailler sur sa LH ne s’improvise pas et il est essentiel de creuser avec votre médecin. Il pourra trouver la cause de votre LH trop basse ou trop élevée et vous proposer un traitement en fonction, hormonal ou non.

En revanche, on a vu ensemble que l’hygiène de vie (et notamment le stress, l’excès de sport et la masse graisseuse) peut jouer sur la LH : dans ce cas, vous pouvez également travailler sur votre sphère émotionnelle, votre pratique sportive et votre alimentation pour retrouver une ovulation de qualité et une LH dans les clous. Si vous souhaitez être accompagnée dans ce sens, le Fertility Club vous est ouvert ! 🙂


test d'ovulation hormone LH

Hormone LH et tests d’ovulation pour repérer l’ovulation et la période de fertilité

On ne peut pas parler de l’hormone lutéinisante sans évoquer les tests d’ovulation, qui sont très souvent utilisés dans le cadre des essais bébé, pour ne pas « louper le coche » ! En effet, la LH est l’hormone détectée par les tests d’ovulation : quand elle est haute, et donc qu’en théorie, on s’apprête à ovuler, le test d’ovulation est positif.

Le « hic », c’est que les tests d’ovulation ne sont pas toujours fiables, pour plein de raisons, parmi lesquelles :

  • Leur niveau de sensibilité peut être trop bas (ils vont donc « sur-réagir ») ou trop haut (ils ne vont pas réagir)

  • La présence d’un SMOP, avec une LH constamment élevée : vous allez donc obtenir des résultats faussement positifs, car la LH ne redescend pas totalement entre les cycles.

  • Vous pouvez aussi les faire au mauvais moment, si vous pensez ovuler autour du 14ème jour du cycle (comme on nous l’apprend dans tous les manuels). Or, chez la femme, l’ovulation peut se faire plus tôt, ou plus tard ! Si c’est votre cas, vos tests seront négatifs et vous pourrez penser que vous avez un souci d’ovulation, alors que pas du tout.

  • Enfin, on peut avoir un pic de LH sans ovulation : l’ovulation peut en effet être stoppée dans la dernière ligne droite, pour pleins de raisons. La présence de LH indique que l’on s’apprête à ovuler et non que l’ovulation a eu lieu ! Le pic de LH est nécessaire mais pas suffisant pour déclencher l’ovulation, notamment en cas de SMOP, d’insuffisance ovarienne ou de non réponse du follicule au pic de LH.

Il faut aussi noter qu’un test d’ovulation est négatif après le pic de LH, alors que vous êtes au max de votre fertilité ! En effet, l’ovulation peut survenir 18 heures après le pic de LH : ainsi, quand le test redevient négatif, l’ovulation peut être en cours ou sur le point de se produire. Ainsi, si vous avez un test positif + un test négatif, gardez en tête que vous restez fertile après le dernier test positif, le temps d’ovuler (environ 18 heures après le pic) et que l’ovule meure (environ 12 heures après l’ovulation).

Ainsi, vous pouvez avoir un test d’ovulation positif sans ovuler, et un test d’ovulation négatif alors que vous ovulez bien ! La Direction Générale des Fraudes a même publié une enquête révélant que 4 tests de grossesse et d’ovulation sur 10 sont défectueux.

signaux ovulation

On ne vous recommande donc pas de suivre votre ovulation au moyen de tests d’ovulation, et il est préférable de plutôt s’appuyer sur les signaux envoyés par le corps au moment de l’ovulation, selon les principes de la symptothermie :

  • La glaire cervicale (ce mucus sécrété par le col de l’utérus et qu’on appelle souvent « pertes blanches »), qui devient abondante, crémeuse, laiteuse voire blanc d’oeuf cru à l’approche de l’ovulation, puis s’assèche et se tarit une fois qu’elle est passée

  • La température, qui augmente de 0,3 degré environ après l’ovulation.

En apprenant à observer ces deux signaux combinés, vous aurez une vision bien plus précise de votre ovulation 😉 On a rédigé tout un article sur les tests d’ovulation, n’hésitez pas à le consulter pour aller plus loin !


questions fréquentes LH

Pour résumer – Questions fréquentes


Vous savez désormais quasiment tout sur la LH, notre hormone lutéinisante si importante pour l’ovulation, la fertilité et le cycle menstruel ! Son dosage est parfois préconisé lorsque les essais bébé s’éternisent ou que les règles jouent aux abonnées absentes, et heureusement, des solutions médicales ou plus « naturelles », axées sur l’hygiène de vie, existent.

