Sport & grossesse : il y a-t-il un risque à faire du sport enceinte ?

sport grossesse

Les idées clés

  • La pratique d’une activité sportive est recommandée pendant la grossesse, tout en étant bien sûr, adaptée et approuvée par le médecin qui suit la femme enceinte.
  • Faire du sport quand on est enceinte présente des bénéfices pour la maman (régulation de la prise de poids, soulagement des douleurs lombaires, réduction de l’anxiété, etc) et pour le bébé (notamment au niveau de son développement cognitif).
  • Certains signaux d’alerte doivent néanmoins inciter à prendre un avis médical et, si besoin, à limiter l’activité sportive : vertiges, douleurs, saignements, palpitations, etc.
  • Certaines disciplines ne sont pas recommandées durant la grossesse, comme le ski, l’équitation, l’alpinisme, la plongée, la boxe, etc.
  • Le sport peut également être contre-indiqué pendant la grossesse, en cas de béance du col, de pré-éclampsie, de placenta praevia, ou de retard de développement du bébé.
  • L’activité physique est toutefois recommandée dans la grande majorité des cas pendant la grossesse, et même en pré-conception !

Lorsque notre test de grossesse est positif, une fois l’immense joie passée, on commence à se poser des questions très pratico-pratiques, comme « qu’est-ce que peux manger maintenant ?« , « quels sont les examens médicaux à réaliser ?« , mais aussi « est-ce que je peux continuer à faire du sport enceinte ?« .

Cette question est tout à fait légitime, car on peut se demander si courir, nager ou soulever des poids peut nuire à la grossesse et à la santé de notre bébé. Dans cet article, on va faire en sorte que vous y voyiez plus clair et spoiler, oui, vous pouvez continuer à faire du sport (c’est même recommandé !), tout en adaptant vos séances 🙂

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Quel est le délai pour tomber enceinte après l’arrêt de la pilule ?

délai pour tomber enceinte apres arrêt pilule

Les idées clés

  • La pilule, dans la plupart des cas, bloque l’ovulation. Elle altère également la glaire cervicale et l’endomètre, ce qui complique les chances de fécondation et de nidation.
  • Il faut généralement attendre plusieurs cycles avant de tomber enceinte après l’arrêt de la pilule, le temps que les hormones féminines retrouvent leurs niveaux physiologiques et que le cycle menstruel redémarre.
  • Il est possible de repérer la première ovulation réussie après l’arrêt de la pilule, grâce aux signaux envoyés par le corps, à savoir la glaire cervicale et la température.
  • La prise de la pilule ne réduit pas les chances de concevoir, mais elle peut entraîner des carences en minéraux essentiels pour la fertilité.

Une fois qu’on a envie d’avoir un enfant, on est généralement très impatiente, et on espère très fort que le test de grossesse sera positif dans la foulée, avant les prochaines règles 🙂 Sauf qu’il arrive très souvent que ce bébé qu’on attend avec joie mette un peu de temps à pointer le bout de son nez :s

C’est d’autant plus vrai quand on a pris une contraception hormonale, et notamment une pilule contraceptive : il faut en effet un petit temps à notre corps, à nos hormones naturelles et à notre cycle menstruel pour retrouver leur rythme de croisière. Quel est le délai pour tomber enceinte après l’arrêt de la pilule ? Combien de temps faut-il attendre pour retrouver sa fertilité ? On vous explique tout dans ce qui suit 🙂



fonctionnement pilule contraceptive

Comment fonctionne la pilule contraceptive ?

Pour bien comprendre pourquoi il y a souvent un délai entre l’arrêt de la pilule et un début de grossesse, voyons ensemble comment marche cette contraception hormonale.

Dans la plupart des cas, la pilule contraceptive bloque l’ovulation. En effet, elle leurre le cerveau, en lui faisant croire qu’une grossesse a débuté, grâce aux hormones de synthèse qu’elle contient : ainsi, le cerveau n’envoie pas de FSH aux ovaires, l’hormone qui commande la maturation des follicules ovariens, débouchant ensuite sur l’ovulation. Les follicules, qui ne se développent pas, ne sécrètent pas d’oestrogènes et comme il n’y a pas d’ovulation, on n’a pas non plus de corps jaune et de progestérone.

Le dialogue cerveau/ovaires est rompu, ou en tout cas, totalement altéré. Les pilules combinées, contenant des oestrogènes de synthèse et un progestatif fonctionnent de cette manière, ainsi que certaines pilules progestatives.

hormones cycle menstruel naturel
Hormones sous cycle menstruel naturel
hormones sous pilule
Hormones sous pilule

Par ailleurs, même lorsqu’elle ne bloque pas l’ovulation, la pilule contraceptive altère la glaire cervicale et l’endomètre, ce qui complique fortement les chances de fécondation et de nidation.

La glaire cervicale est un mucus sécrété par le col de l’utérus, durant la période de fertilité de la femme, sous l’influence des oestrogènes. À l’approche de l’ovulation, elle devient très étirable, translucide et lubrifiée, comme du blanc d’oeuf cru : cette texture lui permet de protéger les spermatozoïdes de l’acidité du vagin jusqu’à 5 jours avant l’ovulation, de faciliter leur passage et de les « escorter » jusqu’à l’ ovule. Or, la pilule progestative modifie la glaire cervicale, elle l’épaissit et l’acidifie, ce qui complique sérieusement la tâche des spermatozoïdes pour aller rejoindre l’ ovule !

La pilule contraceptive vient également atrophier l’endomètre, la muqueuse utérine : au cours d’un cycle menstruel naturel, les oestrogènes épaississent cette muqueuse sur la première partie du cycle, puis la progestérone naturelle la vascularise, afin qu’un embryon puisse s’y implanter. Sous pilule, ses variations hormonales n’ayant pas lieu, l’endomètre ne se développe pas aussi bien ! De plus, la muqueuse utérine est moins vascularisée sous pilule, ce qui contribue à sa non-réceptivité pour une éventuelle nidation.


redémarrage cycle menstruel arrêt pilule

Arrêt de pilule : combien de temps faut-il au cycle menstruel pour redémarrer ?

Comme on vient de le voir, la prise de la pilule contraceptive vient profondément modifier le fonctionnement du corps féminin, du cerveau aux ovaires, en passant par l’utérus. Cela explique pourquoi il est très rare de tomber enceinte tout de suite après l’arrêt de la pilule !

Le délai de grossesse après l’arrêt de la pilule est assez variable selon les femmes, car nous sommes toutes différentes. Tout dépend en fait du laps de temps nécessaire pour que le dialogue cerveau- ovaires se rétablisse, et que le cycle menstruel et l’ovulation reprennent de manière régulière. C’est ce qui explique aussi pourquoi beaucoup de femmes sont en situation d’aménorrhée (lien) après l’arrêt de la pilule : elles n’ont plus leurs règles pendant quelques temps, car l’ovulation a du mal à reprendre.

Selon une étude de l’INED (Institut National des Etudes Démographiques) parue en 2010, il faut compter un délai de 7 mois en moyenne pour avoir un enfant, qu’on prenne la pilule contraceptive ou non. Une autre étude a quant à elle démontré qu’il fallait prévoir un délai d’environ 3 cycles pour concevoir chez les femmes ayant pris une pilule contraceptive, le délai étant plus long pour les contraceptifs hormonaux injectables, par exemple.


fertilité après arrêt pilule

Comment savoir quand on est fertile après l’arrêt de la pilule contraceptive ?

Une fois qu’on a arrêté la pilule (ou tout autre moyen de contraception) pour tomber enceinte, il est crucial de bien repérer la reprise de l’ovulation, afin de viser juste et d’avoir un rapport sexuel au bon moment. Surtout que, comme on vient de le voir, l’ovulation ne se produit pas tout de suite après l’arrêt de la pilule (c’est surtout vrai pour les pilules oestro-progestatives, puisque certaines pilules progestatives ne bloquent pas l’ovulation).

En effet, une fois que le dialogue hormonal a repris et que le cycle menstruel a repris son rythme de croisière, c’est un peu ballot de « rater le coche » : parfois, des essais bébé s’éternisent pour cette seule raison !

La fenêtre de fertilité féminine

fenêtre de fertilité femme

À la différence des hommes qui sont fertiles tous les jours, les femmes ne sont fertiles que 5-7 jours par cycle menstruel :

  • Jusqu’à 5 jours avant l’ovulation, la glaire cervicale, qui est alcaline, protège et nourrit les spermatozoïdes de l’acidité du vagin. Ainsi, ils peuvent attendre que l’ ovule soit libéré dans les cryptes du vagin !

  • Une fois expulsé, l’ ovule a une durée de vie limitée : la fécondation doit avoir lieu dans les 12-24 heures avant qu’il ne s’auto-détruise !

Repérer son ovulation et sa fenêtre de fertilité

Beaucoup d’entre nous avons déjà utilisé un calendrier d’ovulation et/ou une application de suivi de cycle menstruel pour identifier notre période fertile sur le cycle menstruel en cours. Sauf que !

Ces outils, bien que très pratiques, ne sont pas très forts pour bien identifier l’ovulation et la période de fertilité : en effet, ils se basent sur des calculs et des statistiques, en fonction de deux éléments :

  • L’ovulation a toujours lieu 14 jours avant les règles : or, la phase post ovulatoire dure de 11 à 16 jours, quand le cycle menstruel est bien équilibré, et elle peut être plus courte, en cas d’insuffisance en progestérone, par exemple !

  • La durée de vos cycles précédents : le problème ici est qu’on ne peut pas connaître la durée d’un cycle à venir, car l’ovulation peut se produire n’importe quand, et peut être décalée selon les aléas de la vie (notamment à cause du stress). Ainsi, même si vous avez l’habitude d’ovuler entre J12 et J16, par exemple (car oui, on n’ovule pas forcément le 14ème jour du cycle non plus), votre ovulation peut avoir lieu plus tôt ou plus tard sur le cycle à venir. En matière de cycle menstruel et d’ovulation, on ne peut pas se baser sur le passé pour prédire l’avenir 🙂

symptothermie

C’est la raison pour laquelle on ne ne vous recommande pas ces outils pour dater votre ovulation. Néanmoins, on vous rassure, il existe une méthode pour la repérer avec précision : la symptothermie !

La symptothermie est une méthode naturelle d’observation du cycle, qui se base sur les deux bio-marqueurs de l’ovulation, la glaire cervicale et la température :

  • On l’a dit plus haut, la glaire cervicale présente une consistance très particulière à l’approche de l’ovulation, transparente, lubrifiée et élastique. Elle est produite sous l’influence des oestrogènes, et lorsqu’elle a cette texture, cela signifie qu’ils sont très présents ! Or, le moment où la sécrétion d’oestrogènes est la plus importante, c’est au moment de l’ovulation : la nature est bien faite 😉 Après l’ovulation, la progestérone remplace les oestrogènes et la glaire s’assèche.

