Hypothyroïdie : son impact méconnu sur les règles et la fertilité

hypothyroïdie règles

Les idées clés

  • La thyroïde régit un grand nombre de métabolismes dans notre corps et a un impact direct sur notre cycle menstruel, notamment grâce à sa contribution à la maturation folliculaire.
  • En cas d’hypothyroïdie, les hormones thyroïdiennes sont trop basses, tandis que la TSH (l’hormone envoyée par le cerveau pour communiquer avec la thyroïde) est trop élevée.
  • Une hypothyroïdie peut avoir une cause auto-immune (hypothyroïdie d’Hashimoto), génétique ou venir d’un stress chronique, d’une carence en cofacteurs essentiels, d’une insuffisance en progestérone ou d’un déséquilibre du microbiote intestinal.
  • Une prise de sang permet de détecter une hypothyroïdie, mais les symptômes cliniques (fatigue inexpliquée, frilosité, difficulté à perdre du poids, etc.) sont tout aussi importants pour établir un diagnostic.
  • Le ralentissement de la thyroïde a un impact sur les règles, qui peuvent devenir plus abondantes, plus légères, voire irrégulières ou absentes. Preuve que thyroïde et cycle menstruel sont liés !
  • Les femmes enceintes doivent également surveiller leur thyroïde, dont le bon fonctionnement est important pour le bon déroulé de la grossesse.
  • Un traitement médical adapté et de bonnes habitudes d’hygiène de vie sont essentiels pour soutenir la thyroïde.

Fatigue, frilosité, règles irrégulières, difficultés à tomber enceinte ? Et si c’était la thyroïde ? Bien qu’elle soit située loin de nos ovaires, cette glande a un lien très étroit avec notre système reproducteur et nos hormones féminines. Quand elle ralentit comme en cas d’hypothyroïdie, cela peut clairement mettre le bazar et compromettre l’ovulation, perturber nos règles et impacter notre fertilité.

Dans cet article, on va essayer de vous expliquer le plus simplement possible ce qu’est l’hypothyroïdie, et par quels mécanismes elle se répercute sur nos ovaires, notre utérus et nos menstruations. On va aussi revenir sur les causes potentielles d’un ralentissement de la thyroïde et bien sûr, lister les traitements et les solutions plus naturelles envisageables pour revenir à l’équilibre !

Pour compléter la lecture de cet article, surtout n’hésitez pas à écouter/regarder notre échange avec le Dr Yoni Assouly, qui nous explique les 4 grands liens entre thyroïde et fertilité !

Lire la suite

Insuffisance ovarienne précoce : causes, diagnostic et traitements

insuffisance ovarienne précoce

Les idées clés

  • L’insuffisance ovarienne précoce se définit comme un dysfonctionnement ovarien prématuré, avant l’âge de 40 ans.
  • Elle est différente de la ménopause, dans la mesure où le cycle menstruel n’est pas définitivement stoppé, mais fortement ralenti, avec des impacts sur la santé globale et la fertilité.
  • L’insuffisance ovarienne prématurée est une trouble de santé reproductive qui peut être dû à une anomalie génétique, un trouble immunitaire ou faire suite à une chimiothérapie ou une radiothérapie. Toutefois, 70% des IOP sont encore à ce jour inexpliquées !
  • En cas d’IOP et de désir d’enfant, un parcours PMA peut être envisagé, même si une grossesse naturelle reste possible.

Quand on souhaite avoir un enfant et que les essais se prolongent, on peut craindre d’avoir un souci de fertilité et notamment, quand on avance en âge, de souffrir d’une insuffisance ovarienne précoce (ou IOP).

Déjà, rappelons que l’IOP est relativement peu fréquente, car elle concerne 1% des femmes de moins de 40 ans 🙂 Néanmoins, comme elle soulève des questions très légitimes à son sujet, on va dans cet article, vous expliquer concrètement ce que c’est (et ce que ce n’est pas !), comment elle se manifeste et comment on peut la contourner quand on a envie de faire un bébé 🙂

Lire la suite

Cycle irrégulier : tout comprendre en 5 minutes

cycle irregulier

Les idées clés

  • Le cycle menstruel peut connaître des variations tout à fait normales, et tous les cycles ne se ressemblent pas forcément. L’ovulation peut par exemple être décalée de quelques jours, de manière physiologique !
  • Un cycle est réellement irrégulier quand sa longueur varie de plus de 7 jours d’un cycle à l’autre.
  • L’irrégularité du cycle est généralement liée à une irrégularité de l’ovulation, qui décale la survenue des règles.
  • L’ovulation peut être irrégulière à la puberté, en post-partum, en périménopause ou après l’arrêt d’une contraception hormonale : ces causes sont normales !
  • L’irrégularité du cycle peut également être liée à un déséquilibre hormonal : SMOP (ex SOPK), endométriose, excès de prolactine, problème de thyroïde ou encore au stress.
  • On peut travailler sur la régularité de l’ovulation via des solutions médicales ou de nouvelles habitudes d’hygiène de vie.
  • On peut tomber enceinte avec un cycle irrégulier, à condition de travailler sur la cause de cette irrégularité et en sachant repérer nos signaux de fertilité.

En tant que femme, avoir ses règles est rarement un moment qu’on adore… mais quand elles sont irrégulières et totalement imprévisibles, c’est encore pire ! De plus, avoir un cycle irrégulier soulève forcément des questions : est-ce que c’est grave ? Est-ce que c’est forcément lié à un problème de santé ? Est-ce que je vais connaître des difficultés pour tomber enceinte ? Comment faire pour « viser juste » si je veux avoir un bébé ?

Dans cet article, on va répondre à ces questions très fréquentes (et totalement légitimes !) 🙂

Lire la suite

Dérèglement hormonal : les symptômes qui alertent et les pistes pour y remédier

dérèglement hormonal

Les idées clés

  • Les hormones sont des molécules qui régissent un grand nombre de mécanismes physiologiques dans notre corps.
  • La GnRH, la LH, la FSH, les oestrogènes et la progestérone sont les hormones principales du cycle menstruel, sécrétées par le cerveau et les ovaires. D’autres hormones peuvent interférer avec elles, comme les hormones thyroïdiennes, le cortisol, l’insuline et la prolactine.
  • L’observation de son cycle menstruel et de ses symptômes, ainsi qu’un bilan hormonal, peuvent permettre de diagnostiquer un déséquilibre hormonal.
  • Des traitements médicaux, ainsi que des ajustements d’hygiène de vie, peuvent aider les hormones féminines à retrouver leur équilibre.
  • Les hormones fluctuent et chaque cycle menstruel est différent : il n’est pas nécessaire de s’alarmer si certains symptômes sont ressentis sur seulement un cycle, de manière isolée 🙂

Parfois, notre cycle menstruel nous envoie des petits signaux que l’on ne sait pas toujours interpréter : un spotting impromptu, une humeur en dents de scie, des pertes blanches inopinées, un cycle plus long ou plus court, des règles « pas comme d’habitude »… Et bien sûr, dans ces cas-là, on peut clairement se demander ce qu’il se passe dans notre corps et si un dérèglement hormonal ne serait pas en train de s’installer (surtout si ces symptômes se répètent) !