On peut également essayer de la suivre de près grâce à des tests d’ovulation, pour avoir des rapports au bon moment 🙂 Du moins, on vous recommande plutôt de vous fier aux signaux envoyés par votre corps, comme la glaire cervicale, bien plus fiables.

Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous avez d’autres questions sur la LH, que nous n’aurions pas abordées ici ? N’hésitez pas à les poser en commentaire !

Les œstrogènes, hormones essentielles de la santé féminine

oestrogènes

Les idées clés

  • Les œstrogènes sont des hormones féminines, capitales pour notre fertilité et notre cycle menstruel.
  • Il existe 4 types d’œstrogènes naturels : l’estradiol (sécrété par les ovaires), l’estrone (produit par les glandes surrénales et le tissu adipeux), l’estriol et l’estétrol (uniquement présents pendant la grossesse).
  • Ils ont également des impacts positifs sur notre santé physique et mentale (système cardiovasculaire, ostéo-articulaire, peau, cheveux, humeur, etc.)
  • Les œstrogènes de synthèse, que l’on trouve dans les contraceptifs notamment, n’ont pas les mêmes effets bénéfiques.
  • L’excès ou la carence en oestrogènes se manifestent par certains symptômes caractéristiques, mais se décèlent aussi par prise de sang.

Quand on s’intéresse un tant soit peu à notre cycle menstruel et notre fertilité, on entend forcément parler des oestrogènes. Ces hormones féminines sont en effet essentielles à l’ovulation et donc, à la conception ! Néanmoins, le rôle des œstrogènes ne s’arrête pas là et ils ont véritablement un impact sur tout notre organisme. Ainsi, un manque d’oestrogènes, tout comme un excès de ceux-ci, peut avoir des répercussions sur notre santé hormonale, physique et mentale.

Pourquoi, comment ? Préparez-vous, on va tout vous dire sur les oestrogènes !



définition oestrogènes

Les œstrogènes, définition

Les œstrogènes font partie des hormones féminines, essentielles au cycle menstruel et à la fertilité. Ce sont des hormones stéroïdiennes, car elles sont synthétisées à partir du cholestérol (et c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles il ne faut pas bannir les bons gras de votre alimentation !).

Les œstrogènes sont fabriqués à partir des hormones dites « hormones mâles » ou androgènes, comme la testostérone ou l’androstènedione, qui sont converties en oestrogènes grâce à une enzyme bien particulière appelée l’aromatase.

Trois types d’oestrogènes

On parle des œstrogènes au sens large, mais en réalité, il faut distinguer 3 types d’oestrogènes bien distincts :

  • Estradiol (E2) : chez la femme, c’est celui qui est sécrété par les follicules en développement dans les ovaires au cours du cycle menstruel. C’est aussi le plus puissant, qui a le plus de retentissements sur le corps.

  • Estrone (E1) : il est sécrété par les glandes surrénales et le tissu adipeux et lorsque le cycle menstruel s’arrête à la ménopause, il s’agit de la principale (et seule) source d’oestrogènes. Sa puissance oestrogénique est modérée.

  • Estriol (E3) : il s’agit d’un type d’oestrogènes particulier, sécrété par le placenta au cours de la grossesse à partir des cellules stéroïdiennes foetales (du bébé). Sa puissance oestrogénique est faible, il sert surtout d’indicateur de la santé du placenta et du fœtus.

On a aussi découvert un quatrième type d’oestrogènes, l’estétrol (E4), lui aussi synthétisé pendant la grossesse, par le foie du bébé. Les recherches sont à leurs débuts, mais il servirait au développement du foetus ! Plus puissant que l’estriol mais moins que l’estradiol (les oestrogènes sécrétés par nos follicules ovariens), les scientifiques travaillent sur son utilité dans les traitements hormonaux de la ménopause, car il présenterait moins d’effets secondaires de part son « action sélective sur certains récepteurs œstrogéniques ».

L’évolution des oestrogènes au cours du cycle menstruel

Les œstrogènes (ou plutôt l’estradiol, donc) sont les hormones prédominantes pendant la première moitié du cycle, du premier jour des règles à l’ovulation.