  • La température : la progestérone a également pour effet de légèrement augmenter la température, de l’ordre de 0,3 degrés. Comme cette hormone n’est sécrétée qu’après l’ovulation par le corps jaune, on sait que l’augmentation de la température signifie que l’ovulation a eu lieu.

La combinaison de ces deux signaux permet de voir l’ovulation venir (grâce à la présence et la montée en qualité de la glaire cervicale) et de confirmer qu’elle a eu lieu (avec l’assèchement de la glaire et l’élévation de la température). On peut également observer le col de l’utérus, qui est un indicateur complémentaire facultatif.

Cela signifie que quand vous voyez de la glaire cervicale (qu’on appelle aussi des pertes blanches par abus de langage) crémeuse, laiteuse voire blanc d’oeuf cru dans votre culotte, vous pouvez tout donner, car l’ovulation n’est plus très loin ! 🙂 Cela devrait vous aider à réduire le délai de grossesse après la pilule, tout en sachant que d’après l’étude de l’INED, même en ayant un rapport pile au bon moment, les chances de tomber enceinte sont de 25% en moyenne. Et oui, la fertilité est une combinaison de plusieurs éléments : le bon timing, mais aussi la qualité ovocytaire, la qualité des spermatozoïdes de Monsieur (qu’on peut évaluer avec l’aide d’un spermogramme, les apports nutritionnels, etc 🙂

Si vous souhaitez creuser ce point de la symptothermie (mais aussi de tout le reste !), sachez qu’on l’aborde en détail dans le Fertility Club, notre programme dédié aux femmes et aux couples qui sont en désir d’enfant 🙂


pilule fertilité féminine

Est-ce que la pilule contraceptive réduit la fertilité des femmes ?

Très bonne question ! 🙂

Tout d’abord, pendant la période de prise, il est évident que la pilule contraceptive réduit la fertilité, puisque c’est son rôle 🙂 Toutefois, on peut quand même tomber enceinte sous pilule (lien), puisqu’aucun contraceptif (à part l’abstinence !) n’est fiable à 100% !

Ensuite, aucune étude n’indique clairement que les chances de tomber enceinte après la prise d’une pilule soient compromises. La pilule est une méthode de contraception tout à fait réversible, même s’il faut souvent attendre un peu pour démarrer une grossesse une fois qu’on l’a arrêtée. Elle n’entraîne pas d’infertilité au long cours !

Néanmoins, plusieurs études (que vous trouverez dans l’encadré présent à la fin de cet article) ont démontré que la prise prolongée d’une pilule hormonale peut entraîner des carences, ou du moins des diminutions significatives de certains vitamines et minéraux clés pour la fertilité : vitamines du groupe B (dont la précieuse vitamine B9), en magnésium, en fer, en zinc, coenzyme Q10 et sélénium (qui sont très importants pour la qualité ovocytaire). Cette carence en certains nutriments est l’un des effets secondaires de la pilule à connaitre :s

Ainsi, si vous souhaitez optimiser votre fertilité après un arrêt de pilule, une période de reminéralisation avec des apports en vitamines et minéraux ciblés est souvent recommandée ! Si vous souhaitez être accompagnée à ce sujet, ce sont des éléments qui ont une large place dans le Fertility Club 🙂

A contrario, prendre la pilule n’augmente pas les chances de tomber enceinte : en effet, on pourrait penser que la prise de pilule « épargne » nos ovocytes, puisqu’on n’ovule pas, mais ce n’est pas tout à fait vrai ! En effet, nous naissons avec près de 400 000 ovocytes et nous ovulons environ 400 fois au cours de notre vie : ainsi, « sauter » certaines ovulations n’a pas beaucoup d’impact sur notre réserve ovarienne ! De plus, nos ovocytes s’altèrent avec le temps et la pilule ne contrecarre pas ce phénomène physiologique.


questions fréquentes

Pour résumer – Questions fréquentes


pilule

Vous avez maintenant votre réponse quant au délai pour tomber enceinte après l’arrêt de la pilule 🙂 Le retour à la fertilité n’est pas immédiat même s’il est possible de tomber enceinte rapidement, puisque le cycle menstruel est souvent opérationnel au bout de 2-3 mois.

En réalité, il n’y a pas vraiment de timing universel, puisque tout dépend du type de pilule utilisé et de la physiologie de chacune d’entre nous, ainsi que de nos habitudes d’hygiène de vie. Parfois les choses vont très vite, mais pour certaines, le délai est plus long pour avoir un bébé 🙁 En tout cas, sachez qu’il existe des manières de repérer l’ovulation pour « viser juste » grâce à la symptothermie et qu’on peut aussi vous accompagner dans le Fertility Club si vous sentez que le délai est un peu trop long pour vous <3

Dans tous les cas, on espère fort que cet article vous aura été utile et si vous avez une question qui n’aurait pas trouvé de réponse, on est à votre disposition en commentaires !

Aménorrhée : les raisons qui expliquent une absence de règles

aménorrhée

Les idées clés

  • L’aménorrhée désigne l’absence de règles depuis au minimum 3 mois.
  • Elle peut être primaire si les règles n’ont jamais débuté, ou secondaire, si la femme a déjà été réglée par le passé.
  • L’aménorrhée est normale en cas de grossesse, de ménopause ou d’allaitement. Elle peut aussi survenir après l’arrêt d’une contraception hormonale, le temps que le cycle menstruel reprenne du service.
  • Les règles sont toujours la conséquence d’une ovulation réussie.
  • L’absence de règles peut venir d’un problème de l’ovulation (venant soit du cerveau, soit des ovaires), d’un anomalie mécanique (utérus absent ou présentant des adhérences, col de l’utérus bouché, etc.) ou d’un trouble génétique.
  • Le traitement de l’aménorrhée dépend de sa cause, et il est possible de relancer le cycle menstruel et les règles grâce à des solutions médicales et/ou axées sur l’hygiène de vie.

Les règles ne sont pas toujours nos meilleures amies, mais il faut bien avouer que quand elles sont absentes, on se pose généralement beaucoup de questions (la première étant, « est-ce que je suis enceinte ? »), surtout si on est en essai bébé et que notre test de grossesse est négatif.

Cette absence des règles porte un nom médical, l’aménorrhée, et elle peut avoir des causes très variées, qu’elles soient hormonales ou mécaniques. Dans cet article, nous allons voir en détail pourquoi, parfois, nos règles jouent aux abonnées absentes 🙂



définition aménorrhée

Qu’est-ce que l’aménorrhée ?

L’aménorrhée désigne l’absence de règles, et ce, depuis au moins 3 mois. Un simple retard de règles de quelques jours, d’une ou deux semaines, n’est donc pas une aménorrhée !

On distingue généralement l’aménorrhée primaire ou et l’aménorrhée secondaire.

Aménorrhée primaire

On parle d’aménorrhée primaire lorsque la jeune fille n’a toujours pas eu ses premières règles à l’âge de 16 ans. En effet, les premières règles se présentent entre l’âge de 10 et 15 ans, généralement deux ans après l’apparition des premiers caractères sexuels secondaires lorsque la puberté démarre, à savoir les seins, les poils et l’élargissement des hanches (entre autres).

Une adolescente qui souffre d’aménorrhée primaire peut avoir des caractères sexuels développés ou non, en fonction de la cause de son absence de règles et de cycle menstruel.

Aménorrhée secondaire

L’aménorrhée secondaire, quant à elle, désigne l’absence de règles depuis plus de 3 mois chez une femme qui a déjà eu ses règles. Hormis durant la ménopause, la grossesse et l’allaitement, cette mise en pause du cycle menstruel chez une femme en âge de procréer n’est pas normale !


cycle menstruel

Pourquoi les femmes ont leurs règles tous les mois ?

Le cycle menstruel et les règles font partie de nos vies de femme : même si on s’en passerait bien parfois, nos menstruations sont la preuve que notre corps fait en sorte d’ovuler, cycle après cycle, qu’on ait envie d’avoir des enfants ou non 🙂

Et c’est très bien, car nos hormones féminines, les oestrogènes et la progestérone ont plein de bonnes choses à nous apporter, autant sur le plan physique (santé cardiovasculaire, ostéo-articulaire, etc.) que mentale (diminution de l’anxiété, production de neurotransmetteurs apaisants et dynamisants, etc.). D’ailleurs, vous saviez que le cycle menstruel est le 5ème signe vital selon le Collège Américain des Obstétriciens et Gynécologues ? 🙂

Les règles surviennent en moyenne tous les 21 à 35 jours : en effet, notre cycle menstruel ne dure pas forcément 28 jours, et sa longueur peut varier d’une femme à l’autre et d’un cycle à l’autre.

Et, l’élément essentiel à retenir, c’est qu’elles sont toujours la conséquence de l’ovulation : en effet, le corps ovule à chaque cycle, et, en l’absence de fécondation, la muqueuse utérine bâtie au fil du cycle se détache et est évacuée grâce aux saignements.

Le cycle menstruel se découpe en 2 parties :

  • Des règles à l’ovulation, ce sont les oestrogènes qui dominent. Au tout début du cycle, l’hypothalamus, une aire de notre cerveau, envoie une hormone, la GnRH, à une autre zone cérébrale, l’hypophyse. L’hypophyse, en réponse, stimule les follicules ovariens situés dans nos ovaires, en envoyant de la FSH. Les follicules se mettent à maturer et ce faisant, ils sécrètent des oestrogènes. Or, les oestrogènes ont, parmi leurs nombreux rôles, la mission d’épaissir l’endomètre ! Au bout de quelques jours, un follicule devient dominant et manifeste sa présence par une sécrétion massive d’oestrogènes. Cette quantité maximale d’oestrogènes est détectée par le cerveau, qui lance l’ovulation en produisant une nouvelle hormone, la LH. L’ovulation se produit dans les 16 heures qui suivent.

  • De l’ovulation aux règles, les oestrogènes sont moins présents et c’est la progestérone, sécrétée par le corps jaune, qui prédomine. Le corps jaune est le follicule vidé de son ovocyte et il va sécréter de la progestérone de manière exponentielle pendant 7 jours, dans le but de préparer une grossesse : la progestérone va alors vasculariser la muqueuse utérine construite et épaissie par les oestrogènes, afin d’en faire un nid douillet dans lequel l’embryon va s’accrocher s’il y a eu une fécondation, mais aussi bien la maintenir en place. Si elle n’a pas eu lieu, le corps jaune s’essouffle, la production de progestérone chute : l’endomètre n’est plus maintenu et les règles démarrent.

dialogue cerveau ovaires cycle menstruel

Vous l’aurez donc compris, l’ovulation et les règles sont le fruit de toute une cascade hormonale, entre le cerveau et les ovaires. Pas d’ovulation, pas de règles !

hormones cycle menstruel


Dans quels cas l’absence de règles est-elle normale ?

