Le stress peut retarder les règles de combien de jours ?

stress retard de règles

Les idées clés

  • Un retard de règles, hormis en cas de grossesse, ça n’existe pas vraiment. C’est en général un retard de l’ovulation qui vient retarder les règles.
  • L’ovulation peut être décalée par un état de stress, qui peut impacter plusieurs mécanismes physiologiques en lien avec l’ovulation : l’axe cerveau/ovaires (via l’hypothalamus), la régulation de la glycémie, le fonctionnement de la thyroïde ou encore la sécrétion de prolactine.
  • En cas de stress intense, notre corps nous protège et se concentre sur ses fonctions essentielles, dont l’ovulation et la reproduction ne font pas partie !
  • Le stress est un mécanisme physiologique normal quand il est ponctuel et maîtrisé : c’est lorsqu’il est continu qu’il peut devenir néfaste pour l’organisme, l’ovulation et le cycle féminin.
  • Il existe des solutions pour abaisser son niveau de stress, notamment en termes d’hygiène de vie.

On le sait souvent de manière intuitive, sans réellement comprendre les mécanismes derrière ce phénomène : le stress a un impact sur notre cycle menstruel et nos règles ! Ainsi, une question revient souvent : le stress peut il provoquer un retard de règles et si oui, pendant combien de temps ?

Dans ce qui suit, on fait le point sur tous les liens entre le stress et le cycle féminin, et toutes les manières dont nos émotions peuvent impacter la durée de notre cycle et le timing de l’arrivée de nos menstruations 🙂 Prêtes ?

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Comment sont les pertes avant les règles ?

pertes avant les règles

Les idées clés

  • Les pertes blanches sont tout à fait normales et souvent le signe du bon fonctionnement de notre système reproducteur et de notre cycle menstruel.
  • La glaire cervicale est une sécrétion du col de l’utérus qui évolue en fonction du cycle menstruel et de la quantité d’oestrogènes sécrétée. Elle est donc davantage présente au moment de l’ovulation et plus discrète une fois que la fenêtre de fertilité est refermée, quand la progestérone prend le pas sur les oestrogènes.
  • Néanmoins, on peut de nouveau observer de la glaire cervicale avant les règles, notamment en raison de la chute hormonale et d’un déséquilibre hormonal transitoire (et normal) en fin de cycle.
  • La sécrétion plus importante de glaire cervicale avant les règles peut également signaler un début de grossesse ou un déséquilibre hormonal plus installé, si ces pertes blanches font leur retour plus tôt avant les règles.

En tant que femme, il n’est pas rare que le contenu de nos sous-vêtements nous questionne, qu’il s’agisse des règles ou des pertes blanches. C’est d’autant plus le cas lorsque l’on remarque des sécrétions vaginales plutôt abondantes avant nos règles ! Sont-elles un signe des règles qui arrivent ? Comment savoir si ce sont bien les règles ou… un début de grossesse ?

Quand on sait les décrypter, nos pertes vaginales (ou celles produites par le col de notre utérus) peuvent effectivement nous donner des indices précieux sur ce qui se passe dans notre corps et on va tout de suite vous expliquer ce qu’elles peuvent avoir à vous dire quand elles débarquent en fin de cycle menstruel !



Quels sont les différents types de pertes ?

Tout d’abord, de quelles pertes parle-t-on ? Il est question de pertes vaginales (ou encore « leucorrhées ») ou de pertes cervicales (produites non pas par le vagin mais par le col de l’utérus, au fond du vagin), qu’on appelle aussi souvent communément pertes blanches, et ces sécrétions peuvent donc être de natures différentes :

  • La cyprine, qui est une perte vaginale plutôt liquide et liée à l’excitation sexuelle (qui n’évolue donc pas au fil du cycle menstruel)
  • Les pertes blanches liées à l’ auto nettoyage du vagin : tout à fait naturelles et physiologiques, elles sont souvent pâteuses et blanches et n’évoluent pas au fil du cycle menstruel. Ces sécrétions sont très importantes pour notre santé, car elles nous protègent des agents pathogènes et des infections grâce à leur pH acide (qui peut d’ailleurs décolorer nos culottes !)

La glaire cervicale, dont la production est quant à elle liée à nos hormones féminines et donc à notre cycle menstruel. Et ce n’est pas vraiment une perte vaginale, puisque c’est le col de l’utérus qui la produit. C’est surtout d’elle dont il va être question dans cet article !


glaire cervicale

La glaire cervicale, messagère de notre fertilité et du cycle menstruel

La glaire cervicale est un mucus sécrété par le col de l’ utérus tout au long du cycle menstruel, dont la texture et l’aspect évoluent en fonction des hormones en présence. En théorie :

  • Elle est absente ou pâteuse/collante lors des phases d’infertilité (avant et après l’ ovulation)
  • Sous l’influence des oestrogènes, elle devient crémeuse, laiteuse, voire d’aspect blanc d’oeuf cru, lorsque nous sommes fertiles et pendant l’ ovulation.
glaire cervicale cycle menstruel

La glaire cervicale est donc un indicateur précieux de notre fertilité : en effet, il faut savoir qu’une femme n’est pas fertile tous les jours du cycle menstruel ! La période de fécondité démarre environ 5 jours avant l’ ovulation (justement grâce à cette glaire cervicale plus étirable, translucide et lubrifiée, qui nourrit et protège les spermatozoïdes en attendant qu’un ovule soit libéré) et se termine le lendemain de l’ ovulation, puisque l’ovule a une durée de vie d’environ 12 heures (jusqu’à 18 heures !).

Ensuite, entre l’ ovulation et les règles, il s’écoule plusieurs jours (11 à 16 jours environ) durant lesquels nous ne sommes pas fertiles : en théorie, la glaire cervicale est donc absente ou de nouveau pâteuse et collante, comme pour former un bouchon à l’entrée du col de l’utérus empêchant le passage des spermatozoïdes (puisque sans ovule, ça ne sert à rien qu’ils puissent entrer !). Elle est en effet asséchée par la progestérone, l’hormone de la deuxième partie du cycle menstruel.

Or, de nombreuses femmes (car oui, si vous êtes concernée, vous n’êtes pas la seule !) constatent un « retour de glaire » de qualité ovulatoire juste avant l’arrivée de leurs règles !


Que signifie la présence de glaire cervicale avant les règles ?

On vous rassure tout de suite : cette présence de glaire cervicale en fin de cycle menstruel (avant vos menstruations donc) n’a rien d’alarmant (ou du moins, pas forcément !)

règles

L’arrivée prochaine des règles

Cette glaire un peu crémeuse/laiteuse que vous pouvez observer avant vos règles (avec parfois un peu de sang) peut venir du déséquilibre temporaire entre oestrogènes et progestérone à ce moment-là, 2-3 jours avant l’arrivée des saignements.

En effet, pour rappel, les oestrogènes fluidifient la glaire et lui donnent son côté étirable, translucide et lubrifié ; la progestérone quant à elle, à plutôt tendance à l’assécher, la compacter pour qu’elle protège le col de l’utérus, au cas où un embryon serait en train d’essayer de s’installer. Après l’ ovulation, la progestérone règne en maître, mais les oestrogènes sont toujours présents ! En fin de cycle, ces deux hormones chutent, avant d’atteindre un seuil minimal qui déclenche les règles.

Lorsqu’on a un peu de glaire cervicale « crémeuse » ou « laiteuse » avant nos règles, c’est simplement que la progestérone chute un peu plus vite que les oestrogènes en fin de cycle (et ce n’est pas forcément grave !). On se retrouve donc de nouveau en situation d’oestrogènes dominants, et ils peuvent dès lors réactiver la glaire, comme avant l’ovulation !

Par ailleurs, le col de l’utérus est également un peu plus ouvert pour préparer le passage des règles, ce qui lui permet « d’évacuer » un petit peu de glaire 🙂 Ces pertes blanches plus abondantes peuvent d’ailleurs être rosées en cas de petites pertes de sang (on appelle ça des spottings et ils sont normaux 1 à 3 jours avant les règles) : cette glaire colorée laisse généralement peu à peu sa place aux saignements.

déséquilibre hormonal

Un déséquilibre hormonal après l’ ovulation

En revanche, si vous constatez la présence d’une glaire très abondante ou persistante après l’ ovulation, cela peut être le signe d’un véritable déséquilibre hormonal en deuxième partie de cycle :

Cette hyperoestrogénie vraie (trop d’oestrogènes) ou relative (pas assez de progestérone) peut également aller de pair avec des spottings qui démarrent plus de 3 jours avant les règles, et une phase post ovulatoire plutôt courte (inférieure à 11 jours).