Ils sont sécrétés par les follicules ovariens en développement, et plus ces derniers maturent, plus ils en sécrètent. D’ailleurs, le follicule dominant, appelé follicule de De Graaf et qui libérera son ovocyte lors de l’ovulation, en sécrète énormément. Lorsque le cerveau détecte un certain seuil d’oestrogènes, quand leur production est au maximum à l’approche de l’ovulation, il envoie l’hormone LH pour permettre cette dite ovulation.

fluctuations oestrogènes cycle

Les œstrogènes sont donc produits de manière exponentielle sur toute la première moitié du cycle menstruel, avant de diminuer ensuite pendant la phase post-ovulatoire (qui est plutôt la phase de la progestérone) même s’ils restent présents.

En réalité, en phase post-ovulatoire, les oestrogènes sont bien moins importants que la progestérone ! Voici à quoi ressemble, en vrai, le ratio oestrogènes / progestérone après l’ovulation :

hormones oestrogènes et progestérone


Quel est le rôle des œstrogènes ?

Pour la fertilité

On l’a dit, les œstrogènes sont essentiels au cycle menstruel et à la fertilité féminine et voici pourquoi ! C’est une vraie hormone de croissance, qui agit à différents niveaux pour permettre l’implantation d’un embryon, à chaque cycle.

rôle oestrogènes

Tout d’abord, ils permettent l’épaississement de l’endomètre : l’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’utérus et il est capital qu’il soit suffisamment épais, douillet et « accueillant » pour un futur embryon. En effet, l’embryon s’accroche à l’endomètre, puis reçoit tous les nutriments dont il a besoin pour se développer au cours de la grossesse. Les œstrogènes sont chargés de superviser la mise en place de couches de muqueuse, qui est au max de son épaisseur aux alentours de l’ovulation ; en phase post-ovulatoire, la progestérone vient peaufiner le travail en ajoutant des vaisseaux sanguins dans cette couche épaisse.

Ensuite, les œstrogènes permettent la sécrétion d’une glaire cervicale propice à une fécondation : la glaire cervicale est un mucus sécrété par les cryptes du col de l’utérus, chargé de protéger et nourrir les spermatozoïdes, en plus de les escorter vers l’ovule pendant la période fertile. Au fur et à mesure que l’ovulation approche, la glaire devient plus translucide et lubrifiée, comme du blanc d’oeuf cru et ce, grâce aux oestrogènes ! En modifiant la composition de la glaire, les œstrogènes la rendent plus accueillante pour les spermatozoïdes, ce qui signifie qu’ils peuvent mieux s’y déplacer et y survivre. D’autres études ont même démontré que la glaire cervicale favorise la capacitation des spermatozoïdes, c’est-à-dire leur capacité à féconder l’ovule.

Les œstrogènes ont aussi un impact sur la position du col de l’utérus : sous leur influence, il remonte, devient plus mou, plus doux et s’entrouvre un peu, en plus de s’aligner avec le vagin ! C’est un peu comme si le pont-levis était abaissé pour permettre aux spermatozoïdes de rentrer dans le château qu’est l’utérus 🙂

De plus, les œstrogènes influencent l’expression des récepteurs de la progestérone dans l’endomètre, hormone essentielle du cycle menstruel et de la grossesse ! Ainsi, si la progestérone est essentielle au maintien d’une grossesse parce qu’elle stabilise et maintient l’endomètre, les oestrogènes lui préparent le terrain en amont 🙂

D’ailleurs, chez la femme enceinte, les œstrogènes permettent aussi le bon développement du placenta, la croissance de l’utérus et sa vascularisation. Avec la progestérone, ils stimulent aussi les canaux galactophores en prévision de l’allaitement.

Enfin, les œstrogènes ont également une influence sur la répartition des graisses et c’est pour ça que nous les femmes, avons des hanches et des fesses plus développées que les hommes ! Cette répartition des graisses ne doit rien au hasard, car elle nous permet d’augmenter nos chances de reproduction, notamment pour fournir de l’énergie pendant la grossesse et l’allaitement 😉 Ils développent aussi la glande mammaire !