Nous avons commencé à l’évoquer précédemment, mais certaines situations tout à fait physiologiques peuvent expliquer une absence de règles.

grossesse aménorrhée

Grossesse

La grossesse est une situation très connue d’aménorrhée : il n’est d’ailleurs pas rare d’entendre parler de « semaines d’aménorrhée » pour dater une conception !

En effet, lorsqu’une femme tombe enceinte, elle produit beaucoup de progestérone : or, cette hormone, en plus de vasculariser et maintenir l’endomètre, bloque l’ovulation. En effet, elle est la « gardienne du temple », et protège la grossesse : ce faisant, elle inhibe la sécrétion de LH par le cerveau et empêche qu’une nouvelle ovulation/fécondation vienne perturber la grossesse en cours ! Une femme enceinte ne peut donc pas avoir ses règles, même si des saignements de grossesse peuvent survenir.

C’est la raison pour laquelle il faut toujours faire un test de grossesse en cas de retard de règles, pour écarter cette possibilité 🙂

allaitement aménorrhée

Allaitement

Lorsqu’une femme allaite, elle produit une hormone toute particulière : la prolactine. Or, la prolactine a pour particularité, elle aussi, d’interférer avec l’ovulation ! En effet, en cas d’allaitement, le cerveau estime qu’il est éventuellement trop tôt pour commencer une nouvelle grossesse.

L’allaitement peut donc bloquer le cycle (ou du moins le perturber) et la méthode MAMA est d’ailleurs un moyen de contraception à la disposition des jeunes mamans, pendant les 6 premiers mois du bébé.

ménopause

Ménopause

Lorsque le cycle menstruel et le processus ovulatoire s’arrêtent totalement, on entre en ménopause. La ménopause intervient en moyenne vers 51 ans et est diagnostiquée après une absence de règles de plus d’un an.

Ceci étant dit, les cycles peuvent commencer à cafouiller bien avant, lors de la périménopause : en effet, le cycle menstruel met des années à s’arrêter totalement, et avant cela, les ovulations peuvent se raréfier et les cycles devenir plus longs, ce qui conduit à des périodes d’aménorrhée, d’absence de règles plus ou moins longues.

pilule et absence de règles

Pilule contraceptive

Cette dernière situation n’est pas vraiment physiologique, mais elle est néanmoins très courante. En effet, lorsque l’on prend une pilule contraceptive combinée (et certaines pilules progestatives), l’ovulation est bloquée. Le cycle menstruel est donc en pause et les règles aussi !

Car oui, les règles sous pilule, sont en fait des hémorragies de privation, qui ne sont pas la conséquence d’une ovulation sans fécondation comme les vraies menstruations, mais simplement une réaction de notre corps à la soudaine chute hormonale artificielle induite par la pause entre les plaquettes.

Par ailleurs, les femmes qui ont une contraception seulement basée sur un progestatif (une version chimique de la progestérone, sous forme d’une pilule ou d’un stérilet, par exemple) n’ont généralement plus leurs règles. En effet, si les oestrogènes naturels ne sont pas remplacés par une version synthétique, la muqueuse utérine n’est pas épaissie, et il n’y a donc rien à évacuer au moment de la semaine de pause.

Même chose pour les femmes qui prennent la pilule en continu : étant donné qu’il n’y a pas de pause entre les plaquettes, il n’y a aucune chute hormonale, l’endomètre se maintient (bien qu’il soit très très fin) et les saignements ne se déclenchent pas.

Enfin, il n’est pas rare que les règles mettent un certain temps à revenir après l’arrêt de la pilule : en effet, il faut un certain temps au dialogue cerveau/ovaires pour reprendre de manière fluide afin de relancer une ovulation. Il peut donc y avoir quelques loupés qui vont repousser l’ovulation et donc les règles, et donc éventuellement une période d’aménorrhée post pilule.


Aménorrhée : quelles en sont les causes ?

Les causes d’absence de règles sont nombreuses ! Elles peuvent provenir d’un déséquilibre hormonal (au niveau ovarien ou cérébral), d’une anomalie au niveau de l’utérus, du col de l’utérus ou du vagin, ou encore d’un problème génétique. Certains médicaments peuvent aussi être en cause !

Un problème d’ovulation

anovulation

Pour que les règles soient présentes, il faut qu’une ovulation ait eu lieu dans les 16 jours qui précèdent. Ainsi, une aménorrhée primaire ou secondaire peut s’expliquer par un blocage de l’ovulation, un souci lors de l’une des étapes du cycle menstruel.

Le blocage peut venir du cerveau, au niveau de l’axe hypothalamo-hypophysaire : un stress intense (physique ou mental), ainsi que des carences et une masse graisseuse trop faible (en cas d’anorexie mentale par exemple, mais aussi d’un excès de sport) peuvent provoquer un arrêt des règles. Pourquoi ? Parce que l’hypothalamus est le point de contact entre les systèmes nerveux et hormonal : s’il détecte que nous sommes trop fragiles émotionnellement ou physiquement, il va nous placer en mode survie et clairement, pour lui, ce n’est pas le moment d’enfanter. La production de GnRH et de FSH par l’hypophyse sont donc ralenties et les follicules ovariens ne sont pas stimulés.

Ce blocage peut aussi venir d’une tumeur bénigne au niveau hypophysaire, ou d’un adénome à prolactine, qui peut provoquer une production trop importante de cette hormone, même si on n’est pas enceinte. Or, souvenez-vous, la prolactine entrave l’ovulation !

Lorsque le blocage vient de la zone cérébrale, la LH et la FSH sont généralement basses, tout comme les oestrogènes.

L’inhibition de l’ovulation peut aussi venir d’un problème au niveau ovarien : dans ce cas, les follicules ne répondent pas, ou pas bien, aux sollicitations du cerveau. Cela peut arriver en cas d’insuffisance ovarienne précoce ou de périménopause (les follicules commencent à fatiguer), par exemple. Aux analyses, on peut avoir une FSH haute et des oestrogènes bas, car le cerveau « hurle » sur les ovaires pour essayer de se faire entendre, sans succès. Or, sans oestrogènes, pas d’ovulation et pas d’épaississement de l’endomètre, ce qui explique que les règles soient absentes.

SMOP (ex SOPK)

On peut également citer le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP, ex SOPK) , un trouble hormonal complexe qui peut bloquer l’ovulation, allonger les cycles et donc se manifester par des périodes d’aménorrhée. En cas de syndrome métabolique ovarien polyendocrinien , la LH peut être chroniquement élevée par rapport à la FSH, ce qui perturbe la maturation folliculaire et le processus ovulatoire. Le souci, c’est qu’un pic de LH est indispensable pour permettre l’expulsion de l’ovocyte au moment de l’ovulation ! Par ailleurs, les follicules peuvent être bloqués dans leur développement, sans qu’aucun ne parvienne à maturité : ils débutent leur croissance en début de cycle, mais n’achèvent pas le processus. C’est ce phénomène qui explique l’aspect « polykystique » des ovaires observé à l’échographie : il ne s’agit pas de véritables kystes, mais de follicules immatures.

Le SMOP peut également se manifester par une hyperandrogénie (taux élevés d’androgènes, comme la testostérone), qui peut provoquer des symptômes comme une perte de cheveux marquée (alopécie), de l’acné ou un hirsutisme (poils sur des zones habituellement masculines, comme le menton ou le torse). En revanche, les œstrogènes sont souvent normaux ou modérément élevés, bien que parfois bas.

Le diagnostic de SMOP, toujours posé par un médecin, repose sur les critères de Rotterdam : il est établi lorsqu’au moins deux des trois caractéristiques suivantes sont présentes, après exclusion d’autres causes possibles :

  • Un trouble de l’ovulation (cycles irréguliers ou anovulatoires),

  • Une hyperandrogénie clinique (des manifestations visibles) ou biologique (démontrée par les prises de sang)

  • Des ovaires à l’aspect polykystique à l’échographie (plus de 20 follicules par ovaire ou un volume ovarien accru).

cause mécanique aménorrhée

Un problème mécanique

Il arrive aussi parfois que les règles soient tout simplement bloquées par un problème mécanique ou une particularité anatomique :

  • Une absence d’utérus, qu’elle soit de naissance ou suite à une hystérectomie (ablation de l’utérus)

  • Un blocage au niveau de l’utérus : des adhérences utérines (qu’on appelle aussi synéchies), qui sont parfois une séquelle d’une intervention chirurgicale)

  • Un blocage au niveau du col de l’utérus (sténose cervicale),

  • Un blocage au niveau du vagin (comme une fusion des lèvres, par exemple).

Dans ce cas, la sécrétion hormonale est normale mais l’endomètre ne peut pas être évacué, ou est inexistant si l’utérus est absent.

Certains médicaments

La prise de certains médicaments peut entraver, voire bloquer le processus ovulatoire :

  • des antidopaminergiques qui augmentent la prolactine

  • des neuroleptiques ou anti-dépresseurs qui jouent sur le complexe hypothalamo-hypophysaire

  • La radiothérapie et la chimiothérapie

  • Entre autres !

On peut également citer les anti-inflammatoires, qui, lorsqu’ils sont pris de façon chronique, peuvent perturber l’ovulation : en effet, le follicule, pour expulser son ovocyte, a besoin de provoquer une petite réaction inflammatoire pour pouvoir rompre sa membrane.

Anomalies génétiques

En effet, certaines anomalies génétiques peuvent perturber le cycle menstruel et donc provoquer une aménorrhée primaire, dès la puberté. On peut citer le syndrome de Turner, qui est est une anomalie chromosomique qui affecte les femmes et qui résulte d’une absence totale ou partielle d’un chromosome X. Ainsi, les ovaires ne se développent pas normalement et ne produisent pas d’oestrogènes ; par ailleurs, l’utérus est généralement atrophié.

thyroïde absence de règles

Un déséquilibre au niveau de la thyroïde

Un problème thyroïdien peut provoquer une aménorrhée, car la thyroïde joue un rôle clé dans la régulation hormonale, notamment au niveau de l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien. Les déséquilibres thyroïdiens (hyperthyroïdie ou hypothyroïdie) peuvent donc perturber les cycles menstruels de différentes manières !

L’hypothyroïdie (insuffisance de production d’hormones thyroïdiennes) peut causer une aménorrhée, car elle ralentit tout le métabolisme, et donc, le cycle menstruel. De plus, l’hypothyroïdie peut faire augmenter le taux de prolactine et perturber le développement des follicules.

À l’inverse, une hyperthyroïdie peut (l’excès d’hormones thyroïdiennes) peut altérer la pulsation de la GnRH, affectant la libération de FSH et LH. Par ailleurs, l’augmentation du métabolisme peut entraîner une perte de poids importante ou une carence énergétique, ce qui, on l’a vu, peut bloquer l’ovulation.


traitement aménorrhée

Comment « relancer » les règles ?

Une fois qu’on a dit tout ça, une question (légitime) se pose : comment retrouver ses règles, comment retrouver une ovulation ?