Dans cet article, on va voir ensemble quels signaux peuvent effectivement nous mettre la puce à l’oreille, dans quelles circonstances, et comment on peut rectifier le tir pour retrouver notre équilibre hormonal 🙂

Pour info, on a aussi publié une vidéo Youtube et un épisode de podcast au sujet du déséquilibre hormonal, qui complète très bien la lecture de cet article 😉

Lire la suite

Endométriose & fertilité : peut-on tomber enceinte avec une endométriose ?

endométriose fertilité

Les idées clés

  • L’endométriose est une maladie gynécologique qui touche 10% des femmes en âge de procréer.
  • Elle se caractérise par la présence de cellules semblables à celles de l’endomètre en dehors de la cavité utérine.
  • Ces cellules réagissent aux fluctuations hormonales, créant des lésions, kystes et adhérences qui peuvent être extrêmement douloureux et causer des problèmes d’infertilité (entre autres).
  • Il n’existe pas encore de traitement spécifique contre l’endométriose. Néanmoins, des solutions médicales sont proposées, telles que la prise d’une contraception hormonale, une intervention chirurgicale et/ou un parcours PMA lorsqu’elle entraine une infertilité.
  • Il est également possible d’ajuster son hygiène de vie (alimentation, plantes, compléments alimentaires etc.) pour apaiser l’endométriose et temporiser l’inflammation et le déséquilibre hormonal sous-jacents dans la maladie.

L’endométriose est une maladie gynécologique qui concerne environ 10 % des femmes en âge de procréer. Lorsqu’un désir de grossesse apparaît, une question revient systématiquement : l’endométriose empêche-t-elle de tomber enceinte ?

La réponse est nuancée : oui, l’endométriose peut impacter la fertilité, mais non, elle ne rend pas systématiquement infertile (et c’est important de le rappeler !) De nombreuses femmes atteintes d’endométriose tombent enceintes spontanément, parfois même sans le savoir 🙂

Dans cet article, on fait le point sur le lien entre endométriose et fertilité, les mécanismes en jeu, les options médicales et les leviers complémentaires !

🍿🎞️ Pour info, on a aussi échangé autour du sujet de l’endométriose avec le Dr Jonathan Cohen, qui nous donne son point de vue de gynécologue sur cette maladie gynécologique et ses potentiels impacts sur la fertilité féminine. Il est top à écouter, car il est très complémentaire à cet article 🙂

🎧 Il est également dispo sur toutes les plateformes de podcast !

Lire la suite

SOPK & fertilité, on fait le point !

sopk fertilité

Les idées clés

  • Le SMOP (ex SOPK) (syndrome métabolique ovarien polyendocrinien) est un trouble du cycle menstruel qui touche environ 10% des femmes.
  • Ce syndrome nécessite 2 de ces 3 critères pour être établi : des ovaires à l’aspect micro polykystique, des hormones androgènes en excès et/ou des troubles de l’ovulation. Des troubles métaboliques peuvent également être associés, comme une résistance à l’insuline.
  • Le SMOP peut être une cause d’infertilité, dès lors qu’il perturbe la cascade hormonale permettant l’ovulation et peut altérer la qualité ovocytaire. Mais on peut tout à fait tomber enceinte facilement avec un SMOP, il n’y a pas de règle générale et absolue !
  • Ce syndrome, complexe, nécessite une prise en charge adaptée au cas par cas, qui repose en grande partie sur des  ajustements d’hygiène de vie, et parfois une aide médicale via la PMA.

Le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP) est la première cause d’infertilité féminine : ce déséquilibre hormonal, qui induit souvent une absence ou du moins une raréfaction de l’ovulation (entre autres) est donc une piste clé à explorer lorsque les essais bébé s’éternisent.

Sachant qu’il faut le préciser tout de suite, infertilité ne veut pas du tout dire stérilité ! Avec un SMOP, les essais peuvent durer plus longtemps, du fait notamment de la rareté des ovulations, et donc on peut vite dépasser les 12 mois d’essais infructueux (qui sont la définition de l’infertilité), mais ça ne veut absolument pas dire qu’une grossesse est impossible. 

Bref, tout ceci étant précisé, on vous propose de détailler plus en profondeur ce qu’est le SMOP et pourquoi il réduit notre fertilité ? Quelles sont ses causes, comment est-il diagnostiqué et surtout, comment peut-on tout de même, optimiser ses chances de concevoir ? On vous explique tout ça point par point 😉

🎞️🎧 En complément de cet article, surtout n’hésitez pas à regarder/écouter notre épisode de podcast avec Guénaëlle Abéguilé, experte du sujet, qui apporte plein d’éclairages intéressants !!

Lire la suite

Aménorrhée : les raisons qui expliquent une absence de règles

aménorrhée

Les idées clés

  • L’aménorrhée désigne l’absence de règles depuis au minimum 3 mois.
  • Elle peut être primaire si les règles n’ont jamais débuté, ou secondaire, si la femme a déjà été réglée par le passé.
  • L’aménorrhée est normale en cas de grossesse, de ménopause ou d’allaitement. Elle peut aussi survenir après l’arrêt d’une contraception hormonale, le temps que le cycle menstruel reprenne du service.
  • Les règles sont toujours la conséquence d’une ovulation réussie.
  • L’absence de règles peut venir d’un problème de l’ovulation (venant soit du cerveau, soit des ovaires), d’un anomalie mécanique (utérus absent ou présentant des adhérences, col de l’utérus bouché, etc.) ou d’un trouble génétique.
  • Le traitement de l’aménorrhée dépend de sa cause, et il est possible de relancer le cycle menstruel et les règles grâce à des solutions médicales et/ou axées sur l’hygiène de vie.

Les règles ne sont pas toujours nos meilleures amies, mais il faut bien avouer que quand elles sont absentes, on se pose généralement beaucoup de questions (la première étant, « est-ce que je suis enceinte ? »), surtout si on est en essai bébé et que notre test de grossesse est négatif.