Si vous pensez être concernée et subissez notamment un syndrome prémenstruel (SPM) assez marqué, le Moody Club peut totalement vous aider à apaiser vos hormones avant vos règles et tout au long de votre cycle menstruel 🙂

début de grossesse

Début de grossesse

Enfin, cette glaire cervicale qui revient en force peut être le signe d’un début de grossesse, surtout si elle est d’ordinaire plutôt discrète en deuxième partie de cycle chez vous 🙂

En effet, après la nidation, la femme enceinte se met à produire une hormone tout à fait caractéristique, la bêta hCG : celle-ci a pour rôle d’envoyer un message au corps jaune, pour qu’il maintienne la production de progestérone, mais aussi celle des oestrogènes ! Globalement, cette élévation hormonale peut augmenter la sécrétion de glaire cervicale, qui peut être un signe précoce de grossesse.

N’hésitez pas à aller voir notre Galerie de la Glaire cervicale pour voir à quoi peut ressembler votre glaire cervicale en début de grossesse !


différences pertes avant les règles et grossesse

Pertes avant les règles vs pertes de début de grossesse : comment faire la distinction ?

Que vous ayez envie de concevoir ou non, cette présence de glaire cervicale dans vos sous vêtements juste avant la date présumée de vos règles peut vous questionner et c’est normal !

Il est très délicat d’apporter une réponse tranchée, car on l’a vu, ce retour de glaire peut signaler les deux phénomènes, à la fois les règles et le début de grossesse :s

Pour y voir plus clair, vous pouvez vous dire que si vous ne voyez habituellement pas de glaire à ce moment de votre cycle, cela peut signaler un début de grossesse (mais à prendre avec de grosses pincettes, car les choses peuvent varier d’un cycle à l’autre !).

Le timing peut également vous mettre la puce à l’oreille, car la nidation a lieu 6-7 jours après l’ovulation, alors qu’on l’a dit, le retour de glaire « normal » en fin de cycle survient plus tôt 2-3 avant les règles, et donc un peu plus tard.

Vous pouvez aussi croiser cet indice avec d’autres éléments, comme le saignement de nidation ou la présence de tubercules de Montgomery sur vos seins (de petits points blancs sur vos mamelons) qui sont des indices plus spécifiques d’un début de grossesse. Et bien sûr, vous pouvez faire un test de grossesse, qui est fiable à partir du dixième jour après l’ ovulation (si possible, plutôt un test sanguin)!

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à aller consulter notre article sur la glaire cervicale en début de grossesse 🙂


pertes avant règles contraception

Comment sont les pertes avant les règles sous pilule ou stérilet ?

Nous nous sommes attardées sur la présence de glaire cervicale avant les règles lors d’un cycle menstruel naturel, quand on ne prend aucune contraception : mais que se passe-t-il sous pilule ou stérilet hormonal par exemple ?

Les pertes blanches avant les règles sous pilule oestro-progestative

Quand on prend la pilule (qu’elle soit combinée ou progestative), il n’y a pas de cycle menstruel naturel : le cycle est à l’arrêt et « remplacé » par un cycle factice, rythmé par la prise d’hormones de synthèse. L’ovulation est donc bloquée, ce qui signifie que la glaire cervicale ne présente pas les mêmes caractéristiques (autant en termes de quantité que de consistance) que lors d’un cycle menstruel normal.

En effet, la pilule modifie la glaire cervicale pour la rendre épaisse et imperméable aux spermatozoïdes !

Certaines femmes observent quand même des pertes, mais ce sont alors :

  • des pertes vaginales physiologiques, liées à l’auto-nettoyage du vagin
  • ou des pertes liées à la muqueuse fragilisée par les hormones de synthèse.

En fin de plaquette (les 4 à 7 jours sans pilule), certaines femmes constatent une augmentation de pertes blanches, qui correspond à la chute hormonale induite par l’arrêt de la prise des comprimés, une réaction au sevrage temporaire. Ces pertes ne sont pas un signe de fertilité ni d’ovulation dans ce contexte, mais plutôt une réaction physiologique à la chute hormonale provoquée par la pause de pilule.

Les pertes blanches avant les règles sous stérilet hormonal / pilule progestative

Avec un stérilet hormonal (Mirena, Kyleena…), ou une pilule progestative, le cycle peut être partiellement ou totalement inhibé, selon les femmes. L’ovulation peut donc être maintenue !

Le progestatif agit en épaississant la glaire cervicale (qui va donc moins bien s’extérioriser et rester à l’entrée du col de l’utérus pour entraver le passage des spermatozoïdes), et parfois en bloquant l’ovulation (selon les dosages et la sensibilité individuelle)

Ainsi, les pertes sont souvent moins abondantes, plus collantes, voire absentes, car la glaire typique est en général très altérée.

Les pertes blanches avant les règles sous stérilet au cuivre

Le stérilet au cuivre, lui, n’a pas d’effet hormonal : l’ovulation a lieu, le cycle se déroule normalement !

Donc, en théorie, la glaire cervicale évolue comme dans un cycle naturel, avec, potentiellement un retour de glaire cervicale avant les règles. Toutefois, le cuivre a un effet spermicide et inflammatoire local, ce qui peut parfois épaissir la glaire cervicale !

On a écrit tout un article sur la glaire cervicale sous stérilet au cuivre qui peut vous être utile 🙂


professionnel de la santé

Pertes avant les règles : quand consulter ?

Vous l’aurez compris, les pertes vaginales, qu’elles soient liées à l’auto nettoyage du vagin ou à notre glaire cervicale, sont tout à fait normales (et même plutôt le signe que tout fonctionne bien !).

Néanmoins, si vous présentez des symptômes plus embêtants comme des douleurs, des irritations ou de la fièvre, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec votre professionnel de santé, car ces pertes blanches peuvent être le signe d’une infection. Idem si vous voyez que vos sécrétions vaginales sont mousseuses ou grumeleuses par exemple, ou qu’elles sont de couleur grise ou verte !

Si vous avez un doute, on a détaillé tout ceci dans notre article sur les pertes vaginales, qui récapitule comment reconnaître les sécrétions plus problématiques, ce qu’elles peuvent signifier et les pistes pour les soigner 🙂


questions fréquentes

Pour résumer – Questions fréquentes


Voilà pour ce panorama des pertes blanches avant les règles ! En théorie, elles sont plutôt discrètes en fin de cycle, mais vous l’aurez compris, elles peuvent aussi présenter une consistance plus crémeuse au vu de la chute hormonale de la fin du cycle. Toutefois, ces leucorrhées (vraiment ce mot est parfait pour un Scrabble) peuvent aussi faire partie des symptômes d’un dérèglement hormonal… ou d’une grossesse !

Par ailleurs, tout changement d’aspect un peu suspicieux (couleur, odeur, consistance, etc) doit vous amener à consulter, surtout si vous avez d’autres symptômes associés, comme des douleurs ou de l’inconfort.

Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous aviez conscience que vos sécrétions et surtout que votre glaire cervicale pouvait avoir des choses à vous dire, tout au long du cycle menstruel ? N’hésitez pas à réagir en commentaire !

La fécondation a lieu combien de temps après un rapport ?

fécondation combien de temps après le rapport

Les idées clés

  • La fécondation est la rencontre de l’ovule et d’un spermatozoïde, donnant lieu à la formation d’un embryon.
  • La fécondation se produit quasiment en même temps que l’ovulation, à quelques heures d’intervalle, car l’ovule a une durée de vie assez courte (environ 12 heures).
  • Néanmoins, la fenêtre de fécondité s’ouvre jusqu’à 5 jours avant l’ovulation, grâce à la glaire cervicale qui protège et nourrit les spermatozoïdes en attendant le jour J.
  • La fécondation peut donc avoir lieu seulement quelques heures après un rapport sexuel ou jusqu’à 5 jours après, en fonction du timing de l’ovulation.
  • Le seul moyen de savoir si l’ovule a été fécondé est de faire un test de grossesse à partir du 10ème jour après l’ovulation (ou 3 semaines après le rapport sexuel potentiellement fécondant si on ne connait pas la date de son ovulation).

Après un rapport non protégé, qu’on soit en essai bébé ou non, on peut se demander combien de temps il faut pour qu’une fécondation ait lieu, c’est-à-dire pour qu’un spermatozoïde rencontre un ovule ? Est-ce immédiat ? Faut-il attendre des heures, des jours ?

Dans cet article, on lève le voile sur les coulisses de la rencontre la plus incroyable du corps humain : celle entre un spermatozoïde et un ovocyte, celle qui peut donner lieu à une grossesse. Vous le verrez, le timing de la fécondation dépend de plusieurs facteurs, tels que le moment du cycle (et surtout de l’ovulation !) et de la durée de vie des gamètes (l’ovule et les spermatos).