Très souvent, les professionnels de santé proposent de « relancer le cycle » grâce à un traitement progestatif (comme le Duphaston) : cette piste ne semble néanmoins pas forcément efficace, car la progestérone de synthèse ne permet pas de relancer l’ovulation. Elle induit simplement une hémorragie de privation et permet de reprendre le cycle de zéro. Néanmoins, rien ne garantit que l’ovulation aura bien lieu au cycle suivant ! De plus, si le Duphaston par exemple est pris trop tôt, alors qu’une ovulation se préparait, la progestérone de synthèse qu’il contient peur contrecarrer l’ovulation.

La prise en charge va plutôt dépendre de la raison de ce blocage du cycle menstruel, qu’elle soit hormonale ou mécanique. C’est la raison pour laquelle, généralement, le médecin réalise à la fois :

  • Un examen gynécologique, pour s’assurer que le vagin et le col soient OK. Chez la jeune fille qui n’a pas encore eu ses règles, on peut vérifier son développement pubertaire (poils, seins).

  • Des examens d’imagerie (IRM, échographie), pour vérifier l’aspect de l’utérus et des ovaires

  • Un bilan hormonal : oestrogènes, LH, FSH, androgènes, mais aussi des hormones thyroïdiennes.

Le médecin commence aussi généralement par vérifier qu’une grossesse ne soit pas en cours, grâce à un test de grossesse urinaire ou sanguin, pour exclure cette possibilité. Il peut vous poser quelques questions sur votre niveau de stress et votre hygiène de vie (trop de sport, une prise alimentaire trop faible, etc.)

Ensuite, en fonction des résultats, le médecin va vous proposer un traitement adapté, voire une intervention chirurgicale (en cas d’une anomalie utérine ou d’un adénome à prolactine, par exemple)

Enfin, en complément de cette prise en charge médicale, ou si tout semble normal aux examens, il est également possible de mettre en place des ajustements d’hygiène de vie : une réduction des sources de stress, une alimentation physiologique avec des nutriments essentiels au bon déroulé du cycle menstruel (bons gras, protéines, vitamines, minéraux, etc), une activité physique adaptée… entre autres !

Si vous ressentez le besoin d’être accompagnée, si vous êtes en situation d’aménorrhée et que vous aimeriez relancer votre cycle menstruel pour avoir un bébé, le Fertility Club est à votre disposition <3


consultation absence règles

Absence de règles : quand consulter ?

N’hésitez pas à aller voir votre médecin traitant, gynécologue ou sage-femme si vos règles sont absentes depuis plus de 3 mois, que vous soyez en post-pilule, ou non. En effet, il n’est pas normal de ne plus avoir ses règles (hors grossesse, ménopause ou allaitement) et l’aménorrhée est souvent le symptôme d’un souci plus profond 🙂


suivi cycle menstruel

Suivre son cycle menstruel, pour repérer ses prochaines règles

Quand les règles manquent à l’appel, on peut vraiment se sentir un peu démunie : toutefois, apprendre à observer votre cycle menstruel peut vous redonner un peu de prise sur la situation 🙂

En effet, l’ovulation est un phénomène qui se passe à l’intérieur de notre corps, certes, mais elle se manifeste par des indices tout à fait précis et observables :

  • la présence et la montée en qualité de la glaire cervicale : il s’agit d’un mucus sécrété sous l’influence des oestrogènes (qu’on appelle souvent « pertes blanches »)

  • la température, qui augmente après l’ovulation, sous l’influence de la progestérone.

Cette combinaison des deux facteurs permet de spotter l’ovulation grâce à une méthode appelée la symptothermie : elle vous permettra d’observer votre cycle, de repérer votre prochaine ovulation et donc vos prochaines règles (qui doivent survenir au max 16 jours plus tard, hors grossesse) !

De plus, ces observations peuvent s’avérer très précieuses pour la prise en charge et le suivi de votre aménorrhée par votre équipe médicale 🙂


questions fréquentes

Pour résumer – Questions fréquentes


Pour conclure, l’aménorrhée est un trouble assez complexe du cycle menstruel, qui peut venir de plein de choses : notre cerveau, nos ovaires, nos hormones, notre anatomie, etc. En tout cas, une chose est sûre : lorsque vos règles se font désirer, il est toujours intéressant de faire un test de grossesse (la base !) et de creuser si le test s’avère négatif.

Heureusement, il existe beaucoup de pistes, autant médicales que naturelles, pour retrouver des règles régulières, et ça, c’est une bonne nouvelle ! Car oui, nos règles, on les aime autant qu’on les déteste : on n’a pas envie de les voir arriver, mais elles sont de précieuses messagères qu’on ovule bien.

Bref, on espère fort que cet article vous sera utile si vous êtes en situation d’aménorrhée 🙂 N’hésitez pas à nous faire vos retours en commentaires !

Cycle menstruel & humeur : comprendre (et apaiser) les montagnes russes émotionnelles

cycle menstruel humeur

Les idées clés

  • Nos hormones féminines (oestrogènes et progestérone principalement) n’influencent pas que nos organes reproducteurs, mais interagissent aussi avec nos neurotransmetteurs responsables de l’humeur.
  • Les oestrogènes favorisent la production de dopamine et de sérotonine, tandis que la progestérone booste le neurotransmetteur GABA, qui nous apaise.
  • Nous sommes généralement plus sociables et de meilleure humeur aux alentours de l’ovulation, grâce aux oestrogènes, tandis que la progestérone nous apporte une relative sérénité quelques jours après l’ovulation.
  • En revanche, la chute hormonale de la fin du cycle menstruel et pendant les règles nous prive de l’effet positif des hormones féminines sur nos neurotransmetteurs, ce qui explique qu’on puisse être plus triste ou irritable durant ces phases de notre cycle.
  • Ces émotions désagréables sont accentuées en cas de syndrome prémenstruel (SPM), de TDPM et/ou de symptômes pénibles comme la fatigue ou les grosses douleurs de règles ou prémenstruelles.
  • Le système nerveux influence aussi notre cycle menstruel et un stress intense peut même bloquer l’ovulation.
  • Si ces montagnes russes émotionnelles sont trop compliquées à gérer, on peut trouver des solutions médicales et naturelles pour apaiser la chute hormonale et les émotions associées.

Est-ce que vous aussi, vous avez remarqué que vous êtes moins patiente ou plus triste à l’approche de vos règles ou pendant ces dernières ? Idem, est-ce que ça vous arrive de vous emballer sur un projet, d’être hyper enthousiaste, avant de finalement vous dire, à peine quelques jours après que c’est une super mauvaise idée, parce que vous n’y arriverez jamais ?

Bien sûr, tous nos changements d’humeur ne sont pas liés à notre cycle menstruel : les surprises de la vie, notre entourage, les bonnes et les mauvaises nouvelles contribuent à nous rendre joyeuses ou tristes ! Néanmoins, quand on observe son cycle et qu’on note les émotions que l’on ressent au jour le jour, on peut s’apercevoir qu’on est bizarrement, toujours un peu « down » avant nos règles, puis qu’on est de nouveau hyper motivée quelques jours plus tard, une fois qu’elles sont terminées et qu’on ne va pas tarder à ovuler.

Si vous observez cela, sachez que vous n’êtes pas folle ou lunatique, et que cela ne se passe pas que dans votre tête : oui, le cycle menstruel impacte bien plus que notre fertilité, car il agit aussi sur notre humeur, nos émotions et notre équilibre mental. SPM, chute hormonale, variation de la dopamine ou de la sérotonine…comprendre le lien entre cycle menstruel et humeur permet de mieux vivre chaque phase du mois, et c’est tout l’objet de cet article 🙂

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Règles douloureuses : d’où viennent-elles et comment les soulager ?

règles douloureuses

Les idées clés

  • Les règles douloureuses (dysménorrhée) sont très fréquentes, mais elles ne sont pas normales.
  • Elles peuvent être dues à une endométriose, une inflammation locale (au niveau de l’utérus) ou générale, une hygiène de vie un peu déséquilibrée. Elles peuvent aussi être liées à une cause mécanique, comme un kyste ou un fibrome, ou au port d’un stérilet par exemple.
  • Douleurs de règles et syndrome prémenstruel sont souvent corrélés, même si on peut avoir un SPM sans douleurs de règles et vice-versa.
  • On peut prendre des médicaments pour soulager la dysménorrhée et/ou opter pour des solutions plus naturelles, basées sur l’hygiène de vie.

Crampes utérines intenses, tensions dans les reins, seins tendus et ultra-sensibles, migraines… nous sommes très nombreuses à nous plaindre de règles douloureuses ! Selon l’INSERM, 90 % des femmes réglées de 18 à 49 ans présentent une dysménorrhée (le nom scientifique des règles douloureuses), et il s’agit de la première cause d’absentéisme scolaire chez les jeunes filles.

La question est de savoir pourquoi ? Qu’est-ce qui provoque ces douleurs (parfois insoutenables pour certaines) au moment des règles ? Que se passe-t-il dans notre corps, dans nos hormones et dans notre utérus pour être pliée en deux plusieurs jours par mois ? Dans ce qui suit, nous allons creuser ensemble cette question, mais aussi explorer les pistes qui sont possibles pour les soulager, ces fichues règles douloureuses !

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Peut-on tomber enceinte avec une seule trompe utérine ?

tomber enceinte avec une seule trompe utérine

Les idées clés

  • Les trompes utérines sont essentielles à la fécondation et à la nidation : elles sont le lieu de rencontre entre l’ovule et les spermatozoïdes et le point de passage entre l’ovaire et l’utérus. Lorsque la trompe est bouchée, l’embryon ne peut pas rejoindre l’utérus.
  • Les problèmes de trompes utérines sont l’une des causes principales d’infertilité (même s’il y en a d’autres, comme les troubles de l’ovulation et du cycle menstruel)
  • Une trompe peut être manquante ou obstruée du fait d’une anomalie congénitale, une infection sexuellement transmissible, un hydrosalpinx ou encore une endométriose.
  • Le diagnostic de trompe dysfonctionnelle est posé par un spécialiste (comme un gynécologue) qui pourra réaliser des examens d’imagerie et/ou une coelioscopie.
  • Des solutions existent pour déboucher une trompe utérine et il est aussi possible de passer par un protocole PMA pour contourner l’obstacle de la trompe endommagée ou manquante.
  • Néanmoins, tant que les ovaires fonctionnent bien et qu’il reste une trompe fonctionnelle, une grossesse naturelle est toujours possible.

Le saviez-vous ? Les soucis de trompe utérine (qu’on appelait aussi auparavant trompes de Fallope) sont l’une des principales causes d’infertilité et il n’est d’ailleurs pas rare qu’une femme apprenne que l’une de ses trompes est bouchée après plusieurs mois d’essais infructueux, au détour d’un bilan de fertilité.