Cette absence des règles porte un nom médical, l’aménorrhée, et elle peut avoir des causes très variées, qu’elles soient hormonales ou mécaniques. Dans cet article, nous allons voir en détail pourquoi, parfois, nos règles jouent aux abonnées absentes 🙂



définition aménorrhée

Qu’est-ce que l’aménorrhée ?

L’aménorrhée désigne l’absence de règles, et ce, depuis au moins 3 mois. Un simple retard de règles de quelques jours, d’une ou deux semaines, n’est donc pas une aménorrhée !

On distingue généralement l’aménorrhée primaire ou et l’aménorrhée secondaire.

Aménorrhée primaire

On parle d’aménorrhée primaire lorsque la jeune fille n’a toujours pas eu ses premières règles à l’âge de 16 ans. En effet, les premières règles se présentent entre l’âge de 10 et 15 ans, généralement deux ans après l’apparition des premiers caractères sexuels secondaires lorsque la puberté démarre, à savoir les seins, les poils et l’élargissement des hanches (entre autres).

Une adolescente qui souffre d’aménorrhée primaire peut avoir des caractères sexuels développés ou non, en fonction de la cause de son absence de règles et de cycle menstruel.

Aménorrhée secondaire

L’aménorrhée secondaire, quant à elle, désigne l’absence de règles depuis plus de 3 mois chez une femme qui a déjà eu ses règles. Hormis durant la ménopause, la grossesse et l’allaitement, cette mise en pause du cycle menstruel chez une femme en âge de procréer n’est pas normale !


cycle menstruel

Pourquoi les femmes ont leurs règles tous les mois ?

Le cycle menstruel et les règles font partie de nos vies de femme : même si on s’en passerait bien parfois, nos menstruations sont la preuve que notre corps fait en sorte d’ovuler, cycle après cycle, qu’on ait envie d’avoir des enfants ou non 🙂

Et c’est très bien, car nos hormones féminines, les oestrogènes et la progestérone ont plein de bonnes choses à nous apporter, autant sur le plan physique (santé cardiovasculaire, ostéo-articulaire, etc.) que mentale (diminution de l’anxiété, production de neurotransmetteurs apaisants et dynamisants, etc.). D’ailleurs, vous saviez que le cycle menstruel est le 5ème signe vital selon le Collège Américain des Obstétriciens et Gynécologues ? 🙂

Les règles surviennent en moyenne tous les 21 à 35 jours : en effet, notre cycle menstruel ne dure pas forcément 28 jours, et sa longueur peut varier d’une femme à l’autre et d’un cycle à l’autre.

Et, l’élément essentiel à retenir, c’est qu’elles sont toujours la conséquence de l’ovulation : en effet, le corps ovule à chaque cycle, et, en l’absence de fécondation, la muqueuse utérine bâtie au fil du cycle se détache et est évacuée grâce aux saignements.

Le cycle menstruel se découpe en 2 parties :

  • Des règles à l’ovulation, ce sont les oestrogènes qui dominent. Au tout début du cycle, l’hypothalamus, une aire de notre cerveau, envoie une hormone, la GnRH, à une autre zone cérébrale, l’hypophyse. L’hypophyse, en réponse, stimule les follicules ovariens situés dans nos ovaires, en envoyant de la FSH. Les follicules se mettent à maturer et ce faisant, ils sécrètent des oestrogènes. Or, les oestrogènes ont, parmi leurs nombreux rôles, la mission d’épaissir l’endomètre ! Au bout de quelques jours, un follicule devient dominant et manifeste sa présence par une sécrétion massive d’oestrogènes. Cette quantité maximale d’oestrogènes est détectée par le cerveau, qui lance l’ovulation en produisant une nouvelle hormone, la LH. L’ovulation se produit dans les 16 heures qui suivent.

  • De l’ovulation aux règles, les oestrogènes sont moins présents et c’est la progestérone, sécrétée par le corps jaune, qui prédomine. Le corps jaune est le follicule vidé de son ovocyte et il va sécréter de la progestérone de manière exponentielle pendant 7 jours, dans le but de préparer une grossesse : la progestérone va alors vasculariser la muqueuse utérine construite et épaissie par les oestrogènes, afin d’en faire un nid douillet dans lequel l’embryon va s’accrocher s’il y a eu une fécondation, mais aussi bien la maintenir en place. Si elle n’a pas eu lieu, le corps jaune s’essouffle, la production de progestérone chute : l’endomètre n’est plus maintenu et les règles démarrent.

dialogue cerveau ovaires cycle menstruel

Vous l’aurez donc compris, l’ovulation et les règles sont le fruit de toute une cascade hormonale, entre le cerveau et les ovaires. Pas d’ovulation, pas de règles !

hormones cycle menstruel


Dans quels cas l’absence de règles est-elle normale ?

Nous avons commencé à l’évoquer précédemment, mais certaines situations tout à fait physiologiques peuvent expliquer une absence de règles.

grossesse aménorrhée

Grossesse

La grossesse est une situation très connue d’aménorrhée : il n’est d’ailleurs pas rare d’entendre parler de « semaines d’aménorrhée » pour dater une conception !

En effet, lorsqu’une femme tombe enceinte, elle produit beaucoup de progestérone : or, cette hormone, en plus de vasculariser et maintenir l’endomètre, bloque l’ovulation. En effet, elle est la « gardienne du temple », et protège la grossesse : ce faisant, elle inhibe la sécrétion de LH par le cerveau et empêche qu’une nouvelle ovulation/fécondation vienne perturber la grossesse en cours ! Une femme enceinte ne peut donc pas avoir ses règles, même si des saignements de grossesse peuvent survenir.

C’est la raison pour laquelle il faut toujours faire un test de grossesse en cas de retard de règles, pour écarter cette possibilité 🙂

allaitement aménorrhée

Allaitement

Lorsqu’une femme allaite, elle produit une hormone toute particulière : la prolactine. Or, la prolactine a pour particularité, elle aussi, d’interférer avec l’ovulation ! En effet, en cas d’allaitement, le cerveau estime qu’il est éventuellement trop tôt pour commencer une nouvelle grossesse.

L’allaitement peut donc bloquer le cycle (ou du moins le perturber) et la méthode MAMA est d’ailleurs un moyen de contraception à la disposition des jeunes mamans, pendant les 6 premiers mois du bébé.

ménopause

Ménopause

Lorsque le cycle menstruel et le processus ovulatoire s’arrêtent totalement, on entre en ménopause. La ménopause intervient en moyenne vers 51 ans et est diagnostiquée après une absence de règles de plus d’un an.