Spoiler : les spermatozoïdes peuvent être ultra-rapides et présents à peu près tous les jours du cycle, mais l’ovule, lui, ne se pointe qu’à un moment bien précis ! Heureusement pour eux, les spermatos ont une alliée de taille pour patienter en toute sécurité, aka la glaire cervicale 😉

🍿 Psst ! Si vous préférez un format vidéo, voici la vidéo Youtube consacrée au sujet ! 😊

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Combien de jours après les règles peut-on tomber enceinte ?

combien de jours après les règles peut-on tomber enceinte

Les idées clés

  • L’ovulation, résultat de tout un dialogue hormonal entre le cerveau et les ovaires, est l’événement qui détermine la période de fertilité d’une femme au cours du cycle menstruel.
  • Une femme est fertile environ 6-7 jours par cycle menstruel : la glaire cervicale maintient les spermatozoïdes en vie durant 5 jours environ avant l’ovulation et l’ovule reste en vie durant les 12-24 heures qui suivent sa libération.
  • On ne peut pas calculer ou prédire la date de l’ovulation, car cette dernière peut varier d’une femme et d’un cycle menstruel à l’autre. Certaines femmes ovulent très rapidement après leurs règles, quand d’autres ovulent plus tardivement.
  • On peut néanmoins voir venir l’ovulation grâce à la glaire cervicale, qui est une sécrétion produite par le col de l’utérus qui évolue au cours du cycle menstruel et devient plus abondante, translucide, étirable et lubrifiée à l’approche de l’ovulation. C’est elle qui nous indique que la fenêtre de fertilité s’ouvre et que l’on peut potentiellement tomber enceinte en cas de rapport sexuel non protégé.

Que l’on soit en désir de grossesse ou pas, il existe une question universelle : à quel moment de mon cycle menstruel suis-je vraiment fertile, et quel est le laps de temps qui s’écoule entre les règles et l’ovulation proprement dite, afin d’adapter le timing des rapports en fonction de l’objectif visé ?

Cette question est effectivement très intéressante, car pour y répondre de manière précise, il faut se plonger dans le déroulé du cycle menstruel, le dialogue hormonal entre notre cerveau et nos ovaires, et notre physiologie féminine, tout simplement 🙂 Spoiler : il n’y a pas de réponse universelle, mais promis, on va vous donner toutes les clés pour mieux comprendre votre fertilité et avoir votre réponse personnalisée à cette question !

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Dérèglement hormonal : les symptômes qui alertent et les pistes pour y remédier

dérèglement hormonal

Les idées clés

  • Les hormones sont des molécules qui régissent un grand nombre de mécanismes physiologiques dans notre corps.
  • La GnRH, la LH, la FSH, les oestrogènes et la progestérone sont les hormones principales du cycle menstruel, sécrétées par le cerveau et les ovaires. D’autres hormones peuvent interférer avec elles, comme les hormones thyroïdiennes, le cortisol, l’insuline et la prolactine.
  • L’observation de son cycle menstruel et de ses symptômes, ainsi qu’un bilan hormonal, peuvent permettre de diagnostiquer un déséquilibre hormonal.
  • Des traitements médicaux, ainsi que des ajustements d’hygiène de vie, peuvent aider les hormones féminines à retrouver leur équilibre.
  • Les hormones fluctuent et chaque cycle menstruel est différent : il n’est pas nécessaire de s’alarmer si certains symptômes sont ressentis sur seulement un cycle, de manière isolée 🙂

Parfois, notre cycle menstruel nous envoie des petits signaux que l’on ne sait pas toujours interpréter : un spotting impromptu, une humeur en dents de scie, des pertes blanches inopinées, un cycle plus long ou plus court, des règles « pas comme d’habitude »… Et bien sûr, dans ces cas-là, on peut clairement se demander ce qu’il se passe dans notre corps et si un dérèglement hormonal ne serait pas en train de s’installer (surtout si ces symptômes se répètent) !

Dans cet article, on va voir ensemble quels signaux peuvent effectivement nous mettre la puce à l’oreille, dans quelles circonstances, et comment on peut rectifier le tir pour retrouver notre équilibre hormonal 🙂

Pour info, on a aussi publié une vidéo Youtube et un épisode de podcast au sujet du déséquilibre hormonal, qui complète très bien la lecture de cet article 😉

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Durée phase lutéale : combien de jours s’écoulent entre l’ovulation et les règles ?

durée phase lutéale

Les idées clés

  • La phase lutéale, ou phase post-ovulatoire, est la phase du cycle menstruel comprise entre l’ovulation et les règles
  • Elle est dominée par la progestérone, sécrétée par le corps jaune.
  • Elle dure généralement entre 11 et 16 jours.
  • Elle peut être plus longue en cas de début de grossesse, ou plus courte en cas d’insuffisance en progestérone.
  • Une phase lutéale courte pose problème en cas d’essai bébé, mais aussi chez toutes les femmes de manière générale, car la progestérone présente des bienfaits essentiels pour notre santé physique et mentale.
  • Des solutions sont disponibles pour allonger la phase lutéale, qu’il s’agisse de la prise d’un traitement à base de progestérone de synthèse ou d’ajustements d’hygiène de vie.

Il est communément admis que les règles surviennent 14 jours après l’ovulation : mais si on vous disait que cette idée reçue est fausse ? En effet, ce principe est essentiellement vrai dans les manuels de SVT, mais ne s’applique pas du tout à toutes les femmes !

Dans ce qui suit, on va tout vous expliquer sur la durée de la phase lutéale (ou phase post-ovulatoire) : sa durée « optimale » (qui se situe plutôt entre 11 et 16 jours en réalité), mais aussi les raisons qui peuvent expliquer pourquoi elle peut être plus longue (ce qui est souvent une bonne nouvelle, en tout cas quand on souhaite une grossesse !) ou plus courte (et ça, c’est plus problématique !).

🍿 Si la qualité de votre phase lutéale vous intéresse, sachez que sa durée n’est que l’un des critères à prendre en compte : dans la vidéo Youtube ci-dessous, je vous liste les autres paramètres à prendre en compte !

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Température pendant les règles : théorie et exceptions !

température pendant les regles

Les idées clés

  • La température du corps évolue au cours du cycle menstruel, sous l’influence des hormones féminines et surtout de la progestérone.
  • Après l’ovulation, la température augmente, en réaction à la sécrétion de progestérone qui nous prépare à la grossesse. Si l’ovule n’a pas été fécondé, la progestérone chute et la température redescend juste avant les règles.
  • Certaines femmes constatent néanmoins que leur température reste haute pendant leurs règles, alors que la progestérone est censée être au plus bas : cela peut venir d’une inflammation sous-jacente (causée par une endométriose, des douleurs de règles ou autre), d’une légère fièvre ou encore d’un début de grossesse !

Lorsqu’on s’intéresse un peu à son cycle menstruelet à la symptothermie, on ne peut pas passer à côté dela température, qui évolue au fil du cycle menstruel, avant et surtout après l’ovulation. En effet, cette méthode d’observation du cycle combine l’observation de la glaire cervicaleet de la température pour confirmer qu’on a bien ovulé, et s’avère précieuse pour suivre sa fertilité.

En symptothermie, on apprend aussi que la température baisse au moment des règles, ce qui témoigne de la chute hormonale de la fin du cycle menstruel (et permet de savoir quand glisser une serviette dans son sac à main ou enfiler une culotte de règles, juste avant leur arrivée !). Néanmoins, il arrive parfois que la température ne suive pas cette tendance et qu’elle se maintienne haute pendant les règles !

Pourquoi, qu’est-ce que cela veut dire ? Est-ce forcément le signe d’un déséquilibre hormonal ? On vous explique !



définition température basale

La température basale : qu’est-ce que c’est ?

Pour bien comprendre, reprenons les bases : qu’est-ce que la température basale ? Il s’agit tout simplement de notre température corporelle au repos, notre température de base quand on ne fait rien.

On la mesure généralement au réveil car c’est là où elle est la plus basse, avec un thermomètre à double décimale. Néanmoins, grâce aux avancées technologiques et aux thermomètres connectés comme le Trackle ou le Tempdrop, on peut désormais la mesurer tout au long de la nuit, quand on dort (et qu’on est vraiment en période d’inactivité physique !).

La température basale est l’un des deux critères de la symptothermie pour repérer l’ovulation, avec la glaire cervicale. En effet, sous l’effet de la progestérone sécrétée après l’ovulation, notre température corporelle augmente légèrement, d’environ 0,3 degrés.


conseils prise température symptothermie

Comment prendre sa température pour suivre son cycle menstruel et son ovulation ?

La température corporelle est donc un indicateur précieux de l’ovulation, qui nous permet de savoir si on est en phase pré-ovulatoire ou post-ovulatoire. Néanmoins, pour qu’elle soit la plus fiable possible, il est important de respecter certains principes pour la prendre correctement :

  • Il faut la prendre tous les matins au réveil, sans poser le pied par terre, après minimum 1h de sommeil ou de repos allongée.

  • Il est important de prendre sa température toujours à la même heure, ou du moins dans une fenêtre d’1h30, avant ou après son heure de prise habituelle.