Ainsi, la question se pose : est-il possible de tomber enceinte avec une seule trompe ? Est-ce que les chances d’avoir un enfant sont drastiquement réduites ? On ne ménage pas le suspense plus longtemps : oui, il est tout à fait possible de concevoir un bébé avec seulement une trompe ! Et on vous explique pourquoi dans ce qui suit 🙂



rôle trompes de fallope

Quel est le rôle des trompes utérines ?

Les trompes utérines sont des sortes de « canaux », reliant les ovaires et l’ utérus : mais attention ! Contrairement à ce que l’on voit souvent dans les dessins anatomiques, les ovaires ne sont pas du tout reliés aux trompes : ils sont plutôt reliés à l’utérus et il y a en réalité un espace entre l’ovaire et la trompe voisine. Ainsi, au moment de l’ovulation, l’ovule se « jette » dans le vide, avant d’être happé et récupéré par la trompe.

Les trompes utérines sont le lieu du « date« , le lieu du grand rendez vous entre l’ovule et le spermatozoïde : c’est ici que se déroule la fécondation (plus précisément dans le pavillon de la trompe), puis l’embryon migre vers l’utérus pour s’y implanter : la nidation a lieu 6-7 jours après la fécondation. Les trompes utérines sont en fait dotées de petits cils sur leur paroi, qui poussent et acheminent l’embryon vers l’utérus 🙂

Petit point de vocabulaire : on ne parle désormais plus de trompe de Fallope, mais de trompe utérine. En effet, ce terme permet de comprendre clairement de quoi on parle et de nos jours, la tendance est plutôt de gommer les noms éponymes, les noms qui font référence aux scientifiques qui ont découvert certaines parties de notre anatomie et de leur donner des noms précis. Dans la mesure où il est essentiel de mieux comprendre le corps des femmes, ce petit « détail » de désignation nous semble important ! 🙂


causes obstruction trompes de fallope

Quelles sont les causes d’obstruction ou de perte d’une trompe ?

Les trompes utérines sont donc essentielles à la conception : néanmoins, il arrive que certaines femmes aient les trompes bouchées ou bien qu’elles en aient perdu une, ce qui pourrait compromettre leurs chances de grossesse. Comment cela arrive-t-il ?

Un hydrosalpinx

Un hydrosalpinx est une accumulation de liquide dans la trompe utérine, qui vient bloquer le passage entre la trompe et l’utérus, totalement ou partiellement. Ce liquide est clair, séreux ou visqueux, mais stérile, et peut être également inflammatoire et toxique pour les embryons.

L’hydrosalpynx peut être causé par une IST comme la chlamydia ou la gonorrhée : en effet, lorsqu’elles ne sont pas traitées, ces infections sexuellement transmissibles provoquent une inflammation de la trompe, qu’on appelle une salpingite. Cette inflammation peut conduire à la formation de cicatrices et à l’obstruction partielle ou totale de la trompe.

Cela dit, les IST ne sont pas les seules causes possibles d’hydrosalpinx : l’endométriose par exemple, peut également générer beaucoup d’inflammation et des lésions et adhérences responsables d’une salpingite, et donc d’une obstruction de la trompe. L’endométriose peut également altérer la mobilité de la trompe, qui lui est nécessaire pour récupérer l’ovule au moment de l’ovulation, mais aussi le mouvement des petits cils qui aident l’embryon à progresser vers l’utérus.

De la même manière, une intervention chirurgicale déclenche un processus inflammatoire de cicatrisation, qui peut être à l’origine d’une salpingite et, in fine, d’un hydrosalpinx. Cela inclut particulièrement les chirurgies pelviennes, telles que celles pour traiter une appendicite ou un fibrome.

Une anomalie congénitale ou une malformation

Bien que ce soit assez rare, il arrive que l’une des deux trompes utérines (voire les deux !) présente(nt) une anomalie :

  • Une absence totale de trompes, qu’on appelle aussi aplasie tubaire : dans ce cas, les trompes ne se sont pas développées du tout, l’ovule ne peut pas rejoindre l’utérus et la fertilité est compromise. Ce phénomène peut être partiel, avec le développement d’une seule trompe sur les deux, c’est l’agenèse unilatérale (mais on va le voir, cela ne remet pas forcément en cause votre capacité à concevoir !)

  • Les trompes peuvent mal se développer (hypoplasie tubaire), tant au niveau de leur longueur que de leur diamètre.

  • On peut aussi avoir des trompes mal orientées, déformées ou qui présentent des excroissances.

Ces diverses anomalies peuvent réduire la fertilité féminine, mais aussi augmenter le risque de grossesse extra-utérine, puisque la trompe touchée ne remplit pas sa fonction première, qui est d’acheminer l’embryon vers l’utérus.

Une grossesse extra utérine

La grossesse extra utérine se produit lorsque l’embryon se niche non pas dans l’utérus, mais dans la trompe. Cela peut venir d’une anomalie tubaire ou de l’obstruction de la trompe par un hydrosalpynx, ou encore du port d’un stérilet, qui limite les chances de nidation du bébé dans l’utérus.

En cas de grossesse extra utérine, la grossesse n’est pas viable et il est essentiel d’arrêter le développement embryonnaire au plus vite : plus le bébé grossit, plus le risque que la trompe vienne à se rompre est grand (et dans ce cas, le pronostic vital de la femme est engagé). Quand elle est prise à temps, on peut réussir à sauver la trompe, même si, comme vu précédemment, l’intervention chirurgicale peut aussi provoquer une inflammation locale. Si la grossesse extra utérine est stoppée trop tardivement, les médecins peuvent être obligés de retirer la trompe, déjà trop endommagée par la grossesse.


diagnostic trompes de fallope bouchées

Comment savoir si on a une trompe utérine bouchée ? Symptômes et diagnostic

Hormis les cas où la femme sait que sa trompe a été retirée après une grossesse extra-utérine ou un problème de santé antérieur, il est très compliqué de savoir si on a une trompe bouchée. Ce qui peut mettre la puce à l’oreille, ce sont éventuellement des douleurs pelviennes associées à des essais bébé qui n’aboutissent pas.

Néanmoins, ce n’est vraiment pas évident, et les symptômes peuvent varier en fonction de la physiologie de chacune : ainsi, il est important de consulter un médecin (votre gynécologue) pour obtenir un diagnostic précis, notamment grâce à des examens bien particuliers.

Hystérosalpingographie

L’hystérosalpingographie consiste à injecter du liquide opaque au niveau du col de l’utérus et à suivre la progression de ce produit au niveau des trompes par une radiographie.

Il s’agit d’un examen qui se passe généralement en ambulatoire (il dure environ 30 minutes), mais qui peut être un peu douloureux, ou tout du moins inconfortable. On lui préfère de plus en plus l’Hyfosy (voir ci-dessous), équivalent et bien moins doulourex.

Hystérosonographie (ou sonohystérographie)

L’hystérosonographie est une échographie par voie endovaginale associée à l’injection d’un sérum physiologique ou un produit de contraste dans l’utérus. On utilise l’échographie pour voir si le liquide traverse les trompes.

Cet examen ne provoque pas de radiation et est moins invasif que l’hystérosalpingographie, mais il est aussi moins précis. L’hystérosonographie permet aussi de repérer des kystes ou des fibromes dans l’utérus.

L’hyfosy fait partie des examens d’hystérosonographie, à la différence près que l’hyfosy utilise une mousse de contraste, spécialement conçue pour la visualisation des trompes, au lieu d’un liquide simple. La mousse rend le parcours du contraste beaucoup plus visible à l’échographie, offrant une meilleure précision pour évaluer les trompes 🙂 (et une douleur bien moindre que l’hysterosalpingographie pour la patiente, on l’a vu).

Coelioscopie (ou laparoscopie)

La coelioscopie est une intervention chirurgicale réalisée sous anesthésie générale durant laquelle on insère une caméra dans l’abdomen grâce à une petite incision dans l’abdomen. Un produit est injecté dans les trompes pour voir si elles sont perméables.

Comme il s’agit d’une intervention plus lourde, on en profite généralement pour réparer la trompe endommagée. L’équipe médicale peut alors drainer le liquide accumulé en cas d’hydrosalpinx ou retirer des adhérences et lésions d’endométriose, par exemple.


déboucher trompes de fallope

Trompe utérine bouchée : quelles sont les interventions chirurgicales réalisées ?

Une fois que ces examens sont réalisés par votre spécialiste, quelles sont les suites à donner, pour retrouver des trompes fonctionnelles ?

Coelioscopie

Comme on vient de le voir, votre équipe médicale peut profiter de la coelioscopie pour retirer le liquide accumulé dans la trompe, par exemple. La coelioscopie est donc un examen de diagnostic, mais aussi une intervention chirurgicale réparatrice.

Canulation tubaire

Lorsque l’obstruction est près de l’utérus et que la trompe est en bon état, les médecins peuvent recourir à la canulation tubaire, qui est plus précise et moins invasive que la coelioscopie.

Comment se déroule une canulation tubaire ? Les médecins font simplement passer une sonde fine, pour traverser l’obstacle et déboucher la trompe. Un produit de contraste peut ensuite être injecté pour vérifier qu’il passe bien dans toute la trompe utérine.

La canulation tubaire est réalisée en ambulatoire, sous anesthésie générale ou locale. En revanche, la trompe peut se reboucher au bout de quelques années :s


grossesse avec une seule trompe utérine

Grossesse avec une seule trompe : oui, c’est possible !

Maintenant qu’on a déroulé nos explications assez médicales et un peu techniques, on veut vous redonner un shot d’espoir : oui, vous pouvez tomber enceinte et avoir un bébé avec une seule trompe 🙂

Grossesse spontanée

En effet, il est possible de tomber enceinte avec une seule trompe fonctionnelle, tant que la trompe restante et les ovaires sont sains et fonctionnent correctement. Si vous ovulez bien à chaque cycle et qu’il vous reste une trompe fonctionnelle, l’espoir est permis 😉

Par ailleurs, les chances de grossesse ne sont pas divisées par deux comme on l’entend parfois : en effet, contrairement aux idées reçues, les ovaires n’alternent pas d’un cycle menstruel à l’autre. En réalité, ils se lancent tous les deux dans la course à l’ovulation en début de cycle, et un des deux gagne à la fin ! On peut donc ovuler deux fois de suite du même côté, par exemple.