Ceci étant dit, les cycles peuvent commencer à cafouiller bien avant, lors de la périménopause : en effet, le cycle menstruel met des années à s’arrêter totalement, et avant cela, les ovulations peuvent se raréfier et les cycles devenir plus longs, ce qui conduit à des périodes d’aménorrhée, d’absence de règles plus ou moins longues.

pilule et absence de règles

Pilule contraceptive

Cette dernière situation n’est pas vraiment physiologique, mais elle est néanmoins très courante. En effet, lorsque l’on prend une pilule contraceptive combinée (et certaines pilules progestatives), l’ovulation est bloquée. Le cycle menstruel est donc en pause et les règles aussi !

Car oui, les règles sous pilule, sont en fait des hémorragies de privation, qui ne sont pas la conséquence d’une ovulation sans fécondation comme les vraies menstruations, mais simplement une réaction de notre corps à la soudaine chute hormonale artificielle induite par la pause entre les plaquettes.

Par ailleurs, les femmes qui ont une contraception seulement basée sur un progestatif (une version chimique de la progestérone, sous forme d’une pilule ou d’un stérilet, par exemple) n’ont généralement plus leurs règles. En effet, si les oestrogènes naturels ne sont pas remplacés par une version synthétique, la muqueuse utérine n’est pas épaissie, et il n’y a donc rien à évacuer au moment de la semaine de pause.

Même chose pour les femmes qui prennent la pilule en continu : étant donné qu’il n’y a pas de pause entre les plaquettes, il n’y a aucune chute hormonale, l’endomètre se maintient (bien qu’il soit très très fin) et les saignements ne se déclenchent pas.

Enfin, il n’est pas rare que les règles mettent un certain temps à revenir après l’arrêt de la pilule : en effet, il faut un certain temps au dialogue cerveau/ovaires pour reprendre de manière fluide afin de relancer une ovulation. Il peut donc y avoir quelques loupés qui vont repousser l’ovulation et donc les règles, et donc éventuellement une période d’aménorrhée post pilule.


Aménorrhée : quelles en sont les causes ?

Les causes d’absence de règles sont nombreuses ! Elles peuvent provenir d’un déséquilibre hormonal (au niveau ovarien ou cérébral), d’une anomalie au niveau de l’utérus, du col de l’utérus ou du vagin, ou encore d’un problème génétique. Certains médicaments peuvent aussi être en cause !

Un problème d’ovulation

anovulation

Pour que les règles soient présentes, il faut qu’une ovulation ait eu lieu dans les 16 jours qui précèdent. Ainsi, une aménorrhée primaire ou secondaire peut s’expliquer par un blocage de l’ovulation, un souci lors de l’une des étapes du cycle menstruel.

Le blocage peut venir du cerveau, au niveau de l’axe hypothalamo-hypophysaire : un stress intense (physique ou mental), ainsi que des carences et une masse graisseuse trop faible (en cas d’anorexie mentale par exemple, mais aussi d’un excès de sport) peuvent provoquer un arrêt des règles. Pourquoi ? Parce que l’hypothalamus est le point de contact entre les systèmes nerveux et hormonal : s’il détecte que nous sommes trop fragiles émotionnellement ou physiquement, il va nous placer en mode survie et clairement, pour lui, ce n’est pas le moment d’enfanter. La production de GnRH et de FSH par l’hypophyse sont donc ralenties et les follicules ovariens ne sont pas stimulés.

Ce blocage peut aussi venir d’une tumeur bénigne au niveau hypophysaire, ou d’un adénome à prolactine, qui peut provoquer une production trop importante de cette hormone, même si on n’est pas enceinte. Or, souvenez-vous, la prolactine entrave l’ovulation !

Lorsque le blocage vient de la zone cérébrale, la LH et la FSH sont généralement basses, tout comme les oestrogènes.

L’inhibition de l’ovulation peut aussi venir d’un problème au niveau ovarien : dans ce cas, les follicules ne répondent pas, ou pas bien, aux sollicitations du cerveau. Cela peut arriver en cas d’insuffisance ovarienne précoce ou de périménopause (les follicules commencent à fatiguer), par exemple. Aux analyses, on peut avoir une FSH haute et des oestrogènes bas, car le cerveau « hurle » sur les ovaires pour essayer de se faire entendre, sans succès. Or, sans oestrogènes, pas d’ovulation et pas d’épaississement de l’endomètre, ce qui explique que les règles soient absentes.

SMOP (ex SOPK)

On peut également citer le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP, ex SOPK) , un trouble hormonal complexe qui peut bloquer l’ovulation, allonger les cycles et donc se manifester par des périodes d’aménorrhée. En cas de syndrome métabolique ovarien polyendocrinien , la LH peut être chroniquement élevée par rapport à la FSH, ce qui perturbe la maturation folliculaire et le processus ovulatoire. Le souci, c’est qu’un pic de LH est indispensable pour permettre l’expulsion de l’ovocyte au moment de l’ovulation ! Par ailleurs, les follicules peuvent être bloqués dans leur développement, sans qu’aucun ne parvienne à maturité : ils débutent leur croissance en début de cycle, mais n’achèvent pas le processus. C’est ce phénomène qui explique l’aspect « polykystique » des ovaires observé à l’échographie : il ne s’agit pas de véritables kystes, mais de follicules immatures.

Le SMOP peut également se manifester par une hyperandrogénie (taux élevés d’androgènes, comme la testostérone), qui peut provoquer des symptômes comme une perte de cheveux marquée (alopécie), de l’acné ou un hirsutisme (poils sur des zones habituellement masculines, comme le menton ou le torse). En revanche, les œstrogènes sont souvent normaux ou modérément élevés, bien que parfois bas.

Le diagnostic de SMOP, toujours posé par un médecin, repose sur les critères de Rotterdam : il est établi lorsqu’au moins deux des trois caractéristiques suivantes sont présentes, après exclusion d’autres causes possibles :

  • Un trouble de l’ovulation (cycles irréguliers ou anovulatoires),

  • Une hyperandrogénie clinique (des manifestations visibles) ou biologique (démontrée par les prises de sang)

  • Des ovaires à l’aspect polykystique à l’échographie (plus de 20 follicules par ovaire ou un volume ovarien accru).

cause mécanique aménorrhée

Un problème mécanique

Il arrive aussi parfois que les règles soient tout simplement bloquées par un problème mécanique ou une particularité anatomique :

  • Une absence d’utérus, qu’elle soit de naissance ou suite à une hystérectomie (ablation de l’utérus)

  • Un blocage au niveau de l’utérus : des adhérences utérines (qu’on appelle aussi synéchies), qui sont parfois une séquelle d’une intervention chirurgicale)

  • Un blocage au niveau du col de l’utérus (sténose cervicale),

  • Un blocage au niveau du vagin (comme une fusion des lèvres, par exemple).