Pour la santé générale

Hormis la fertilité, les œstrogènes sont essentiels pour notre santé globale ! On s’en aperçoit d’ailleurs à la ménopause, quand la production d’estradiol se tarit et qu’il ne reste que l’estrone, un oestrogène beaucoup moins puissant.

Les oestrogènes sont essentiels à la santé cardiovasculaire : ils permettent la bonne dilatation des vaisseaux sanguins et une bonne circulation sanguine, ce qui réduit les risques d’hypertension artérielle. Ils améliorent aussi les contractions du coeur, qui est donc plus « efficace » pour envoyer le sang dans les artères. Les oestrogènes permettent aussi de faire baisser le mauvais cholestérol et donc de limiter les plaques d’athérome et réguleraient aussi la coagulation du sang, et réduisant ainsi le risque de caillots.

Les oestrogènes participent aussi à une bonne santé ostéo-articulaire : en effet, ils inhibent les cellules responsables de la destruction du tissu osseux (les ostéoclastes) et soutiennent celles qui, au contraire, favorisent la construction osseuse (les ostéoblastes). C’est d’ailleurs pour cela que le risque d’ostéoporose augmente à la ménopause, puisque les oestrogènes ne sont quasiment plus là ! Ils ont aussi des propriétés anti-inflammatoires, stimulent la production de collagène et modulent l’activité des enzymes qui dégradent le cartilage. Néanmoins, selon une étude, ils ont aussi tendance à trop assouplir nos articulations pendant la phase ovulatoire par exemple, durant laquelle les femmes sont davantage exposées au risque de blessure.

Par ailleurs, les œstrogènes sont impliqués dans notre bonne santé mentale : il se trouve qu’ils ont des effets positifs sur nos neurotransmetteurs, comme la dopamine (le neurotransmetteur de la bonne humeur et de la motivation) et la sérotonine (neurotransmetteur de l’apaisement), en améliorant à la fois leur sécrétion et notre sensibilité à leurs effets ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on est généralement de meilleure humeur, plus conciliante et pleine de projets à l’approche de l’ovulation 🙂 Les oestrogènes réduiraient aussi le risque de développer la maladie d’Alzheimer chez la femme.

Enfin, comme collagène, acide hyaluronique et œstrogènes sont liés, ces derniers permettent une bonne élasticité de notre peau. Ils sont aussi responsables de la beauté de nos cheveux à l’approche de l’ovulation, car ils diminuent la sécrétion de sébum 🙂 Ils permettent aussi de maintenir nos muqueuses bien hydratées, en activant les glandes responsables des sécrétions (comme la glaire cervicale) et en améliorant la circulation sanguine, ce qui favorise un apport constant en nutriments et en humidité.


Quels sont les signes d’hypoœstrogénie ou d’hyperoestrogénie ?

Maintenant qu’on a dit tout ça, vous avez compris à quel point il est crucial d’avoir suffisamment d’œstrogènes, mais il est surtout essentiel que leur quantité soit équilibrée, sous peine d’être en situation de déséquilibre hormonal. En effet, avoir trop d’oestrogènes n’est pas non plus souhaitable !

manque oestrogènes

Hypoestrogénie (manque d’oestrogènes)

Voici les symptômes d’une carence en oestrogènes :

  • Règles rosées

  • Règles peu abondantes, courtes, voire absentes (aménorrhée)

  • Anovulation (absence d’ovulation)

  • Peau sèche, sécheresse vaginale, cheveux fins et en « mauvaise » forme

  • Douleurs articulaires, manque de densité osseuse

  • Troubles de l’humeur : anxiété, irritabilité

  • Baisse de la libido

  • Fatigue

  • Bouffées de chaleur

D’où peut venir cette carence en œstrogènes ? Cela dépend de chaque femme et elle peut être multifactorielle, mais on peut citer : les carences alimentaires (notamment en protéines et en bons gras), l’insuffisance ovarienne précoce, la périménopause (notamment en deuxième partie, quand le cycle commence à vraiment ralentir) et tout ce qui peut bloquer l’ovulation et la sécrétion d’oestrogènes par les follicules, comme une prise de poids soudaine, l’anorexie mentale, l’excès de sport et des problèmes de la commande centrale (au niveau du cerveau) pour déclencher l’ovulation.

excès oestrogènes

Hyperoestrogénie

Beaucoup de femmes souffrent aussi d’un excès d’ œstrogènes, dont voici les principaux symptômes :

Entre autres ! L’hyperoestrogénie, notamment en deuxième partie de cycle, peut être réelle (la progestérone est OK, mais les oestrogènes sont trop hauts) ou relative (les oestrogènes sont tout à fait dans les normes, mais il y a une carence en progestérone).