Et SURTOUT, même si vous ovulez du côté où la trompe est manquante ou bouchée, l’ovocyte peut être aspiré par la trompe opposée : en effet, nos trompes sont mobiles et c’est ce qui fait que, oui, les chances de tomber enceinte sont un peu amoindries en cas de trompe défectueuse ou manquante, mais elles ne sont pas réduites de moitié (et encore moins à zéro !!). Voici une vidéo que l’on a postée sur Instagram, si vous souhaitez un peu mieux visualiser cette incroyable faculté d’adaptation de notre corps 🙂

Enfin, notre fertilité ne dépend pas que de nos trompes utérines : la qualité de nos ovocytes, notre glaire cervicale, la capacité de notre utérus à accueillir un embryon et notre équilibre hormonal sont tout aussi importants !

tomber enceinte avec une seule trompe, PMA

Via un parcours PMA (Procréation Médicalement Assistée)

En revanche, lorsque les deux trompes sont bouchées ou manquantes par exemple, ou si on s’aperçoit que les chances de grossesse sont vraiment compromises par la trompe problématique, on peut totalement contourner ce problème grâce à la procréation médicalement assistée (PMA) ! La PMA peut également être indiquée si d’autres soucis de fertilité ont été détectés, notamment au niveau hormonal.

En général, on propose à la femme de passer par un protocole de fécondation in vitro (FIV) : l’ovulation est stimulée médicalement pour la contrôler et recueillir ensuite des ovocytes matures. Ces ovocytes ne seront pas happés par la trompe, mais fécondés en laboratoire, et les embryons sont ensuite directement introduits dans l’utérus. Ainsi, on court-circuite complètement la trompe et il est ainsi possible d’entamer une grossesse 🙂


questions fréquentes

Pour résumer – Questions fréquentes


Sur ce, on espère que cet article vous aura rassurées quant au fait que oui, il est possible de tomber enceinte avec une seule trompe, si l’une des deux rencontre un problème d’obstruction par exemple, lié à une maladie ou à un souci mécanique.

En cas de doute, surtout, n’hésitez pas à consulter un spécialiste (souvent votre gynécologue), qui pourra réaliser les examens adéquats en fonction de votre situation personnelle et vous proposer une solution adaptée, que ce soit en termes de chirurgie ou de PMA, par exemple. Et surtout, si vous avez une trompe fonctionnelle, la grossesse naturelle est tout à fait possible !

La fertilité n’est également pas qu’une affaire de trompe et comme on l’a évoqué dans l’article, elle dépend d’autres facteurs, liés à votre équilibre hormonal et vos habitudes quotidiennes : si vous souhaitez optimiser naturellement vos chances de concevoir, sachez qu’on aborde ces problématiques en profondeur dans le Fertility Club 🙂

Pour finir, si vous avez des questions ou des remarques à nous faire remonter à la lecture de cet article, n’hésitez pas à nous en faire part en commentaire 🙂

Pourquoi est-il possible de tomber enceinte sous pilule ?

tomber enceinte sous pilule

Les idées clés

  • La pilule contraceptive empêche une grossesse soit en supprimant l’ovulation (pilule oestro-progestative et certaines pilules progestatives), soit en modifiant la glaire cervicale et l’utérus (certaines pilules progestatives).  Quoi qu’il en soit, elle rend impossible soit une fécondation, soit l’implantation d’un embryon. 
  • Son efficacité pratique est de 93%, car elle peut être compromise par un oubli, une diarrhée, des vomissements, ou certaines interactions avec des plantes ou des médicaments.
  • Il peut être compliqué de déceler un début de grossesse sous pilule, car la pilule peut masquer les symptômes : en cas de doute, il faut réaliser un test de grossesse pour en avoir le coeur net.
  • D’autres alternatives à la pilule, qu’elles soient hormonales ou naturelles, sont également disponibles (et parfois plus efficaces).

Saviez-vous que dans plus de 66% des cas, les femmes ayant recours à l’IVG utilisaient un moyen de contraception au moment de leur grossesse ? Cela démontre bien qu’il n’existe pas de contraception absolument infaillible et la pilule contraceptive ne fait pas exception.

En théorie, la pilule empêche toute grossesse non désirée, mais dans les faits, il n’est pas rare d’entendre qu’une femme est tombée enceinte sous pilule. Comment est-ce possible ? Pourquoi, dans certains cas, la pilule n’est pas suffisamment efficace pour empêcher une fécondation ? On vous explique tout ça !



Comment la pilule, en théorie, empêche une grossesse ?

La pilule est une contraception hormonale, qui bloque la plupart du temps l’ovulation. L’ovulation se produit lorsque l’ovule s’échappe de l’ovaire et est capté par la trompe utérine. Il a ensuite 24 heures (grand maximum) pour être fécondé par un spermatozoïde.

Néanmoins, l’ovulation n’est pas un phénomène isolé sur 24 heures : en réalité, le cerveau a travaillé dès le début du cycle (le premier jour des règles) avec les ovaires pour stimuler les follicules en lice sur ce cycle. L’ovulation est donc le résultat d’une cascade hormonale qui prend des jours ! Or, sous pilule, tout ce travail est bloqué par les hormones de synthèse.

Le cycle menstruel, sans pilule

Sans pilule, le cerveau et les ovaires ont donc toute latitude pour s’atteler à l’ovulation :

  • En première partie de cycle, l’hypophyse (une glande située dans le cerveau) envoie une hormone, la FSH, pour stimuler les follicules ovariens, qui contiennent tous un ovule. Ces follicules, en se développant, sécrètent des oestrogènes ; au bout de quelques jours, un follicule devient dominant et se met à produire plein d’oestrogènes pour signaler qu’il est prêt à ovuler. En réponse, le cerveau envoie une autre hormone, la LH : quand tout va bien, l’ovulation se produit dans les 18 heures qui suivent.

  • Après l’ovulation, les oestrogènes font place à la progestérone, sécrétée par le corps jaune, qui est le résidu du follicule ovarien. La progestérone est la gardienne du temple et surtout, d’une éventuelle grossesse : elle vascularise et maintient l’endomètre (la muqueuse utérine) que les oestrogènes ont bâti, elle augmente la température et surtout, elle bloque la LH, empêchant toute nouvelle ovulation jusqu’à la fin du cycle.

Sans grossesse, le corps jaune finit par s’atrophier et la progestérone chute, comme les oestrogènes. L’endomètre se détache et est évacué grâce aux menstruations.

hormones et cycle sans pilule

Le cycle menstruel sous pilule

Sous pilule, les choses sont bien différentes ! Les comprimés contiennent un progestatif, qui a le même effet que la progestérone naturelle sur l’ovulation : il la bloque ! 

C’est le cas de toutes les pilules combinées, ou oestro-progestatives, et d’une partie des pilules progestatives. Dans le cas des pilules micro progestatives, le progestatif moins dosé peut ne pas inhiber l’ovulation, mais la pilule agit alors sur deux autres mécanismes : la glaire cervicale et l’endomètre. 

En effet, le progestatif vient également altérer la glaire cervicale (essentielle à la fécondation), en la compactant pour qu’elle rende le col de l’utérus hermétique au passage des spermatozoïdes, et « atrophier » l’endomètre, afin de réduire les chances de nidation, au cas où une fécondation aurait tout de même lieu.

La pilule étant prise tous les jours ou presque, le cycle menstruel est donc la plupart du temps complètement à l’arrêt, comme si vous étiez enceinte ou en ménopause. Cela signifie aussi que vous ne sécrétez plus d’hormones féminines naturelles : pas d’oestrogènes, ni progestérone, qui permettent bien sûr d’ovuler et de rendre une grossesse possible, mais qui ont aussi beaucoup de bienfaits sur votre santé globale (mais c’est un autre sujet :)).

cycle menstruel sous pilule

Les hormones naturelles sont à plat, mais sont donc remplacées par des hormones de synthèse :

hormones synthétiques pilule

Les pilules combinées contiennent aussi des oestrogènes de synthèse, qui sont en réalité surtout utiles pour épaissir un petit peu l’endomètre et créer de fausses règles durant la semaine d’arrêt de la prise de pilule. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les femmes qui ont une contraception contenant seulement un progestatif (pilule progestative, stérilet hormonal, etc., mais pas les certaines pilules microdosées, on l’a vu) n’ont généralement plus leurs règles, puisque sans oestrogènes, il n’y a pas (ou très peu) d’endomètre à évacuer. Néanmoins, les oestrogènes de synthèse n’épaississent pas autant l’endomètre que les « vrais » et les règles sont généralement moins abondantes sous pilule.

Les oestrogènes de synthèse viennent aussi contrebalancer les effets secondaires de la progestérone de synthèse (comme l’acné, par exemple) : toutefois, ils n’ont pas les mêmes bienfaits que leur version naturelle et on déconseille même à certaines femmes (qui fument ou qui ont des problèmes cardiovasculaires, par exemple) d’y avoir recours.


taux de fiabilité pilule

Quel est le taux de fiabilité de la pilule contraceptive ?

Pour évaluer le taux de fiabilité d’un moyen de contraception, les études se basent sur ce qu’on appelle l’ indice de Pearl. Cet indice donne, sur 100, le nombre de grossesses non désirées observées dans l’année par les femmes/couples qui ont utilisé ce moyen de contraception.

Pour plus de finesse, l’indice de Pearl évalue deux types de fiabilité :

  • La fiabilité théorique, quand le moyen de contraception est parfaitement utilisé (souvent en laboratoire)

  • La fiabilité pratique, qui, elle, prend en compte les aléas de la vraie vie et la manière dont les femmes/couples utilisent cette contraception (avec son lot d’erreurs et d’incompréhensions possibles).

Ainsi, la fiabilité théorique de la pilule, que l’on voit très souvent, est de 99% : en effet, sans ovulation et/ou avec une glaire bloquant l’accès à l’utérus et un endomètre hostile, les chances de fécondation sont largement réduites. Toutefois, le taux de fiabilité pratique de la pilule est de seulement 93% : cela signifie que sur 100 femmes ayant pris la pilule durant l’année écoulée, 7 d’entre elles sont tombées enceintes par accident.


causes inefficacité pilule

Qu’est-ce qui peut réduire l’efficacité de la pilule ?

Mais comment est-ce possible ? Dans quels cas la pilule contraceptive peut « faillir » et ne pas réussir à bloquer l’ovulation ?

L’ oubli de comprimé

La pilule est une contraception exigeante, puisqu’elle demande de penser à sa pilule tous les jours et de la prendre à heure fixe : en effet, les pilules combinées tolèrent un retard de 12 heures, mais les pilules progestatives, généralement, doivent être prises sous un délai de 3 heures.

C’est la raison pour laquelle les oublis sont fréquents ! Et, selon le Dr Martin Wrinkler qu’on avait reçu dans notre épisode de podcast sur les règles sous pilule, les oublis sont surtout nombreux au moment de reprendre une nouvelle plaquette. Or, il est crucial, surtout sur la première semaine de prise, d’être super rigoureuse et sérieuse dans sa prise de pilule, car si on oublie un comprimé, le dialogue cerveau/ovaires peut reprendre et mener à une ovulation.

Dès lors, si vous vous rendez compte que vous avez oublié un comprimé, prenez-le, mais surtout, utilisez une autre méthode de contraception (comme le préservatif) jusqu’à la fin de votre plaquette, car vous n’êtes potentiellement plus protégée.