Dans ce cas, la sécrétion hormonale est normale mais l’endomètre ne peut pas être évacué, ou est inexistant si l’utérus est absent.

Certains médicaments

La prise de certains médicaments peut entraver, voire bloquer le processus ovulatoire :

  • des antidopaminergiques qui augmentent la prolactine

  • des neuroleptiques ou anti-dépresseurs qui jouent sur le complexe hypothalamo-hypophysaire

  • La radiothérapie et la chimiothérapie

  • Entre autres !

On peut également citer les anti-inflammatoires, qui, lorsqu’ils sont pris de façon chronique, peuvent perturber l’ovulation : en effet, le follicule, pour expulser son ovocyte, a besoin de provoquer une petite réaction inflammatoire pour pouvoir rompre sa membrane.

Anomalies génétiques

En effet, certaines anomalies génétiques peuvent perturber le cycle menstruel et donc provoquer une aménorrhée primaire, dès la puberté. On peut citer le syndrome de Turner, qui est est une anomalie chromosomique qui affecte les femmes et qui résulte d’une absence totale ou partielle d’un chromosome X. Ainsi, les ovaires ne se développent pas normalement et ne produisent pas d’oestrogènes ; par ailleurs, l’utérus est généralement atrophié.

thyroïde absence de règles

Un déséquilibre au niveau de la thyroïde

Un problème thyroïdien peut provoquer une aménorrhée, car la thyroïde joue un rôle clé dans la régulation hormonale, notamment au niveau de l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien. Les déséquilibres thyroïdiens (hyperthyroïdie ou hypothyroïdie) peuvent donc perturber les cycles menstruels de différentes manières !

L’hypothyroïdie (insuffisance de production d’hormones thyroïdiennes) peut causer une aménorrhée, car elle ralentit tout le métabolisme, et donc, le cycle menstruel. De plus, l’hypothyroïdie peut faire augmenter le taux de prolactine et perturber le développement des follicules.

À l’inverse, une hyperthyroïdie peut (l’excès d’hormones thyroïdiennes) peut altérer la pulsation de la GnRH, affectant la libération de FSH et LH. Par ailleurs, l’augmentation du métabolisme peut entraîner une perte de poids importante ou une carence énergétique, ce qui, on l’a vu, peut bloquer l’ovulation.


traitement aménorrhée

Comment « relancer » les règles ?

Une fois qu’on a dit tout ça, une question (légitime) se pose : comment retrouver ses règles, comment retrouver une ovulation ?

Très souvent, les professionnels de santé proposent de « relancer le cycle » grâce à un traitement progestatif (comme le Duphaston) : cette piste ne semble néanmoins pas forcément efficace, car la progestérone de synthèse ne permet pas de relancer l’ovulation. Elle induit simplement une hémorragie de privation et permet de reprendre le cycle de zéro. Néanmoins, rien ne garantit que l’ovulation aura bien lieu au cycle suivant ! De plus, si le Duphaston par exemple est pris trop tôt, alors qu’une ovulation se préparait, la progestérone de synthèse qu’il contient peur contrecarrer l’ovulation.

La prise en charge va plutôt dépendre de la raison de ce blocage du cycle menstruel, qu’elle soit hormonale ou mécanique. C’est la raison pour laquelle, généralement, le médecin réalise à la fois :

  • Un examen gynécologique, pour s’assurer que le vagin et le col soient OK. Chez la jeune fille qui n’a pas encore eu ses règles, on peut vérifier son développement pubertaire (poils, seins).

  • Des examens d’imagerie (IRM, échographie), pour vérifier l’aspect de l’utérus et des ovaires

  • Un bilan hormonal : oestrogènes, LH, FSH, androgènes, mais aussi des hormones thyroïdiennes.

Le médecin commence aussi généralement par vérifier qu’une grossesse ne soit pas en cours, grâce à un test de grossesse urinaire ou sanguin, pour exclure cette possibilité. Il peut vous poser quelques questions sur votre niveau de stress et votre hygiène de vie (trop de sport, une prise alimentaire trop faible, etc.)

Ensuite, en fonction des résultats, le médecin va vous proposer un traitement adapté, voire une intervention chirurgicale (en cas d’une anomalie utérine ou d’un adénome à prolactine, par exemple)

Enfin, en complément de cette prise en charge médicale, ou si tout semble normal aux examens, il est également possible de mettre en place des ajustements d’hygiène de vie : une réduction des sources de stress, une alimentation physiologique avec des nutriments essentiels au bon déroulé du cycle menstruel (bons gras, protéines, vitamines, minéraux, etc), une activité physique adaptée… entre autres !

Si vous ressentez le besoin d’être accompagnée, si vous êtes en situation d’aménorrhée et que vous aimeriez relancer votre cycle menstruel pour avoir un bébé, le Fertility Club est à votre disposition <3


consultation absence règles

Absence de règles : quand consulter ?

N’hésitez pas à aller voir votre médecin traitant, gynécologue ou sage-femme si vos règles sont absentes depuis plus de 3 mois, que vous soyez en post-pilule, ou non. En effet, il n’est pas normal de ne plus avoir ses règles (hors grossesse, ménopause ou allaitement) et l’aménorrhée est souvent le symptôme d’un souci plus profond 🙂


suivi cycle menstruel

Suivre son cycle menstruel, pour repérer ses prochaines règles

Quand les règles manquent à l’appel, on peut vraiment se sentir un peu démunie : toutefois, apprendre à observer votre cycle menstruel peut vous redonner un peu de prise sur la situation 🙂

En effet, l’ovulation est un phénomène qui se passe à l’intérieur de notre corps, certes, mais elle se manifeste par des indices tout à fait précis et observables :

  • la présence et la montée en qualité de la glaire cervicale : il s’agit d’un mucus sécrété sous l’influence des oestrogènes (qu’on appelle souvent « pertes blanches »)

  • la température, qui augmente après l’ovulation, sous l’influence de la progestérone.

Cette combinaison des deux facteurs permet de spotter l’ovulation grâce à une méthode appelée la symptothermie : elle vous permettra d’observer votre cycle, de repérer votre prochaine ovulation et donc vos prochaines règles (qui doivent survenir au max 16 jours plus tard, hors grossesse) !