  • Il est essentiel d’utiliser un thermomètre basal à double décimale : en effet, l’augmentation de température est subtile, de l’ordre de quelques dixièmes ! Un thermomètre classique ne sera pas assez précis pour vous indiquer la hausse de température basale liée à l’ovulation.

  • Vous pouvez prendre votre température par voie buccale, vaginale ou rectale.

  • On ne change pas de thermomètre ou de zone de prise de température en cours de cycle, au risque de tout fausser !

Cela peut paraître un peu rigide, mais cela demande plutôt de la rigueur sur les premiers cycles : une fois que vous aurez pris l’habitude de checker votre température quotidiennement, cela deviendra un réflexe (comme celui de vous brosser les dents ou de prendre votre pilule à heure fixe ;)).

Et, comme évoqué plus haut, on peut désormais se faciliter la vie, en utilisant un thermomètre connecté qui prend votre température pendant votre sommeil. D’ailleurs, si le Tempdrop vous intéresse, on a imaginé un mini-atelier pour vous permettre de vous en servir de manière fiable pour la symptothermie !


Comment évolue la température au cours du cycle menstruel et pendant les règles ?

Notre température corporelle évolue tout au long du cycle, sous l’influence des hormones en présence selon les phases du cycle menstruel !

Durant la phase folliculaire (pré-ovulatoire et ovulatoire), ce sont les oestrogènes qui sont prédominants, sécrétés par les follicules en développement dans nos ovaires. Les oestrogènes n’ont pas de réel impact sur la température corporelle au réveil.

En revanche, une fois que l’ovulation a eu lieu, les choses changent ! Pendant la phase lutéale (ou phase post-ovulatoire), la progestérone est sécrétée par le corps jaune (l’enveloppe du follicule qui a libéré son ovocyte) : le rôle de cette précieuse hormone est de maintenir une éventuelle grossesse, et elle a pour effet (entre autres) de provoquer une augmentation de la température. Elle nous met en mode « couveuse » pour qu’un embryon puisse se développer !

Ainsi, sur la courbe de température, on peut clairement voir un plateau bas (qui correspond à la phase pré-ovulatoire) et un plateau haut, qui prouve que l’ovulation a bien eu lieu (toujours en double contrôle avec la glaire cervicale bien sûr !). La température monte de 0,3 degrés environ et se maintient sur un plateau stable jusqu’aux règles. Ce décalage thermique est un bel indicateur de la fertilité et que l’ovulation est derrière nous !

évolution température cycle menstruel

Néanmoins, si vous voyez que votre température vient de monter et que vous souhaitez tomber enceinte, ne jetez pas l’éponge tout de suite : en effet, l’ovule ayant une durée de vie de 24 heures (grand maximum), vous restez fertile le premier jour de votre phase lutéale (votre premier point haut) ! D’ailleurs, en symptothermie, on considère que la fenêtre de fertilité ne se referme qu’après 3 points hauts sur la courbe de température, par précaution.

À noter également que la hausse de la température se produit généralement le lendemain de l’ovulation (29% des cas selon le graphique ci-dessous) : toutefois, elle peut aussi survenir le jour de l’ovulation proprement dite (27%) ou le surlendemain (24%). Plus rarement, l’ovulation peut aussi se produire le lendemain de la hausse de la température, au deuxième point haut (11% des cas observés), d’où l’intérêt d’avoir 3 points hauts pour bien valider la clôture de la fenêtre de fertilité !).

ovulation température

S’il n’y a pas eu de grossesse, le corps jaune, qui a une durée de vie limitée (maximum 16 jours) s’essouffle au bout de quelques jours et la progestérone commence à diminuer : quand elle atteint un seuil minimal, la température corporelle baisse à nouveau. C’est un indice que les règles sont sur le point de débarquer !

En revanche, en cas de grossesse, la température basale se maintient sur un plateau haut. En effet, la beta hCG sécrétée par le trophoblaste (le futur placenta) commande au corps jaune de se maintenir et de continuer à sécréter de la progestérone !

Si vous souhaitez aller plus loin, n’hésitez pas à lire notre article sur la température corporelle au fil du cycle menstruel !


Pourquoi la température corporelle ne baisse pas pendant les règles ?

On vient de le dire, la température basale est censée redescendre à l’approche des règles, la veille ou le jour J, signe que la progestérone n’est plus là pour maintenir l’endomètre et qu’il peut se détacher. Cependant, il y a des exceptions à cette règle ! Certaines femmes constatent en effet que leur température basale se maintient sur un plateau haut, alors qu’elles ne sont pas enceintes et que leurs menstruations ont débuté. Quelles sont les raisons à cela ?

inflammation utérus

Une inflammation

La température basale peut mettre un peu plus de temps à redescendre en cas d’inflammation : en effet, cet état d’hyper-vigilance et de réparation du corps provoque elle aussi une légère montée de température. C’est notamment le cas si vous souffrez d’endométriose, de syndrome prémenstruel ou « simplement » de règles douloureuses.

Pour évacuer l’endomètre (la muqueuse utérine), le corps fait intervenir des prostaglandines, qui provoquent les contractions de l’utérus. Pour être plus précise, on a deux types de prostaglandines : des prostaglandines inflammatoires (qui sont nécessaires en cas de blessure et dans les processus de réparation/guérison du corps, ou pour permettre les contractions utérines, par exemple) et des prostaglandines anti-inflammatoires, qui temporisent leurs consoeurs et évitent notamment des contractions trop violentes, qui seraient trop douloureuses.

Sauf qu’en cas d’endométriose, de SPM ou de règles douloureuses, on constate qu’elles ont du mal à faire « tampon » et qu’il y a un déséquilibre entre prostaglandines anti et pro-inflammatoires ! On est donc en situation d’inflammation au moment des règles, qui va faire monter un peu la température, et donner l’impression de retarder la baisse de la température basale liée à la chute de la progestérone. En fait on serait plutôt sur une sorte de “relai”, la progestérone cédant la place à l’inflammation pour faire grimper légèrement la température.

grossesse biochimique

Une grossesse biochimique

Il arrive parfois qu’il y ait une fécondation lors de l’ovulation, mais que l’ovule fécondé s’implante dans l’utérus sans parvenir à se développer. Dans ce cas, on parle de grossesse biochimique, lorsque la grossesse est arrêtée à un stade très précoce, tellement précoce qu’on ne s’en rend parfois pas compte, car l’embryon est directement « évacué » avec le sang des règles (règles qui peuvent d’ailleurs être légèrement en retard).

Toutefois, si l’ovule a été fécondé mais que la nidation n’a pas tenu, le corps jaune peut encore produire un peu de progestérone pendant quelques jours, maintenant la température élevée, même si des saignements surviennent.

perturbations température

D’autres éléments perturbateurs qui faussent la courbe de température

Un sommeil de mauvaise qualité/agité (ce qui arrive souvent lorsque nos règles nous font souffrir !), la consommation d’alcool, un dîner un peu trop lourd ou encore le stress (qu’il soit physique ou émotionnel) peuvent aussi perturber la température basale et retarder sa baisse.

Une infection ou une maladie (un rhume, une grippe, une angine, etc.) peuvent potentiellement provoquer un peu de fièvre (même légère) qui vient totalement perturber la température corporelle à la hausse. Dans ce cas ce sera une exception, sur un cycle, avec une température qui ne chute pas avant les règles, du fait de cette légère fièvre.

spotting prémenstruel

Des « règles » qui sont en fait des spottings de fin de cycle menstruel

En fin de cycle menstruel, nous sommes nombreuses à remarquer des petites pertes de sang (souvent brun), qui font de légères tâches dans nos sous-vêtements : on pense alors que les règles ont démarré, mais il n’en est rien !

En effet, les spottings ne sont pas des menstruations : ces légers saignements proviennent de la baisse de la progestérone, qui n’est plus suffisamment présente pour bien maintenir l’endomètre, qui commence à se détacher. Mais la progestérone ne chute pas encore totalement, donc les règles n’arrivent pas tout de suite, ce sont juste des petites pertes de sang. 

Ces spottings font partie de la fin de la phase post-ovulatoire et les règles démarrent véritablement au premier jour du saignement bien franc, qui nécessite une protection menstruelle 🙂 Il est donc normal que la température basale ne chute pas encore en cas de spottings.

grossesse

Un début de grossesse

Certaines femmes, en revanche, remarquent des saignements légers et un maintien de leur température corporelle sur un plateau haut, tout simplement parce qu’elles sont enceintes ! Les pertes de sang observées ne sont donc pas des règles, mais des saignements de début de grossesse.