Cette prédominance des œstrogènes peut, là encore, être multifactorielle : elle peut venir d’une exposition aux perturbateurs endocriniens, à un certain surpoids (puisque le tissu adipeux stocke et sécrète des oestrogènes), ou encore à un souci de détoxification des oestrogènes.

En effet, une fois que l’ovulation est passée, le corps doit éliminer les oestrogènes : pour ce faire, ils doivent passer par le foie pour être transformés en déchets hydrosolubles (éliminables par les urines). Le foie en profite pour les désactiver grâce à ce qu’on appelle un processus de conjugaison. Ensuite, plusieurs voies d’élimination des oestrogènes sont possibles : la voie 2-OH, qui est la plus protectrice, la voie 4-OH (qui est neutre) et 16-OH, la plus dangereuse. Lorsque les oestrogènes prennent cette troisième voie, ils sont dégradés sous forme de métabolites toujours actifs, assez agressifs et potentiellement cancérigènes.

Ensuite, les oestrogènes doivent passer par les intestins pour être éliminés ! Or, notre microbiote abrite l’estrobolome, qui sont des bactéries capables de déconjuguer les œstrogènes grâce à une enzyme, la bêta-glucuronidase : cela leur permet de rejoindre la circulation sanguine sous leur forme active ! Ils peuvent ensuite se loger dans le tissu adipeux et continuer à avoir un impact sur l’équilibre hormonal féminin. Le système digestif est donc primordial pour une bonne régulation des oestrogènes.

Voici donc quelques symptômes qui peuvent vous mettre la puce à l’oreille, mais attention, ne faites pas d’auto-diagnostic : parlez-en à votre médecin (gynécologue, sage-femme ou endocrinologue) ! Il peut vous proposer de faire doser vos oestrogènes par prise de sang au troisième jour de votre cycle, mais aussi 7 jours après votre ovulation, pour évaluer le ratio œstrogènes / progestérone.


oestrogènes au cours de la vie

L’évolution des oestrogènes au cours de la vie d’une femme

Les œstrogènes nous accompagnent tout au long de notre vie de femme : cependant, ils ne sont pas présents dans les mêmes proportions selon les périodes !

Généralement, nous en sécrétons peu avant l’adolescence, car les follicules ovariens sont en dormance. Puis, au moment de la puberté, les follicules s’activent, mais l’ovulation peut avoir du mal à se faire : il n’est donc pas rare que les adolescentes souffrent d’hyperoestrogénie relative, car sans ovulation, pas de progestérone pour contrebalancer les œstrogènes ! Néanmoins, cette situation est normale et transitoire : les cycles mettent plusieurs années à se caler 🙂

Ensuite, une fois que nos ovaires ont trouvé leur rythme de croisière, les œstrogènes (et plus précisément l’estradiol) fluctuent au fil des cycles, en étant prédominants en phase pré-ovulatoire (sauf si déséquilibre).

Suit la périménopause, la phase de transition entre le cycle « normal » et son arrêt définitif. Durant cette période, les œstrogènes varient de deux manières distinctes :

  • En première partie, les femmes sont souvent en hyperoestrogénie relative, car l’ovulation est de moindre qualité et la progestérone devient insuffisante. Le cerveau peut aussi sur-stimuler les follicules pour permettre l’ovulation, ce qui conduit à une plus grande sécrétion d’œstrogènes.

  • En deuxième partie, les follicules sont de moins en moins stimulés et les oestrogènes sont en berne. Néanmoins, la FSH (l’hormone que l’hypophyse envoie aux ovaires pour les stimuler) est élevée, comme si le cerveau criait sur les ovaires pour se faire entendre.

À la ménopause, les ovaires ne sécrètent plus d’estradiol et il ne reste que l’estrone, produit en moindre quantité et à la puissance oestrogénique bien moindre, ce qui explique tous les effets secondaires pas cools du tout que beaucoup de femmes ménopausées subissent (insomnies, bouffées de chaleur, problèmes cardio-vasculaires, ostéoporose, etc.).


oestrogènes de synthèse

Que penser des oestrogènes de synthèse ?