De plus, ces observations peuvent s’avérer très précieuses pour la prise en charge et le suivi de votre aménorrhée par votre équipe médicale 🙂


questions fréquentes

Pour résumer – Questions fréquentes


Pour conclure, l’aménorrhée est un trouble assez complexe du cycle menstruel, qui peut venir de plein de choses : notre cerveau, nos ovaires, nos hormones, notre anatomie, etc. En tout cas, une chose est sûre : lorsque vos règles se font désirer, il est toujours intéressant de faire un test de grossesse (la base !) et de creuser si le test s’avère négatif.

Heureusement, il existe beaucoup de pistes, autant médicales que naturelles, pour retrouver des règles régulières, et ça, c’est une bonne nouvelle ! Car oui, nos règles, on les aime autant qu’on les déteste : on n’a pas envie de les voir arriver, mais elles sont de précieuses messagères qu’on ovule bien.

Bref, on espère fort que cet article vous sera utile si vous êtes en situation d’aménorrhée 🙂 N’hésitez pas à nous faire vos retours en commentaires !

Peut-on tomber enceinte avec une seule trompe utérine ?

tomber enceinte avec une seule trompe utérine

Les idées clés

  • Les trompes utérines sont essentielles à la fécondation et à la nidation : elles sont le lieu de rencontre entre l’ovule et les spermatozoïdes et le point de passage entre l’ovaire et l’utérus. Lorsque la trompe est bouchée, l’embryon ne peut pas rejoindre l’utérus.
  • Les problèmes de trompes utérines sont l’une des causes principales d’infertilité (même s’il y en a d’autres, comme les troubles de l’ovulation et du cycle menstruel)
  • Une trompe peut être manquante ou obstruée du fait d’une anomalie congénitale, une infection sexuellement transmissible, un hydrosalpinx ou encore une endométriose.
  • Le diagnostic de trompe dysfonctionnelle est posé par un spécialiste (comme un gynécologue) qui pourra réaliser des examens d’imagerie et/ou une coelioscopie.
  • Des solutions existent pour déboucher une trompe utérine et il est aussi possible de passer par un protocole PMA pour contourner l’obstacle de la trompe endommagée ou manquante.
  • Néanmoins, tant que les ovaires fonctionnent bien et qu’il reste une trompe fonctionnelle, une grossesse naturelle est toujours possible.

Le saviez-vous ? Les soucis de trompe utérine (qu’on appelait aussi auparavant trompes de Fallope) sont l’une des principales causes d’infertilité et il n’est d’ailleurs pas rare qu’une femme apprenne que l’une de ses trompes est bouchée après plusieurs mois d’essais infructueux, au détour d’un bilan de fertilité.

Ainsi, la question se pose : est-il possible de tomber enceinte avec une seule trompe ? Est-ce que les chances d’avoir un enfant sont drastiquement réduites ? On ne ménage pas le suspense plus longtemps : oui, il est tout à fait possible de concevoir un bébé avec seulement une trompe ! Et on vous explique pourquoi dans ce qui suit 🙂



rôle trompes de fallope

Quel est le rôle des trompes utérines ?

Les trompes utérines sont des sortes de « canaux », reliant les ovaires et l’ utérus : mais attention ! Contrairement à ce que l’on voit souvent dans les dessins anatomiques, les ovaires ne sont pas du tout reliés aux trompes : ils sont plutôt reliés à l’utérus et il y a en réalité un espace entre l’ovaire et la trompe voisine. Ainsi, au moment de l’ovulation, l’ovule se « jette » dans le vide, avant d’être happé et récupéré par la trompe.

Les trompes utérines sont le lieu du « date« , le lieu du grand rendez vous entre l’ovule et le spermatozoïde : c’est ici que se déroule la fécondation (plus précisément dans le pavillon de la trompe), puis l’embryon migre vers l’utérus pour s’y implanter : la nidation a lieu 6-7 jours après la fécondation. Les trompes utérines sont en fait dotées de petits cils sur leur paroi, qui poussent et acheminent l’embryon vers l’utérus 🙂

Petit point de vocabulaire : on ne parle désormais plus de trompe de Fallope, mais de trompe utérine. En effet, ce terme permet de comprendre clairement de quoi on parle et de nos jours, la tendance est plutôt de gommer les noms éponymes, les noms qui font référence aux scientifiques qui ont découvert certaines parties de notre anatomie et de leur donner des noms précis. Dans la mesure où il est essentiel de mieux comprendre le corps des femmes, ce petit « détail » de désignation nous semble important ! 🙂


causes obstruction trompes de fallope

Quelles sont les causes d’obstruction ou de perte d’une trompe ?

Les trompes utérines sont donc essentielles à la conception : néanmoins, il arrive que certaines femmes aient les trompes bouchées ou bien qu’elles en aient perdu une, ce qui pourrait compromettre leurs chances de grossesse. Comment cela arrive-t-il ?

Un hydrosalpinx

Un hydrosalpinx est une accumulation de liquide dans la trompe utérine, qui vient bloquer le passage entre la trompe et l’utérus, totalement ou partiellement. Ce liquide est clair, séreux ou visqueux, mais stérile, et peut être également inflammatoire et toxique pour les embryons.

L’hydrosalpynx peut être causé par une IST comme la chlamydia ou la gonorrhée : en effet, lorsqu’elles ne sont pas traitées, ces infections sexuellement transmissibles provoquent une inflammation de la trompe, qu’on appelle une salpingite. Cette inflammation peut conduire à la formation de cicatrices et à l’obstruction partielle ou totale de la trompe.

Cela dit, les IST ne sont pas les seules causes possibles d’hydrosalpinx : l’endométriose par exemple, peut également générer beaucoup d’inflammation et des lésions et adhérences responsables d’une salpingite, et donc d’une obstruction de la trompe. L’endométriose peut également altérer la mobilité de la trompe, qui lui est nécessaire pour récupérer l’ovule au moment de l’ovulation, mais aussi le mouvement des petits cils qui aident l’embryon à progresser vers l’utérus.

De la même manière, une intervention chirurgicale déclenche un processus inflammatoire de cicatrisation, qui peut être à l’origine d’une salpingite et, in fine, d’un hydrosalpinx. Cela inclut particulièrement les chirurgies pelviennes, telles que celles pour traiter une appendicite ou un fibrome.