Si vous avez un doute sur un potentiel rapport fécondant et votre température qui ne chute pas 16 jours après l’ovulation, n’hésitez pas à faire un test de grossesse, qui pourra confirmer si une grossesse a débuté !


questions fréquentes

Pour résumer – Questions fréquentes


On l’a vu, sous l’influence de nos hormones féminines (et surtout de leur chute en fin de cycle), notre température est généralement basse pendant les règles. Néanmoins, on a aussi balayé ensemble toutes les situations qui peuvent expliquer que votre température corporelle ne baisse pas pendant vos règles, ce qui arrive à un certain nombre de femmes ! Si cela se produit à chaque cycle, cela peut venir d’une inflammation sous-jacente ; si c’est plus ponctuel, il est possible qu’un élément perturbateur soit venu chambouler votre courbe de température, ou qu’une grossesse ait débuté !

On espère en tout cas que cela vous aura permis de comprendre qu’au delà des règles très théoriques de la symptothermie, certaines subtilités de nos corps de femme peuvent faire émerger des exceptions à ces règles 🙂 Tenir une courbe de température peut aussi vous aider à comprendre votre corps à vous et déceler d’éventuels signaux qu’il vous envoie sur votre équilibre hormonal, voire à augmenter vos chances de concevoir, en croisant ce précieux indicateur avec la glaire cervicale, selon les règles de la symptothermie pour repérer l’ovulation.

Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous faites partie des femmes qui voient leur température corporelle chuter en fin de cycle et donc leurs règles se profiler avant la première goutte de sang, ou bien de celles qui constatent que leur courbe de température se maintient pendant les règles, pour chuter ensuite ? Dites-nous tout en commentaire !

Les sources complémentaires

  • Stanford et al : Obstetrics and Gynecology Vol.101 No 6 pp.1285-1293, 2003.
  • Hormone LH : l’essentiel à connaître sur cette hormone clé de l’ovulation

    hormone LH

    Les idées clés

    • La LH, ou hormone lutéinisante, est une hormone clé de l’ovulation : son augmentation très rapide permet la rupture du follicule ovarien et la libération de l’ovule.
    • On peut procéder au dosage de la LH lorsque le cycle menstruel est irrégulier voire à l’arrêt, et/ou en cas d’infertilité.
    • La LH peut parfois être trop élevée (en cas d’insuffisance ovarienne ou de SMOP (ex SOPK) par exemple) ou trop basse (en cas de blocage au niveau cérébral, de prise de pilule ou de certains traitements médicaux, ou de grossesse !)
    • Dans ce cas, le médecin peut préconiser un traitement en fonction de la cause d’une LH « en dehors des clous », en complément d’ajustements d’hygiène de vie.
    • Les tests d’ovulation, qui se basent sur la détection de la LH, ne sont pas toujours fiables pour détecter l’ovulation (ou du moins difficiles à interpréter).

    Quand on parle des hormones féminines, on pense essentiellement aux oestrogènes et à la progestérone, qui sont effectivement capitales pour notre équilibre hormonal, notre fertilité et notre santé globale.

    Mais il y a une hormone dont on parle peu, alors qu’elle a elle aussi une mission très importante dans notre cycle menstruel : il s’agit de la LH (ou hormone luténéisante, et luteinizing hormone en anglais, d’où son acronyme), dont le pic (la sécrétion brutale) déclenche l’ovulation ! Sans elle, aucune libération de l’ovule n’est possible et il est très important qu’elle soit sécrétée de manière suffisante… sans être trop élevée non plus !

    Dans cet article, on vous explique quelles sont les implications de la LH dans notre fertilité, et dans quels cas elle peut être trop haute ou trop basse. On va aussi revenir sur les fameux tests d’ovulation qui se basent sur la détection de la LH pour déterminer votre fenêtre de fertilité (spoiler, ils ne sont pas toujours très fiables !). Prêtes ? 🙂



    Quel est le rôle de la LH au cours du cycle menstruel ?

    La LH (ou hormone lutéinisante) fait partie des hormones cruciales de notre cycle menstruel, et donc, de notre fertilité. Elle fait partie des hormones gonadotrophines (c’est-à-dire les hormones qui régulent le fonctionnement des gonades – ovaires chez la femme et testicules chez l’homme – et qui sont produites par l’hypophyse, dans le cerveau), comme la FSH.

    Elle est sécrétée à un moment bien précis : la phase ovulatoire, et environ 16 heures avant l’ovulation proprement dite.

    Pour rappel, le cycle menstruel est scindé en 4 différentes phases :

    phases cycle menstruel
    • Les règles, au cours desquelles l’endomètre se détache et est évacué grâce aux saignements.

    • La phase pré-ovulatoire (ou folliculaire), durant laquelle le cerveau (et plus précisément l’ hypophyse, une petite glande de notre cerveau) envoie de la FSH aux ovaires pour faire maturer les follicules ovariens. En se développant, les follicules sécrètent des oestrogènes.

    • La phase ovulatoire, durant laquelle l’un des follicules se développe plus rapidement que ses petits camarades (c’est le follicule de De Graaf) et sécrète beaucoup d’oestrogènes : passé un certain seuil, l’ hypophyse envoie donc la LH en quantité maximale (on parle de « pic de LH ») pour permettre l’ovulation, c’est-à-dire l’expulsion de l’ovule hors du follicule.

    • La phase post-ovulatoire, durant laquelle l’ovule est capté par le la trompe utérine voisine et s’y « installe », en vue d’une potentielle fécondation par un spermatozoïde. Sa durée de vie est de 12 heures environ : s’il n’est pas fécondé dans ce laps de temps, il se désagrège. Son follicule devient lui le corps jaune, qui sécrète de la progestérone. Sans grossesse, il finit par s’atrophier et les règles surviennent maximum 16 jours après l’ovulation.

    pic de LH

    La sécrétion de la LH a donc un timing très précis et est orchestrée par le dialogue permanent entre l’hypophyse et nos ovaires. C’est son pic qui permet la rupture de la membrane du follicule et donc l’expulsion de l’ovocyte (qu’on appellera ovule dès qu’il aura quitté l’ovaire !). Sans pic de LH, pas d’ovulation ! C’est aussi elle qui permet la transformation du follicule rompu en corps jaune (jaune = luteum en latin, c’est la raison pour laquelle on parle d’ hormone lutéinisante ;))

    Autrement dit, c’est la LH qui est responsable de la sécrétion de progestérone, puisque c’est elle qui transforme le follicule en glande produisant cette hormone dès l’ovulation passée.


    Comment doser son taux de LH ?

    La LH étant une hormone très importante chez la femme (et chez l’homme aussi, d’ailleurs !), il peut arriver qu’on souhaite la doser, pour voir si son taux est suffisant ou non.

    Le dosage est réalisé chez la femme en cas de souci de fertilité, d’aménorrhée (absence de règles – lien), de suspicion de SMOP (syndrome métabolique ovarien polyendocrinien) ou de périménopause, par exemple.

    L’ hormone lutéinisante est généralement dosée en début de cycle menstruel, entre le troisième et le cinquième jour des règles : elle est en effet à son niveau basal à ce moment-là et cela permet également de mesurer, en même temps, la FSH (une autre hormone hypophysaire permettant la maturation des follicules, on l’a vu), mais aussi les oestrogènes, ainsi que d’autres hormones si besoin (androgènes ou thyroïdiennes, par exemple).

    Le dosage ne se fait pas forcément le matin à jeun et est réalisé, de préférence, sur ordonnance de votre médecin, gynécologue ou sage-femme. Néanmoins, vous pouvez aussi faire doser votre LH sans ordonnance et dans ce cas, vous devrez régler l’examen (qui coûte une vingtaine d’euros, par hormone testée, si vous choisissez de tester FSH, oestrogènes, etc. en même temps).


    taux normal LH

    Quel est le taux normal de LH ?

    Le taux normal de LH varie selon les phases du cycle menstruel et la situation hormonale de la femme. Voici les valeurs de référence générales en UI/L (Unités Internationales par litre) :

    • Phase folliculaire : 2-12 UI/L

    • Phase ovulatoire : 10-75 UI/L (elle fait donc un pic brutal pour permettre l’ovulation)

    • Phase post-ovulatoire : 1-8 UI/L (la LH redescend car elle n’a plus de follicule à faire éclater – c’est littéralement le cas !)).

    En général le taux de LH en début de cycle est le même que celui de FSH, on dit qu’il y a un rapport de 1 à 1, ou alors une FSH légèrement plus élevée que la LH.

    Que signifie un taux élevé de LH ?

    Voici les cas de figure dans lesquels on peut observer un taux de LH élevé (même s’il faut bien sûr prendre en compte la phase du cycle à laquelle a été réalisée l’analyse, et le comparer à celui des autres hormones du cycle) :

    • Ovulation imminente : un taux élevé peut indiquer que vous êtes sur le point d’ovuler !