Les diarrhées et vomissements

Il arrive aussi parfois que, même si on fait très attention à ne rater aucun comprimé, celui-ci soit éliminé par une diarrhée ou des vomissements, qui évacuent la pilule avant qu’elle ne soit assimilée par notre corps.

Ainsi, si vous avez une forte diarrhée ou des vomissements dans les 4 heures qui suivent la prise de votre comprimé, n’hésitez pas également à vous protéger jusqu’à la fin de votre plaquette.

Certains traitements et plantes

On ne le sait pas toujours, mais certaines plantes et certains médicaments peuvent avoir des interactions avec la pilule et minimiser son action contraceptive. C’est par exemple le cas de plantes comme le millepertuis, le gattilier ou le charbon actif, mais aussi certains antibiotiques, anticonvulsivants, antirétroviraux ou antifongiques.

De manière générale, prévenez toujours le médecin qui vous prescrit votre pilule (médecin traitement, gynécologue, sage-femme) si vous prenez certaines plantes, compléments alimentaires ou traitements médicaux 🙂

Une nidation toujours possible, malgré la prise d’une pilule micro-progestative

Pour finir, les pilules micro-progestatives, qui ne bloquent pas l’ovulation, peuvent elles aussi, dans certains cas, faillir à rendre le corps (et notamment la glaire cervicale et l’endomètre) impropre à une grossesse.

Tout d’abord, là encore, les pilules micro-progestatives nécessitent une prise très rigoureuse, souvent à heure fixe (elles ne tolèrent que 3 heures de retard de prise, contre 12 pour les pilules combinées). Par ailleurs, les variations hormonales et métaboliques propres à chaque femme peuvent influencer la manière dont la pilule agit sur la glaire et l’endomètre : la glaire peut donc rester de qualité suffisante pour permettre une fécondation, et/ou l’endomètre peut ne pas être suffisamment altéré pour empêcher la nidation.


savoir qu'on est enceinte sous pilule

Comment savoir si on est enceinte sous pilule ?

Il est parfois délicat de savoir si on est enceinte sous pilule, car cette dernière peut masquer les symptômes de grossesse. On peut aussi confondre les signes précoces de grossesse avec les effets secondaires de la pilule (nausées, sensibilité accrue, prise de poids, fatigue, etc.) !

De plus, comme nous l’avons dit plus haut, il est possible de ne pas avoir de règles sous pilule progestative ce qui peut rendre la détection d’une grossesse très difficile, tout comme on peut aussi avoir des saignements de grossesse que l’on prend pour des règles. Pas simple du tout !

Les envies d’uriner plus fréquentes ou une fatigue inhabituelle peuvent vous mettre la puce à l’oreille, même si ces symptômes peuvent être causés par autre chose. De manière générale, restez attentive aux changements soudains ou inhabituels 🙂

Et surtout, en cas de doute, il est recommandé de faire un test de grossesse 3 semaines après un rapport à risque. Ce test, urinaire ou sanguin, mesure les bêta hCG (une hormone sécrétée uniquement pendant la grossesse par le trophoblaste de l’embryon) et vous donnera une réponse claire 🙂 En effet, la pilule contraceptive fait beaucoup de choses dans le corps des femmes, mais ne peut pas fausser un test de grossesse 😉


risques pilule en début de grossesse

Quels sont les risques pour le bébé si on tombe enceinte sous pilule ?

Il arrive donc qu’une femme tombe enceinte alors qu’elle prend la pilule et généralement, cela n’a pas d’impact sur la santé du bébé, ni sur celle de la future maman. En effet, les contraceptifs oraux modernes contiennent des doses d’hormones relativement faibles, ce qui limite les impacts potentiels (notamment le risque de « masculiniser l’embryon » avec une pilule progestative, ou le risques de malformations congénitales).

Néanmoins, lorsqu’on tombe enceinte sous pilule, on peut découvrir sa grossesse plus tardivement et donc, entamer un suivi médical à un stade plus avancé, ce qui peut retarder les soins prénatals et une prise en charge adaptée.

De la même manière, certains aliments et l’alcool sont (entre autres) normalement déconseillés pour les femmes enceintes et si on ignore sa grossesse, on peut éventuellement exposer son bébé à certains risques. Néanmoins, on vous rassure : c’est surtout vrai si vous découvrez votre grossesse assez tardivement !


questions fréquentes

Pour résumer – Questions fréquentes


Et voici, ce point de la grossesse sous pilule, qui est donc bel et bien possible et plus fréquente qu’on pourrait le penser, est terminé ! On espère en tout cas que les choses sont plus claires pour vous, et que vous serez attentive aux éléments qui peuvent entraver l’efficacité d’une pilule contraceptive (oubli, diarrhée, vomissements, certaines plantes et médicaments), mais aussi aux signes éventuels qui peuvent vous mettre la puce à l’oreille.

Dans tous les cas, sachez que si vous avez oublié un comprimé, des solutions, comme la pilule du lendemain, existent ; de la même manière, si vous ne souhaitez pas poursuivre votre grossesse, vous pouvez avoir recours à une interruption volontaire de grossesse jusqu’à 14 semaines (et vous avez toute notre tendresse <3). Si, en revanche, cette grossesse n’était pas prévue mais s’avère finalement être une bonne nouvelle, toutes nos félicitations !!

Dans tous les cas, si vous avez d’autres questions ou des remarques, l’espace commentaire est à votre entière disposition, n’hésitez pas 🙂

Nausées avant et pendant les règles : causes et solutions

nausée règles

Les idées clés

  • Juste avant et pendant les règles, nos hormones féminines chutent et atteignent leur niveau minimal : ce shift hormonal n’est pas sans conséquences sur notre cerveau et notre digestion.
  • Les nausées avant et pendant les règles ne sont pas normales ou physiologiques : elles traduisent une difficulté pour le corps à s’adapter à la chute hormonale et sont l’un des symptômes du syndrome prémenstruel (SPM).
  • Elles peuvent aussi être liées à l’activité des prostaglandines, les molécules pro-inflammatoires nécessaires aux contractions utérines, mais qui peuvent avoir un impact sur notre estomac et nos intestins.
  • Des solutions médicamenteuses et naturelles existent pour soulager le SPM et/ou les nausées associées.

Avant nos règles, il n’est pas rare qu’on ne se sente pas très bien, qu’on ait comme une sensation de malaise général, voire carrément des nausées ! Ces nausées peuvent aussi se faire ressentir pendant nos règles, pour notre plus grand bonheur (non).

Ces nausées ont donc clairement un lien avec notre cycle menstruel, mais on est en droit de se demander pourquoi ? Les douleurs utérines, les maux de tête, la fatigue and co qu’on subit aussi parfois avant nos règles ne sont-ils pas suffisants ? Dans ce qui suit, on va décortiquer les mécanismes à l’oeuvre qui expliquent ces nausées et surtout, on va aussi lister les solutions qui existent pour les soulager 🙂

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Peut-on tomber enceinte juste avec le liquide pré-séminal ?

peut-n tomber enceinte juste avec le liquide pré-séminal

Les idées clés

  • Le liquide pré séminal est le liquide libéré par le pénis dès lors qu’un homme est excité sexuellement, dès le début d’un rapport.
  • Des études ont démontré que le liquide pré éjaculatoire peut contenir des spermatozoïdes vivants : il est donc possible qu’une fécondation ait lieu même si l’homme se retire avant l’éjaculation.
  • C’est notamment ce qui explique que la méthode du retrait soit relativement peu fiable pour éviter une grossesse, avec un indice de Pearl de seulement 80%.

Vous connaissez ce concept de « faire attention » au moment des rapports, l’homme se retirant avant d’éjaculer, pour éviter toute grossesse non désirée ? C’est la fameuse méthode du retrait ! En effet, sans spermatozoïde pour féconder l’ovule, il n’est pas possible de tomber enceinte, n’est-ce pas ?

En réalité, ce n’est pas tout à fait vrai : il est possible de tomber enceinte « juste » avec le liquide pré séminal, le liquide sécrété par l’homme sous l’effet de l’excitation, car ce dernier peut véhiculer des spermatozoïdes vivants, et ce, même sans éjaculation. Or, la méthode du retrait écarte cette réalité physiologique masculine :s

Dans cet article, on va vous expliquer ce qu’est concrètement le liquide pré-séminal (car cela peut être un peu flou) et on va bien sûr décrypter comment ce liquide pré éjaculatoire peut être à l’origine d’une grossesse non désirée. On va aussi aller plus loin et voir ensemble comment éviter de tomber enceinte à cause de la méthode du retrait, éventuellement grâce à d’autres méthodes de contraception plus fiables. Let’s go !

🍿 Si vous préférez le format vidéo, j’ai consacré une vidéo sur le retrait à retrouver sur Youtube 😊

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Comment fonctionne la pilule du lendemain et quand la prendre ?

pilule du lendemain

Les idées clés

  • La contraception d’urgence hormonale, plus communément appelée pilule du lendemain, fonctionne en retardant l’ovulation, grâce aux hormones de synthèse qu’elle contient.
  • La pilule du lendemain doit être prise le plus vite possible après le rapport à risque, et maximum dans les 3 à 5 jours selon les pilules.
  • Il n’est pas utile de prendre la pilule du lendemain si l’ovulation a déjà eu lieu, mais cela demande de savoir observer son cycle.
  • Si l’ovulation a déjà eu lieu, la pose d’un dispositif intra utérin au cuivre peut être une alternative si c’est le cas, en entravant la nidation de l’embryon.
  • La pilule du lendemain, efficace à 95%, provoque des effets secondaires et peut perturber le cycle menstruel et les règles.
  • En France, elle est accessible à toutes les femmes majeures et mineures, gratuitement et sans prescription.

Qui n’a pas déjà eu très peur d’une grossesse non désirée après un rapport durant lequel le préservatif a craqué ou l’oubli de sa pilule, par exemple ?! Dans ces cas-là, on est généralement assez soulagée de savoir qu’une solution existe : la pilule du lendemain !

Cette contraception d’urgence hormonale peut en effet nous éviter de tomber enceinte par accident, lorsqu’on est sûre que ce n’est pas le bon moment pour nous. Néanmoins, ce médicament et toutes les hormones qu’il contient vient aussi sérieusement chambouler notre cycle menstruel et peut avoir des effets secondaires plutôt pénibles !

La pilule du lendemain doit donc être prise avec parcimonie, en respectant certaines consignes et précautions d’usage 🙂 On vous explique tout ça !



définition pilule du lendemain

Qu’est-ce la pilule du lendemain ?

La pilule du lendemain est généralement le contraceptif hormonal que l’on prend après un rapport sexuel non ou mal protégé, quand on a peur qu’il puisse donner lieu à une grossesse.

On l’appelle aussi « contraception d’urgence hormonale« , ce qui est encore plus explicite 🙂

Il existe deux types de pilule du lendemain :

  • Celles à base de lévonorgestrel (un progestatif), qu’il faut prendre idéalement dans les 12 heures et maximum dans les 3 jours après le rapport sexuel non protégé. Norlevo, Levodonna et Postinor sont des pilules du lendemain à base de lévonorgestrel.