Une anomalie congénitale ou une malformation

Bien que ce soit assez rare, il arrive que l’une des deux trompes utérines (voire les deux !) présente(nt) une anomalie :

  • Une absence totale de trompes, qu’on appelle aussi aplasie tubaire : dans ce cas, les trompes ne se sont pas développées du tout, l’ovule ne peut pas rejoindre l’utérus et la fertilité est compromise. Ce phénomène peut être partiel, avec le développement d’une seule trompe sur les deux, c’est l’agenèse unilatérale (mais on va le voir, cela ne remet pas forcément en cause votre capacité à concevoir !)

  • Les trompes peuvent mal se développer (hypoplasie tubaire), tant au niveau de leur longueur que de leur diamètre.

  • On peut aussi avoir des trompes mal orientées, déformées ou qui présentent des excroissances.

Ces diverses anomalies peuvent réduire la fertilité féminine, mais aussi augmenter le risque de grossesse extra-utérine, puisque la trompe touchée ne remplit pas sa fonction première, qui est d’acheminer l’embryon vers l’utérus.

Une grossesse extra utérine

La grossesse extra utérine se produit lorsque l’embryon se niche non pas dans l’utérus, mais dans la trompe. Cela peut venir d’une anomalie tubaire ou de l’obstruction de la trompe par un hydrosalpynx, ou encore du port d’un stérilet, qui limite les chances de nidation du bébé dans l’utérus.

En cas de grossesse extra utérine, la grossesse n’est pas viable et il est essentiel d’arrêter le développement embryonnaire au plus vite : plus le bébé grossit, plus le risque que la trompe vienne à se rompre est grand (et dans ce cas, le pronostic vital de la femme est engagé). Quand elle est prise à temps, on peut réussir à sauver la trompe, même si, comme vu précédemment, l’intervention chirurgicale peut aussi provoquer une inflammation locale. Si la grossesse extra utérine est stoppée trop tardivement, les médecins peuvent être obligés de retirer la trompe, déjà trop endommagée par la grossesse.


diagnostic trompes de fallope bouchées

Comment savoir si on a une trompe utérine bouchée ? Symptômes et diagnostic

Hormis les cas où la femme sait que sa trompe a été retirée après une grossesse extra-utérine ou un problème de santé antérieur, il est très compliqué de savoir si on a une trompe bouchée. Ce qui peut mettre la puce à l’oreille, ce sont éventuellement des douleurs pelviennes associées à des essais bébé qui n’aboutissent pas.

Néanmoins, ce n’est vraiment pas évident, et les symptômes peuvent varier en fonction de la physiologie de chacune : ainsi, il est important de consulter un médecin (votre gynécologue) pour obtenir un diagnostic précis, notamment grâce à des examens bien particuliers.

Hystérosalpingographie

L’hystérosalpingographie consiste à injecter du liquide opaque au niveau du col de l’utérus et à suivre la progression de ce produit au niveau des trompes par une radiographie.

Il s’agit d’un examen qui se passe généralement en ambulatoire (il dure environ 30 minutes), mais qui peut être un peu douloureux, ou tout du moins inconfortable. On lui préfère de plus en plus l’Hyfosy (voir ci-dessous), équivalent et bien moins doulourex.

Hystérosonographie (ou sonohystérographie)

L’hystérosonographie est une échographie par voie endovaginale associée à l’injection d’un sérum physiologique ou un produit de contraste dans l’utérus. On utilise l’échographie pour voir si le liquide traverse les trompes.

Cet examen ne provoque pas de radiation et est moins invasif que l’hystérosalpingographie, mais il est aussi moins précis. L’hystérosonographie permet aussi de repérer des kystes ou des fibromes dans l’utérus.

L’hyfosy fait partie des examens d’hystérosonographie, à la différence près que l’hyfosy utilise une mousse de contraste, spécialement conçue pour la visualisation des trompes, au lieu d’un liquide simple. La mousse rend le parcours du contraste beaucoup plus visible à l’échographie, offrant une meilleure précision pour évaluer les trompes 🙂 (et une douleur bien moindre que l’hysterosalpingographie pour la patiente, on l’a vu).

Coelioscopie (ou laparoscopie)

La coelioscopie est une intervention chirurgicale réalisée sous anesthésie générale durant laquelle on insère une caméra dans l’abdomen grâce à une petite incision dans l’abdomen. Un produit est injecté dans les trompes pour voir si elles sont perméables.

Comme il s’agit d’une intervention plus lourde, on en profite généralement pour réparer la trompe endommagée. L’équipe médicale peut alors drainer le liquide accumulé en cas d’hydrosalpinx ou retirer des adhérences et lésions d’endométriose, par exemple.


déboucher trompes de fallope

Trompe utérine bouchée : quelles sont les interventions chirurgicales réalisées ?

Une fois que ces examens sont réalisés par votre spécialiste, quelles sont les suites à donner, pour retrouver des trompes fonctionnelles ?

Coelioscopie

Comme on vient de le voir, votre équipe médicale peut profiter de la coelioscopie pour retirer le liquide accumulé dans la trompe, par exemple. La coelioscopie est donc un examen de diagnostic, mais aussi une intervention chirurgicale réparatrice.

Canulation tubaire

Lorsque l’obstruction est près de l’utérus et que la trompe est en bon état, les médecins peuvent recourir à la canulation tubaire, qui est plus précise et moins invasive que la coelioscopie.

Comment se déroule une canulation tubaire ? Les médecins font simplement passer une sonde fine, pour traverser l’obstacle et déboucher la trompe. Un produit de contraste peut ensuite être injecté pour vérifier qu’il passe bien dans toute la trompe utérine.

La canulation tubaire est réalisée en ambulatoire, sous anesthésie générale ou locale. En revanche, la trompe peut se reboucher au bout de quelques années :s


grossesse avec une seule trompe utérine

Grossesse avec une seule trompe : oui, c’est possible !

Maintenant qu’on a déroulé nos explications assez médicales et un peu techniques, on veut vous redonner un shot d’espoir : oui, vous pouvez tomber enceinte et avoir un bébé avec une seule trompe 🙂

Grossesse spontanée

En effet, il est possible de tomber enceinte avec une seule trompe fonctionnelle, tant que la trompe restante et les ovaires sont sains et fonctionnent correctement. Si vous ovulez bien à chaque cycle et qu’il vous reste une trompe fonctionnelle, l’espoir est permis 😉

Par ailleurs, les chances de grossesse ne sont pas divisées par deux comme on l’entend parfois : en effet, contrairement aux idées reçues, les ovaires n’alternent pas d’un cycle menstruel à l’autre. En réalité, ils se lancent tous les deux dans la course à l’ovulation en début de cycle, et un des deux gagne à la fin ! On peut donc ovuler deux fois de suite du même côté, par exemple.