    • Une insuffisance ovarienne : lorsque les ovaires sont un peu paresseux et que la maturation des follicules ovariens peine à se faire, le cerveau essaie généralement de les sur-stimuler en envoyant un maximum de FSH et, dans une moindre mesure, de LH. Lorsque l’ovulation ne se fait pas du tout, la femme n’a pas ses règles et on parle d’aménorrhée au niveau ovarien. Dans ce cas, la LH et la FSH sont élevées, mais les oestrogènes restent bas. Cela peut aussi arriver en périménopause.

    • Un SMOP : les femmes atteintes de ce syndrome présentent souvent un rapport LH/FSH déséquilibré, avec une LH plus élevée que la FSH, ce qui peut perturber l’ovulation. En effet, dans ce cas, la LH reste constamment haute, sans véritablement faire de « pic ». Attention néanmoins, on peut avoir un SMOP sans que la LH ne soit impactée, et certaines femmes avec un SMOP ont une LH normale.

    • Une tumeur bénigne de l’hypophyse (qui sécrète la LH)

    • Pour les femmes qui suivent un parcours PMA, il faut savoir que le Clomid peut provoquer une augmentation de la LH. En effet, ce traitement leurre le cerveau, en lui « cachant » les oestrogènes sécrétés par les ovaires : il pense donc qu’il n’y a pas assez d’oestrogènes et que les follicules ne maturent pas. Pour contrer cela, il augmente sa sécrétion de FSH et de LH.

      Idem pour l’Ovitrelle, qui contient de la beta HCG recombinante, qui ressemble beaucoup à la LH sur le plan moléculaire et qui est généralement utilisée pour déclencher l’ovulation.

    Que signifie un taux bas de LH ?

    A contrario, voici ce que peut indiquer une LH un peu basse :

    • Que la prise de sang n’a pas été faite au bon moment, ou en tout cas hors de la phase ovulatoire

    • Une absence d’ovulation (et une aménorrhée), en raison d’un blocage au niveau de l’ hypophyse. Cela peut se produire en cas de stress intense (physique ou émotionnel), de masse grasse trop faible, de problème de thyroïde, etc. Le cerveau dans ce cas, estime qu’une grossesse ne pourrait pas être menée à bien et bloque la sécrétion de LH et de FSH menant à l’ovulation.

    • Une grossesse éventuelle, si la FSH est également basse mais que les oestrogènes et la progestérone sont élevés. Cette dernière inhibe en effet la sécrétion de LH, empêchant qu’une ovulation ait lieu alors qu’on est déjà enceinte !

    • Cela peut aussi se produire en cas de prise de médicaments, comme certaines pilules combinées ou progestatives, les corticoïdes, les antagonistes et agonistes à la GnRH. La GnRH est l’hormone envoyée par l’hypothalamus, le chef de l’hypophyse, pour lui commander d’envoyer de la FSH et de la LH.


    gynécologue

    Que faire en cas de LH trop haute ou trop basse ?

    La question qui se pose ensuite si les résultats du dosage de la LH révèle qu’elle sort des fourchettes des laboratoires est « que dois-je faire pour la booster ou la faire baisser ?!« .

    Premièrement, on attire vraiment votre attention sur la nécessité de faire un test hormonal complet, incluant FSH, estradiol (oestrogènes) et d’autres paramètres, qui peuvent aider à interpréter votre taux de LH selon votre contexte. Si vous avez des doutes ou des symptômes associés (cycles irréguliers, absence d’ovulation, troubles menstruels, problèmes de fertilité), une consultation médicale est essentielle !

    En effet, travailler sur sa LH ne s’improvise pas et il est essentiel de creuser avec votre médecin. Il pourra trouver la cause de votre LH trop basse ou trop élevée et vous proposer un traitement en fonction, hormonal ou non.

    En revanche, on a vu ensemble que l’hygiène de vie (et notamment le stress, l’excès de sport et la masse graisseuse) peut jouer sur la LH : dans ce cas, vous pouvez également travailler sur votre sphère émotionnelle, votre pratique sportive et votre alimentation pour retrouver une ovulation de qualité et une LH dans les clous. Si vous souhaitez être accompagnée dans ce sens, le Fertility Club vous est ouvert ! 🙂


    test d'ovulation hormone LH

    Hormone LH et tests d’ovulation pour repérer l’ovulation et la période de fertilité

    On ne peut pas parler de l’hormone lutéinisante sans évoquer les tests d’ovulation, qui sont très souvent utilisés dans le cadre des essais bébé, pour ne pas « louper le coche » ! En effet, la LH est l’hormone détectée par les tests d’ovulation : quand elle est haute, et donc qu’en théorie, on s’apprête à ovuler, le test d’ovulation est positif.

    Le « hic », c’est que les tests d’ovulation ne sont pas toujours fiables, pour plein de raisons, parmi lesquelles :

    • Leur niveau de sensibilité peut être trop bas (ils vont donc « sur-réagir ») ou trop haut (ils ne vont pas réagir)

    • La présence d’un SMOP, avec une LH constamment élevée : vous allez donc obtenir des résultats faussement positifs, car la LH ne redescend pas totalement entre les cycles.

    • Vous pouvez aussi les faire au mauvais moment, si vous pensez ovuler autour du 14ème jour du cycle (comme on nous l’apprend dans tous les manuels). Or, chez la femme, l’ovulation peut se faire plus tôt, ou plus tard ! Si c’est votre cas, vos tests seront négatifs et vous pourrez penser que vous avez un souci d’ovulation, alors que pas du tout.

    • Enfin, on peut avoir un pic de LH sans ovulation : l’ovulation peut en effet être stoppée dans la dernière ligne droite, pour pleins de raisons. La présence de LH indique que l’on s’apprête à ovuler et non que l’ovulation a eu lieu ! Le pic de LH est nécessaire mais pas suffisant pour déclencher l’ovulation, notamment en cas de SMOP, d’insuffisance ovarienne ou de non réponse du follicule au pic de LH.

    Il faut aussi noter qu’un test d’ovulation est négatif après le pic de LH, alors que vous êtes au max de votre fertilité ! En effet, l’ovulation peut survenir 18 heures après le pic de LH : ainsi, quand le test redevient négatif, l’ovulation peut être en cours ou sur le point de se produire. Ainsi, si vous avez un test positif + un test négatif, gardez en tête que vous restez fertile après le dernier test positif, le temps d’ovuler (environ 18 heures après le pic) et que l’ovule meure (environ 12 heures après l’ovulation).

    Ainsi, vous pouvez avoir un test d’ovulation positif sans ovuler, et un test d’ovulation négatif alors que vous ovulez bien ! La Direction Générale des Fraudes a même publié une enquête révélant que 4 tests de grossesse et d’ovulation sur 10 sont défectueux.

    signaux ovulation

    On ne vous recommande donc pas de suivre votre ovulation au moyen de tests d’ovulation, et il est préférable de plutôt s’appuyer sur les signaux envoyés par le corps au moment de l’ovulation, selon les principes de la symptothermie :

    • La glaire cervicale (ce mucus sécrété par le col de l’utérus et qu’on appelle souvent « pertes blanches »), qui devient abondante, crémeuse, laiteuse voire blanc d’oeuf cru à l’approche de l’ovulation, puis s’assèche et se tarit une fois qu’elle est passée

    • La température, qui augmente de 0,3 degré environ après l’ovulation.

    En apprenant à observer ces deux signaux combinés, vous aurez une vision bien plus précise de votre ovulation 😉 On a rédigé tout un article sur les tests d’ovulation, n’hésitez pas à le consulter pour aller plus loin !


    questions fréquentes LH

    Pour résumer – Questions fréquentes


    Vous savez désormais quasiment tout sur la LH, notre hormone lutéinisante si importante pour l’ovulation, la fertilité et le cycle menstruel ! Son dosage est parfois préconisé lorsque les essais bébé s’éternisent ou que les règles jouent aux abonnées absentes, et heureusement, des solutions médicales ou plus « naturelles », axées sur l’hygiène de vie, existent.

    On peut également essayer de la suivre de près grâce à des tests d’ovulation, pour avoir des rapports au bon moment 🙂 Du moins, on vous recommande plutôt de vous fier aux signaux envoyés par votre corps, comme la glaire cervicale, bien plus fiables.

    Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous avez d’autres questions sur la LH, que nous n’aurions pas abordées ici ? N’hésitez pas à les poser en commentaire !

    Aménorrhée : les raisons qui expliquent une absence de règles

    aménorrhée

    Les idées clés

    • L’aménorrhée désigne l’absence de règles depuis au minimum 3 mois.
    • Elle peut être primaire si les règles n’ont jamais débuté, ou secondaire, si la femme a déjà été réglée par le passé.
    • L’aménorrhée est normale en cas de grossesse, de ménopause ou d’allaitement. Elle peut aussi survenir après l’arrêt d’une contraception hormonale, le temps que le cycle menstruel reprenne du service.
    • Les règles sont toujours la conséquence d’une ovulation réussie.
    • L’absence de règles peut venir d’un problème de l’ovulation (venant soit du cerveau, soit des ovaires), d’un anomalie mécanique (utérus absent ou présentant des adhérences, col de l’utérus bouché, etc.) ou d’un trouble génétique.
    • Le traitement de l’aménorrhée dépend de sa cause, et il est possible de relancer le cycle menstruel et les règles grâce à des solutions médicales et/ou axées sur l’hygiène de vie.