Quand les œstrogènes viennent à manquer, on propose souvent aux femmes de prendre un médicament avec des oestrogènes de synthèse. Ces œstrogènes « chimiques » sont également présents dans la pilule contraceptive : si la progestérone synthétique bloque l’ovulation, les oestrogènes de synthèse, eux, permettent d’épaissir l’endomètre et donc d’avoir des saignements en fin de plaquette (les fameuses « hémorragies de privation »).

Néanmoins, ces œstrogènes synthétiques (souvent de l’éthinylestradiol (EE)), n’ont pas du tout les mêmes effets positifs que les oestrogènes naturels sur notre fertilité et notre santé globale, car leur structure moléculaire est trop différente !

Ils ne sont également pas dénués d’effets secondaires :

  • Risques cardiovasculaires majorés (alors que les « vrais » œstrogènes sont protecteurs !), ce qui explique qu’ils soient contre-indiqués aux femmes ayant des problématiques cardiaques et/ou circulatoires, aux fumeuses, etc.

  • Troubles de l’humeur

  • Acné

  • Maux de tête

  • Modification de la libido

  • Tensions mammaires

  • Prise de poids

  • Entre autres !

C’est la raison pour laquelle certaines pilules plus récentes contiennent plutôt de l’estradiol bio-identique ou de l’estétrol, notamment dans les traitements hormonaux de la ménopause « à la française ».


questions fréquentes

Questions fréquentes


Nous avons terminé notre plongée passionnante au coeur des œstrogènes ! Ces hormones, absolument clés pour notre fertilité ont également des effets parfois insoupçonnés sur notre corps tout entier, et même sur notre cerveau. Et on en découvrira sans doute de nouveaux à l’avenir !

Qu’en pensez-vous ? Si vous avez des questions ou des remarques à apporter, surtout, n’hésitez pas nous les partager en commentaires 😉

Les sources complémentaires

  • Traitement de la ménopause et contraception : un œstrogène qui minore les risques – INSERM
  • Regulation of progesterone receptor expression in endometriosis, endometrial cancer, and breast cancer by estrogen, polymorphisms, transcription factors, epigenetic alterations, and ubiquitin-proteasome system
  • Biological basis for human capacitation—revisited
  • Cervical mucus : its structure and possible biological functions
  • Protective effects of estrogen on the cardiovascular system – The American Journal of Cardiology
  • Estrogens and Androgens in Skeletal Physiology and Pathophysiology
  • Effect of Estrogen on Musculoskeletal Performance and Injury Risk
  • Estrogen selectively increases tryptophan hydroxylase-2 mRNA expression in distinct subregions of rat midbrain raphe nucleus: association between gene expression and anxiety behavior in the open field
  • Estrogen receptors in the central nervous system and their implication for dopamine-dependent cognition in females
  • Gut microbial beta-glucuronidase: a vital regulator in female estrogen metabolism
  • Endometrial cancer: molecular and therapeutic aspects
  • Endogenous Circulating Sex Hormone Concentrations and Colon Cancer Risk in Postmenopausal Women: A Prospective Study and Meta-Analysis
  • Estrogen metabolism and risk of breast cancer: a prospective study of the 2:16alpha-hydroxyestrone ratio in premenopausal and postmenopausal women
  • Cancer de l’ovaire : l’oestradiol limiterait la progression métastasique dans les cancers des cellules de la granulosa – Fondation pour la Recherche Médicale
  • Sécurité et bénéfices des phyto-estrogènes apportés par l’alimentation – Recommandations – ANSES
  • Pilules contraceptives et risque de cancers – Institut National du Cancer
  • AMH : tout comprendre sur cette hormone et ce qu’elle dit réellement de notre fertilité

    amh

    Les idées clés

    • L’AMH ou hormone antimüllérienne est l’un des marqueurs de la réserve ovarienne, qui est très souvent dosée chez les femmes en désir d’enfant.
    • L’AMH permet de déterminer le stock de follicules ovariens ayant démarré leur maturation sur le cycle en cours, mais ce dosage ne dit rien de la qualité des follicules.
    • Par ailleurs, l’AMH ne dit rien également sur l’ovulation : elle doit donc être dosée en parallèle des oestrogènes et de la FSH.
    • Il est possible de remonter un taux d’AMH, en améliorant le processus de maturation des follicules en stock.
    • La mesure de l’AMH est néanmoins utile en cas de fécondation in vitro, afin d’ajuster le protocole, et dans le cadre du diagnostic du SMOP (ex SOPK).