  • Celles à base d’ulipristal, une molécule qui vient se fixer sur les récepteurs de la progestérone : elles sont à prendre dans les 5 jours qui suivent le rapport sexuel non protégé. La pilule EllaOne est une contraception d’urgence hormonale à base d’ulipristal.

Il faut savoir que plus le délai entre le rapport et la prise de la pilule est long, plus son efficacité diminue. Selon l’OMS, son taux de fiabilité est de 95%.

D’autres pilules du lendemain combinant oestrogènes et progestérone de synthèse existent également : néanmoins, elles sont considérées moins fiables, tout en provoquant beaucoup d’effets secondaires indésirables.


fonctionnement pilule du lendemain

Le fonctionnement de la pilule du lendemain

Pourquoi la pilule du lendemain empêche une grossesse ? Son principal mode d’action est de bloquer, ou plutôt de retarder l’ovulation. C’est la raison pour laquelle elle n’est pas efficace si l’ovulation et / ou la fécondation a déjà eu lieu !

Pour mieux comprendre, faisons un rapide rappel du déroulé du cycle menstruel :

  • Pendant la première moitié du cycle, le cerveau travaille avec les ovaires pour lancer une ovulation. Il envoie de la FSH, une hormone qui vient stimuler les follicules ovariens ; en se développant, ces follicules sécrètent des oestrogènes. Au bout de quelques jours, l’un d’eux devient plus gros que les autres et produit beaucoup d’oestrogènes : le cerveau comprend qu’il est mûr pour expulser son ovocyte (ovule) et lance une autre hormone, la LH, qui déclenche l’ovulation dans les 18 heures qui suivent environ.

  • Une fois l’ovulation passée, l’ovule vit tout au plus pendant 12-24 heures : s’il n’est pas fécondé, il meurt et la femme n’est plus fertile jusqu’aux règles suivantes.

cycle menstruel

Ainsi, la pilule du lendemain peut agir sur la première moitié du cycle, quand l’ovulation n’a pas encore eu lieu.

Si l’ovulation a eu lieu, une autre contraception d’urgence envisagée est le dispositif intra utérin au cuivre (DIU ou stérilet), qui doit être posé dans les 5 jours après le rapport sexuel à risque : il n’empêche pas l’ovulation, mais la nidation de l’embryon dans l’utérus (l’embryon met 6-7 jours pour migrer de la trompe utérine à l’utérus). Le seul hic, c’est qu’il peut être très difficile de trouver un médecin, un gynécologue ou une sage femme qui pourra le poser dans ce délai si court :s

On insiste sur ce point : la pilule du lendemain empêche la fécondation en retardant l’ovulation, mais elle n’interrompt pas une grossesse en cours et n’est pas abortive. Si la fécondation a déjà eu lieu, il vaut mieux recourir à la pose d’un stérilet dans les jours qui suivent, donc, ou à une interruption volontaire de grossesse (IVG), le plus souvent médicamenteuse en tout début de grossesse.


timing pilule du lendemain

Quand prendre la pilule du lendemain ?

Maintenant qu’on a vu ensemble comment fonctionne concrètement la pilule du lendemain, voici les cas où elle peut vous être utile !

Dans les situations à risque de grossesse

  • Oubli de pilule ou pilule prise en retard : le délai dépend des pilules, certaines pilules tolèrent 12 heures de retard, tandis que d’autres sont considérées comme « oubliées » si le retard est de plus de 3 heures.

  • Rupture du préservatif, retrait « loupé », etc.

  • DIU expulsé (quand votre stérilet hormonal ou au cuivre est retiré, volontairement ou involontairement)

  • Absence d’une contraception, qu’elle soit hormonale, mécanique (préservatif, spermicide, cape cervicale, diaphragme etc.) ou basée sur l’observation du cycle comme la symptothermie.

  • Si rapport sexuel pendant la période de fertilité de la femme

Si le rapport sexuel a eu lieu pendant la période fertile !

C’est sur ce point que repose toute la subtilité du timing de la prise de la pilule du lendemain ! En effet, nous sommes très nombreuses à avoir eu très peur de tomber enceinte après un rapport sexuel non protégé, alors qu’il était fort probable qu’il n’ait pas eu lieu pendant notre fenêtre de fertilité.

Il est par exemple tout à fait inutile de prendre une pilule du lendemain juste avant ses règles, car nous ne sommes pas fertiles tous les jours du cycle menstruel.

En effet, nous sommes fertiles environ 6-7 jours par cycle, en tenant compte de la durée de vie des spermatozoïdes dans notre corps + celle de notre ovule.

  • Les spermatozoïdes peuvent survivre 5 jours environ avant l’ovulation, grâce à la glaire cervicale : il s’agit d’un mucus produit par notre col de l’utérus, qui a des propriétés protectrices et nourrissantes pour les spermatozoïdes, et dont la production est liée à celle des oestrogènes. Plus l’ovulation approche, plus les oestrogènes sont présents, plus on a de glaire cervicale !

  • Ensuite, on l’a dit, l’ovule a une durée de vie de 12-24 heures.

phase fertile

Autres éléments très importants sur la fenêtre fertile : l’ovulation n’a pas forcément lieu le 14ème jour du cycle, ni 14 jours avant les règles ! Le jour de l’ovulation peut varier d’un cycle à l’autre (c’est tout à fait normal) et la durée de la phase post-ovulatoire est de 11 à 16 jours (parfois moins mais jamais plus, hors grossesse).

Ainsi, on peut en principe prendre la pilule du lendemain quand on veut au cours du cycle, mais il faut savoir que :

  • Si le rapport sexuel à risque a lieu avant l’ovulation : la pilule du lendemain est utile, car elle va retarder l’ovulation et donc la rencontre entre le spermato et l’ovule.

  • Si le rapport sexuel a lieu juste après l’ovulation (dans les 24-48 heures qui suivent) : la pilule du lendemain est inutile car l’ovulation a déjà eu lieu ET il y a un risque de grossesse puisque l’ovule est en vie et qu’il y a un spermato dans les parages. On compte 48 heures dans le cas où un second ovule serait libéré au cours de la même ovulation, mais à quelques heures d’intervalle. Mais la pilule du lendemain n’empêche pas la fécondation ni la nidation de l’embryon dans l’utérus, donc dans cette hypothèse, la seule solution est la pose d’un stérilet au cuivre, car le cuivre provoque une inflammation dans l’utérus qui rend l’implantation impossible.

  • Si le rapport a lieu 3 jours après l’ovulation : la fenêtre de fertilité est fermée jusqu’aux prochaines règles, car l’ovule est mort. La pilule du lendemain est alors inutile car vous n’êtes plus fertile, jusqu’aux règles suivantes !

Bien sûr, cela demande de connaître son corps et ses cycles et d’être formée à une méthode d’observation du cycle comme la symptothermie pour bien reconnaître son ovulation. Néanmoins, avoir cette connaissance permet d’éviter un stress inutile et la prise d’une pilule du lendemain pour rien 🙂 Si vous souhaitez vous former avec rigueur, le Serenity Club, notre programme d’accompagnement à la symptothermie est à votre disposition 🙂


où se procurer pilule du lendemain

Comment se procurer la pilule du lendemain ?

La pilule du lendemain est désormais gratuite et totalement prise en charge (sans avance de frais) pour toutes les femmes, même mineures, sans que vous n’ayez à avancer quoi que ce soit. Vous n’avez pas besoin d’ ordonnance !

Vous pouvez vous la procurer :

  • En pharmacie

  • À l’infirmerie de votre collège ou lycée

  • Dans un centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic des virus de l’immunodéficience humaine (CEGIDD)

  • Dans un centre de santé sexuelle si vous êtes mineure ou une personne majeure sans carte vitale (qui peut aussi vous fournir un test de grossesse si besoin).

  • Si vous êtes étudiante : au sein du service universitaire ou interuniversitaire de médecine préventive et de prévention de la santé (SUMPPS)

La délivrance de la pilule du lendemain est également anonyme 🙂


efficacité pilule du lendemain

Comment être sûre que la pilule du lendemain a bien fonctionné ?

Comme toute méthode de contraception, la pilule du lendemain n’est pas infaillible et peut ne pas fonctionner, pour plein de raisons. L’efficacité de la pilule du lendemain est de 95% selon l’OMS 🙂

C’est la raison pour laquelle les professionnels de santé recommandent de faire un test de grossesse 3 semaines après le rapport à risque, pour être sûre qu’aucune grossesse n’a débuté.

Après la prise de la contraception d’urgence, les règles peuvent être différentes (plus abondantes, plus douloureuses, ou tout l’inverse) et il est important de s’assurer qu’il ne s’agisse pas de saignements de début de grossesse.

Les autorités précisent bien qu’il ne s’agit pas d’un moyen de contraception à prendre régulièrement. Comme son nom l’indique, elle doit être seulement prise en cas d’urgence, car elle peut vraiment complètement désorganiser les cycles.

Au quotidien, il est préférable d’opter pour une méthode de contraception plus pérenne, qu’elle soit hormonale ou naturelle 🙂


effets secondaires pilule du lendemain

Quels sont les effets secondaires de la pilule du lendemain ?

La pilule du lendemain peut entraîner plusieurs effets secondaires, généralement temporaires, qui doivent disparaître dans les jours suivant la prise. Les effets secondaires les plus courants sont :

  • Des saignements légers ou irréguliers en dehors des règles : ces saignements doivent être de courte durée.

  • Des nausées et vomissements (pour limiter les nausées, on recommande souvent de la prendre avec un petit repas)

  • Des maux de tête

  • Des douleurs abdominales ou pelviennes

  • De la fatigue

  • Des étourdissements ou vertiges

  • Une tension ou sensibilité des seins

  • Des règles irrégulières (plus tôt ou plus tard que prévu, plus abondantes ou plus légères).

  • De la diarrhée

N’hésitez pas à consulter si ces effets indésirables s’aggravent ou durent trop longtemps, car ils doivent vraiment être transitoires !


questions fréquentes

Pour résumer – Questions fréquentes


On espère que cet article sur la pilule du lendemain vous aura donné toute l’ information dont vous avez besoin ! Comme vous l’aurez compris, la pilule du lendemain peut être un joker plus que bienvenu après un rapport sexuel risqué, mais cette méthode de contraception d’urgence ne remplace pas une « vraie » contraception.

En effet, elle chamboule l’ovulation et donc l’entièreté de votre cycle menstruel, ce qui peut avoir des effets indésirables après sa prise, car elle reste remplie d’hormones de synthèse.

Dans tous les cas, si vous avez d’autres questions à son sujet, ou si vous souhaiteriez que l’on apporte des précisions dans cet article, n’hésitez pas à nous en faire part en commentaire ! 🙂