    Les règles ne sont pas toujours nos meilleures amies, mais il faut bien avouer que quand elles sont absentes, on se pose généralement beaucoup de questions (la première étant, « est-ce que je suis enceinte ? »), surtout si on est en essai bébé et que notre test de grossesse est négatif.

    Cette absence des règles porte un nom médical, l’aménorrhée, et elle peut avoir des causes très variées, qu’elles soient hormonales ou mécaniques. Dans cet article, nous allons voir en détail pourquoi, parfois, nos règles jouent aux abonnées absentes 🙂



    définition aménorrhée

    Qu’est-ce que l’aménorrhée ?

    L’aménorrhée désigne l’absence de règles, et ce, depuis au moins 3 mois. Un simple retard de règles de quelques jours, d’une ou deux semaines, n’est donc pas une aménorrhée !

    On distingue généralement l’aménorrhée primaire ou et l’aménorrhée secondaire.

    Aménorrhée primaire

    On parle d’aménorrhée primaire lorsque la jeune fille n’a toujours pas eu ses premières règles à l’âge de 16 ans. En effet, les premières règles se présentent entre l’âge de 10 et 15 ans, généralement deux ans après l’apparition des premiers caractères sexuels secondaires lorsque la puberté démarre, à savoir les seins, les poils et l’élargissement des hanches (entre autres).

    Une adolescente qui souffre d’aménorrhée primaire peut avoir des caractères sexuels développés ou non, en fonction de la cause de son absence de règles et de cycle menstruel.

    Aménorrhée secondaire

    L’aménorrhée secondaire, quant à elle, désigne l’absence de règles depuis plus de 3 mois chez une femme qui a déjà eu ses règles. Hormis durant la ménopause, la grossesse et l’allaitement, cette mise en pause du cycle menstruel chez une femme en âge de procréer n’est pas normale !


    cycle menstruel

    Pourquoi les femmes ont leurs règles tous les mois ?

    Le cycle menstruel et les règles font partie de nos vies de femme : même si on s’en passerait bien parfois, nos menstruations sont la preuve que notre corps fait en sorte d’ovuler, cycle après cycle, qu’on ait envie d’avoir des enfants ou non 🙂

    Et c’est très bien, car nos hormones féminines, les oestrogènes et la progestérone ont plein de bonnes choses à nous apporter, autant sur le plan physique (santé cardiovasculaire, ostéo-articulaire, etc.) que mentale (diminution de l’anxiété, production de neurotransmetteurs apaisants et dynamisants, etc.). D’ailleurs, vous saviez que le cycle menstruel est le 5ème signe vital selon le Collège Américain des Obstétriciens et Gynécologues ? 🙂

    Les règles surviennent en moyenne tous les 21 à 35 jours : en effet, notre cycle menstruel ne dure pas forcément 28 jours, et sa longueur peut varier d’une femme à l’autre et d’un cycle à l’autre.

    Et, l’élément essentiel à retenir, c’est qu’elles sont toujours la conséquence de l’ovulation : en effet, le corps ovule à chaque cycle, et, en l’absence de fécondation, la muqueuse utérine bâtie au fil du cycle se détache et est évacuée grâce aux saignements.

    Le cycle menstruel se découpe en 2 parties :

    • Des règles à l’ovulation, ce sont les oestrogènes qui dominent. Au tout début du cycle, l’hypothalamus, une aire de notre cerveau, envoie une hormone, la GnRH, à une autre zone cérébrale, l’hypophyse. L’hypophyse, en réponse, stimule les follicules ovariens situés dans nos ovaires, en envoyant de la FSH. Les follicules se mettent à maturer et ce faisant, ils sécrètent des oestrogènes. Or, les oestrogènes ont, parmi leurs nombreux rôles, la mission d’épaissir l’endomètre ! Au bout de quelques jours, un follicule devient dominant et manifeste sa présence par une sécrétion massive d’oestrogènes. Cette quantité maximale d’oestrogènes est détectée par le cerveau, qui lance l’ovulation en produisant une nouvelle hormone, la LH. L’ovulation se produit dans les 16 heures qui suivent.

    • De l’ovulation aux règles, les oestrogènes sont moins présents et c’est la progestérone, sécrétée par le corps jaune, qui prédomine. Le corps jaune est le follicule vidé de son ovocyte et il va sécréter de la progestérone de manière exponentielle pendant 7 jours, dans le but de préparer une grossesse : la progestérone va alors vasculariser la muqueuse utérine construite et épaissie par les oestrogènes, afin d’en faire un nid douillet dans lequel l’embryon va s’accrocher s’il y a eu une fécondation, mais aussi bien la maintenir en place. Si elle n’a pas eu lieu, le corps jaune s’essouffle, la production de progestérone chute : l’endomètre n’est plus maintenu et les règles démarrent.

    dialogue cerveau ovaires cycle menstruel

    Vous l’aurez donc compris, l’ovulation et les règles sont le fruit de toute une cascade hormonale, entre le cerveau et les ovaires. Pas d’ovulation, pas de règles !

    hormones cycle menstruel


    Dans quels cas l’absence de règles est-elle normale ?

    Nous avons commencé à l’évoquer précédemment, mais certaines situations tout à fait physiologiques peuvent expliquer une absence de règles.

    grossesse aménorrhée

    Grossesse

    La grossesse est une situation très connue d’aménorrhée : il n’est d’ailleurs pas rare d’entendre parler de « semaines d’aménorrhée » pour dater une conception !

    En effet, lorsqu’une femme tombe enceinte, elle produit beaucoup de progestérone : or, cette hormone, en plus de vasculariser et maintenir l’endomètre, bloque l’ovulation. En effet, elle est la « gardienne du temple », et protège la grossesse : ce faisant, elle inhibe la sécrétion de LH par le cerveau et empêche qu’une nouvelle ovulation/fécondation vienne perturber la grossesse en cours ! Une femme enceinte ne peut donc pas avoir ses règles, même si des saignements de grossesse peuvent survenir.

    C’est la raison pour laquelle il faut toujours faire un test de grossesse en cas de retard de règles, pour écarter cette possibilité 🙂

    allaitement aménorrhée

    Allaitement

    Lorsqu’une femme allaite, elle produit une hormone toute particulière : la prolactine. Or, la prolactine a pour particularité, elle aussi, d’interférer avec l’ovulation ! En effet, en cas d’allaitement, le cerveau estime qu’il est éventuellement trop tôt pour commencer une nouvelle grossesse.

    L’allaitement peut donc bloquer le cycle (ou du moins le perturber) et la méthode MAMA est d’ailleurs un moyen de contraception à la disposition des jeunes mamans, pendant les 6 premiers mois du bébé.

    ménopause

    Ménopause

    Lorsque le cycle menstruel et le processus ovulatoire s’arrêtent totalement, on entre en ménopause. La ménopause intervient en moyenne vers 51 ans et est diagnostiquée après une absence de règles de plus d’un an.

    Ceci étant dit, les cycles peuvent commencer à cafouiller bien avant, lors de la périménopause : en effet, le cycle menstruel met des années à s’arrêter totalement, et avant cela, les ovulations peuvent se raréfier et les cycles devenir plus longs, ce qui conduit à des périodes d’aménorrhée, d’absence de règles plus ou moins longues.

    pilule et absence de règles

    Pilule contraceptive

    Cette dernière situation n’est pas vraiment physiologique, mais elle est néanmoins très courante. En effet, lorsque l’on prend une pilule contraceptive combinée (et certaines pilules progestatives), l’ovulation est bloquée. Le cycle menstruel est donc en pause et les règles aussi !

    Car oui, les règles sous pilule, sont en fait des hémorragies de privation, qui ne sont pas la conséquence d’une ovulation sans fécondation comme les vraies menstruations, mais simplement une réaction de notre corps à la soudaine chute hormonale artificielle induite par la pause entre les plaquettes.

    Par ailleurs, les femmes qui ont une contraception seulement basée sur un progestatif (une version chimique de la progestérone, sous forme d’une pilule ou d’un stérilet, par exemple) n’ont généralement plus leurs règles. En effet, si les oestrogènes naturels ne sont pas remplacés par une version synthétique, la muqueuse utérine n’est pas épaissie, et il n’y a donc rien à évacuer au moment de la semaine de pause.

    Même chose pour les femmes qui prennent la pilule en continu : étant donné qu’il n’y a pas de pause entre les plaquettes, il n’y a aucune chute hormonale, l’endomètre se maintient (bien qu’il soit très très fin) et les saignements ne se déclenchent pas.