Et SURTOUT, même si vous ovulez du côté où la trompe est manquante ou bouchée, l’ovocyte peut être aspiré par la trompe opposée : en effet, nos trompes sont mobiles et c’est ce qui fait que, oui, les chances de tomber enceinte sont un peu amoindries en cas de trompe défectueuse ou manquante, mais elles ne sont pas réduites de moitié (et encore moins à zéro !!). Voici une vidéo que l’on a postée sur Instagram, si vous souhaitez un peu mieux visualiser cette incroyable faculté d’adaptation de notre corps 🙂

Enfin, notre fertilité ne dépend pas que de nos trompes utérines : la qualité de nos ovocytes, notre glaire cervicale, la capacité de notre utérus à accueillir un embryon et notre équilibre hormonal sont tout aussi importants !

tomber enceinte avec une seule trompe, PMA

Via un parcours PMA (Procréation Médicalement Assistée)

En revanche, lorsque les deux trompes sont bouchées ou manquantes par exemple, ou si on s’aperçoit que les chances de grossesse sont vraiment compromises par la trompe problématique, on peut totalement contourner ce problème grâce à la procréation médicalement assistée (PMA) ! La PMA peut également être indiquée si d’autres soucis de fertilité ont été détectés, notamment au niveau hormonal.

En général, on propose à la femme de passer par un protocole de fécondation in vitro (FIV) : l’ovulation est stimulée médicalement pour la contrôler et recueillir ensuite des ovocytes matures. Ces ovocytes ne seront pas happés par la trompe, mais fécondés en laboratoire, et les embryons sont ensuite directement introduits dans l’utérus. Ainsi, on court-circuite complètement la trompe et il est ainsi possible d’entamer une grossesse 🙂


questions fréquentes

Pour résumer – Questions fréquentes


Sur ce, on espère que cet article vous aura rassurées quant au fait que oui, il est possible de tomber enceinte avec une seule trompe, si l’une des deux rencontre un problème d’obstruction par exemple, lié à une maladie ou à un souci mécanique.

En cas de doute, surtout, n’hésitez pas à consulter un spécialiste (souvent votre gynécologue), qui pourra réaliser les examens adéquats en fonction de votre situation personnelle et vous proposer une solution adaptée, que ce soit en termes de chirurgie ou de PMA, par exemple. Et surtout, si vous avez une trompe fonctionnelle, la grossesse naturelle est tout à fait possible !

La fertilité n’est également pas qu’une affaire de trompe et comme on l’a évoqué dans l’article, elle dépend d’autres facteurs, liés à votre équilibre hormonal et vos habitudes quotidiennes : si vous souhaitez optimiser naturellement vos chances de concevoir, sachez qu’on aborde ces problématiques en profondeur dans le Fertility Club 🙂

Pour finir, si vous avez des questions ou des remarques à nous faire remonter à la lecture de cet article, n’hésitez pas à nous en faire part en commentaire 🙂

SPM (syndrome prémenstruel) : symptômes, causes et solutions pour le soulager

syndrome premenstruel

Les idées clés

  • Le syndrome prémenstruel (SPM) correspond à un ensemble de symptômes physiques et émotionnels (fatigue, irritabilité, douleurs, anxiété…) qui apparaissent quelques jours avant les règles et disparaissent à leur arrivée.
  • Le SPM serait lié à une sensibilité aux variations hormonales en phase lutéale, souvent associée à un déséquilibre entre œstrogènes et progestérone, ainsi qu’à des facteurs comme l’inflammation, la sérotonine ou certaines carences nutritionnelles.
  • Fréquent mais non inévitable, le SPM peut être soulagé durablement grâce à une meilleure compréhension du cycle menstruel et à des ajustements d’hygiène de vie adaptés.

Fatigue écrasante, irritabilité au plafond, envie de pleurer pour un rien, ventre gonflé ou douleurs… Si les jours qui précèdent les règles ressemblent à un petit chaos intérieur, il s’agit très probablement d’un syndrome prémenstruel (SPM).

Le SPM correspond à un ensemble de symptômes physiques et psychiques qui surviennent en fin de cycle menstruel, généralement quelques jours avant les menstruations. Très courant, il concernerait entre 20 et 40 % des femmes, avec une intensité très variable.

Bonne nouvelle : non, ce n’est pas une fatalité. Ces manifestations sont souvent le signe que quelque chose se joue du côté de l’équilibre hormonal, notamment entre œstrogènes et progestérone.

Symptômes, causes, solutions naturelles… voici comment mieux comprendre ce qui se passe dans votre corps et surtout, comment apaiser ce SPM.

Lire la suite

Manque de progestérone : symptômes, causes et solutions

manque progestérone

Les idées clés

  • La progestérone est une hormone essentielle à la fertilité et à la santé féminine, même si on veut pas avoir d’enfant.
  • Les symptômes d’un manque de progestérone les plus courants sont des spottings, une phase lutéale courte, un syndrome prémenstruel et des troubles de la fertilité, entre autres !
  • Il existe des solutions médicamenteuses et naturelles pour améliorer sa progestérone et restaurer un équilibre hormonal optimal.
  • Que l’on soit en projet bébé ou simplement attentive à son cycle, on sait à quel point il est important que nos hormones soient en parfait équilibre. On peut aussi se demander si on ne se trouve pas face à un déséquilibre hormonal lorsqu’on n’arrive pas à tomber enceinte, ou lorsqu’on ressent certains inconforts au quotidien !

    Mais comment interpréter les signes ? Vous êtes nombreuses à nous demander, notamment sur Instagram, si vous n’auriez pas un déséquilibre hormonal, et surtout une carence en progestérone, au vu des symptômes que vous ressentez à l’approche de vos règles : douleurs, acné, fringales, sautes d’humeur, etc.

    Dans cet article, on va donc vous expliquer pourquoi la progestérone est essentielle pour votre fertilité et votre bien-être au quotidien, mais aussi (et surtout !) comment reconnaître une carence en progestérone et quels sont les symptômes qui portent à croire que votre progestérone a bien besoin d’un peu de soutien 🙂 Et bien sûr, on vous donne quelques pistes pour faire remonter naturellement votre progestérone (car oui, c’est complètement possible !).

    🎧🍿 Pour info, voici également notre épisode de podcast dédié au sujet de la carence en progestérone, si vous préférez ce format !

    Lire la suite