    Parmi les examens proposés pour apprécier la fertilité féminine, il y en a un qui divise, tant il doit être pris avec d’énormes pincettes : c’est le dosage de l’AMH. En effet, cet examen permet de se faire une idée du nombre de follicules qu’il nous reste en stock, mais (car oui, il y a un mais) il ne permet pas de « déterminer l’âge de ses ovaires », de connaître la date de sa ménopause ou encore d’augurer de nos chances de grossesse à venir !

    L’AMH mesure la quantité de follicules en dormance, à un stade intermédiaire de développement, mais pas leur qualité et ne dit rien sur notre capacité à ovuler normalement : on peut en effet avoir beaucoup de follicules, mais des troubles de l’ovulation, ou des ovules de moindre qualité qui ne permettront pas de mener une grossesse à terme. Et a contrario, on peut avoir un taux d’AMH faible, signifiant qu’un petit nombre de follicules se sont lancés dans la “pré-course” à l’ovulation sur ce cycle, mais qu’ils soient de super qualité et qu’ils permettent d’avoir un ovule mature parfait au bout de la course.

    Intriguées ? On vous explique tout ça 😉

    🎧🍿 Psst ! Si vous préférez, on a aussi parlé de l’AMH sur notre podcast, à retrouver sur Youtube et sur votre plateforme d’écoute préférée 🙂

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    Cycle menstruel : tout comprendre sur les règles et l’ovulation

    cycle menstruel

    Les idées clés

    • Le cycle menstruel est tout un processus hormonal qui permet à une femme d’ovuler et de démarrer une grossesse.
    • Il suit 4 phases : les règles, la phase pré-ovulatoire, l’ovulation et la phase post-ovulatoire, durant lesquelles le cerveau et les ovaires communiquent.
    • Un cycle menstruel « classique » dure entre 21 et 35 jours. L’ovulation n’a pas forcément lieu le 14ème jour du cycle, ni 14 jours avant les règles suivantes.
    • Le cycle menstruel démarre à la puberté et s’arrête à la ménopause. Les processus de démarrage et d’arrêt du cycle menstruel prennent des années !
    • Le cycle menstruel s’arrête pendant la grossesse et sous contraception hormonale. Il peut être entravé en cas de troubles du cycle comme le SMOP (ex SOPK) ou après un accouchement.
    • Il existe des solutions, médicales et naturelles, pour apaiser le cycle menstruel.

    Entre ses 12 ans et ses 52 ans en moyenne, une femme a ses règles près de 450 fois, lui rappelant avec plus ou moins de bonheur que son corps est fertile et qu’il se prépare d’arrache pied, chaque mois, à accueillir une grossesse. Car oui, on l’oublie souvent, mais le rôle du cycle menstruel n’est autre que d’accueillir un embryon dans le cas où une fécondation aurait eu lieu.

    Contrairement aux hommes qui sont fertiles de leur puberté jusqu’à leur mort (ou presque !), et ce, absolument tous les jours sans qu’un mécanisme hormonal n’entre en jeu, les femmes ne peuvent concevoir que quelques jours par mois (la fameuse fenêtre de fertilité) pendant une quarantaine d’années, grâce à un subtil dialogue entre leurs hormones.

    Hélas, on connaît souvent peu les mécanismes qui guident ce cycle et on peut voir débarquer nos règles sans réellement comprendre toutes les étapes par lesquelles le corps est passé pour en arriver là.

    Vous avez peut-être cette sensation d’être une spectatrice passive de votre cycle menstruel et de le subir sans la moindre clé de compréhension ou marge de manoeuvre ? Or, quand on le connaît un peu mieux, on découvre une artillerie merveilleusement bien huilée, qui guide à la fois notre fertilité, mais aussi notre énergie, notre confiance en nous et notre santé plus globale. On vous propose donc de lever le voile sur les secrets du cycle menstruel et de vous partager toutes ses subtilités !

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