    Enfin, il n’est pas rare que les règles mettent un certain temps à revenir après l’arrêt de la pilule : en effet, il faut un certain temps au dialogue cerveau/ovaires pour reprendre de manière fluide afin de relancer une ovulation. Il peut donc y avoir quelques loupés qui vont repousser l’ovulation et donc les règles, et donc éventuellement une période d’aménorrhée post pilule.


    Aménorrhée : quelles en sont les causes ?

    Les causes d’absence de règles sont nombreuses ! Elles peuvent provenir d’un déséquilibre hormonal (au niveau ovarien ou cérébral), d’une anomalie au niveau de l’utérus, du col de l’utérus ou du vagin, ou encore d’un problème génétique. Certains médicaments peuvent aussi être en cause !

    Un problème d’ovulation

    anovulation

    Pour que les règles soient présentes, il faut qu’une ovulation ait eu lieu dans les 16 jours qui précèdent. Ainsi, une aménorrhée primaire ou secondaire peut s’expliquer par un blocage de l’ovulation, un souci lors de l’une des étapes du cycle menstruel.

    Le blocage peut venir du cerveau, au niveau de l’axe hypothalamo-hypophysaire : un stress intense (physique ou mental), ainsi que des carences et une masse graisseuse trop faible (en cas d’anorexie mentale par exemple, mais aussi d’un excès de sport) peuvent provoquer un arrêt des règles. Pourquoi ? Parce que l’hypothalamus est le point de contact entre les systèmes nerveux et hormonal : s’il détecte que nous sommes trop fragiles émotionnellement ou physiquement, il va nous placer en mode survie et clairement, pour lui, ce n’est pas le moment d’enfanter. La production de GnRH et de FSH par l’hypophyse sont donc ralenties et les follicules ovariens ne sont pas stimulés.

    Ce blocage peut aussi venir d’une tumeur bénigne au niveau hypophysaire, ou d’un adénome à prolactine, qui peut provoquer une production trop importante de cette hormone, même si on n’est pas enceinte. Or, souvenez-vous, la prolactine entrave l’ovulation !

    Lorsque le blocage vient de la zone cérébrale, la LH et la FSH sont généralement basses, tout comme les oestrogènes.

    L’inhibition de l’ovulation peut aussi venir d’un problème au niveau ovarien : dans ce cas, les follicules ne répondent pas, ou pas bien, aux sollicitations du cerveau. Cela peut arriver en cas d’insuffisance ovarienne précoce ou de périménopause (les follicules commencent à fatiguer), par exemple. Aux analyses, on peut avoir une FSH haute et des oestrogènes bas, car le cerveau « hurle » sur les ovaires pour essayer de se faire entendre, sans succès. Or, sans oestrogènes, pas d’ovulation et pas d’épaississement de l’endomètre, ce qui explique que les règles soient absentes.

    SMOP (ex SOPK)

    On peut également citer le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP, ex SOPK) , un trouble hormonal complexe qui peut bloquer l’ovulation, allonger les cycles et donc se manifester par des périodes d’aménorrhée. En cas de syndrome métabolique ovarien polyendocrinien , la LH peut être chroniquement élevée par rapport à la FSH, ce qui perturbe la maturation folliculaire et le processus ovulatoire. Le souci, c’est qu’un pic de LH est indispensable pour permettre l’expulsion de l’ovocyte au moment de l’ovulation ! Par ailleurs, les follicules peuvent être bloqués dans leur développement, sans qu’aucun ne parvienne à maturité : ils débutent leur croissance en début de cycle, mais n’achèvent pas le processus. C’est ce phénomène qui explique l’aspect « polykystique » des ovaires observé à l’échographie : il ne s’agit pas de véritables kystes, mais de follicules immatures.

    Le SMOP peut également se manifester par une hyperandrogénie (taux élevés d’androgènes, comme la testostérone), qui peut provoquer des symptômes comme une perte de cheveux marquée (alopécie), de l’acné ou un hirsutisme (poils sur des zones habituellement masculines, comme le menton ou le torse). En revanche, les œstrogènes sont souvent normaux ou modérément élevés, bien que parfois bas.

    Le diagnostic de SMOP, toujours posé par un médecin, repose sur les critères de Rotterdam : il est établi lorsqu’au moins deux des trois caractéristiques suivantes sont présentes, après exclusion d’autres causes possibles :

    • Un trouble de l’ovulation (cycles irréguliers ou anovulatoires),

    • Une hyperandrogénie clinique (des manifestations visibles) ou biologique (démontrée par les prises de sang)

    • Des ovaires à l’aspect polykystique à l’échographie (plus de 20 follicules par ovaire ou un volume ovarien accru).

    cause mécanique aménorrhée

    Un problème mécanique

    Il arrive aussi parfois que les règles soient tout simplement bloquées par un problème mécanique ou une particularité anatomique :

    • Une absence d’utérus, qu’elle soit de naissance ou suite à une hystérectomie (ablation de l’utérus)

    • Un blocage au niveau de l’utérus : des adhérences utérines (qu’on appelle aussi synéchies), qui sont parfois une séquelle d’une intervention chirurgicale)

    • Un blocage au niveau du col de l’utérus (sténose cervicale),

    • Un blocage au niveau du vagin (comme une fusion des lèvres, par exemple).

    Dans ce cas, la sécrétion hormonale est normale mais l’endomètre ne peut pas être évacué, ou est inexistant si l’utérus est absent.

    Certains médicaments

    La prise de certains médicaments peut entraver, voire bloquer le processus ovulatoire :

    • des antidopaminergiques qui augmentent la prolactine

    • des neuroleptiques ou anti-dépresseurs qui jouent sur le complexe hypothalamo-hypophysaire

    • La radiothérapie et la chimiothérapie

    • Entre autres !

    On peut également citer les anti-inflammatoires, qui, lorsqu’ils sont pris de façon chronique, peuvent perturber l’ovulation : en effet, le follicule, pour expulser son ovocyte, a besoin de provoquer une petite réaction inflammatoire pour pouvoir rompre sa membrane.

    Anomalies génétiques

    En effet, certaines anomalies génétiques peuvent perturber le cycle menstruel et donc provoquer une aménorrhée primaire, dès la puberté. On peut citer le syndrome de Turner, qui est est une anomalie chromosomique qui affecte les femmes et qui résulte d’une absence totale ou partielle d’un chromosome X. Ainsi, les ovaires ne se développent pas normalement et ne produisent pas d’oestrogènes ; par ailleurs, l’utérus est généralement atrophié.

    thyroïde absence de règles

    Un déséquilibre au niveau de la thyroïde

    Un problème thyroïdien peut provoquer une aménorrhée, car la thyroïde joue un rôle clé dans la régulation hormonale, notamment au niveau de l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien. Les déséquilibres thyroïdiens (hyperthyroïdie ou hypothyroïdie) peuvent donc perturber les cycles menstruels de différentes manières !

    L’hypothyroïdie (insuffisance de production d’hormones thyroïdiennes) peut causer une aménorrhée, car elle ralentit tout le métabolisme, et donc, le cycle menstruel. De plus, l’hypothyroïdie peut faire augmenter le taux de prolactine et perturber le développement des follicules.

    À l’inverse, une hyperthyroïdie peut (l’excès d’hormones thyroïdiennes) peut altérer la pulsation de la GnRH, affectant la libération de FSH et LH. Par ailleurs, l’augmentation du métabolisme peut entraîner une perte de poids importante ou une carence énergétique, ce qui, on l’a vu, peut bloquer l’ovulation.


    traitement aménorrhée

    Comment « relancer » les règles ?

    Une fois qu’on a dit tout ça, une question (légitime) se pose : comment retrouver ses règles, comment retrouver une ovulation ?

    Très souvent, les professionnels de santé proposent de « relancer le cycle » grâce à un traitement progestatif (comme le Duphaston) : cette piste ne semble néanmoins pas forcément efficace, car la progestérone de synthèse ne permet pas de relancer l’ovulation. Elle induit simplement une hémorragie de privation et permet de reprendre le cycle de zéro. Néanmoins, rien ne garantit que l’ovulation aura bien lieu au cycle suivant ! De plus, si le Duphaston par exemple est pris trop tôt, alors qu’une ovulation se préparait, la progestérone de synthèse qu’il contient peur contrecarrer l’ovulation.

    La prise en charge va plutôt dépendre de la raison de ce blocage du cycle menstruel, qu’elle soit hormonale ou mécanique. C’est la raison pour laquelle, généralement, le médecin réalise à la fois :

    • Un examen gynécologique, pour s’assurer que le vagin et le col soient OK. Chez la jeune fille qui n’a pas encore eu ses règles, on peut vérifier son développement pubertaire (poils, seins).

    • Des examens d’imagerie (IRM, échographie), pour vérifier l’aspect de l’utérus et des ovaires

    • Un bilan hormonal : oestrogènes, LH, FSH, androgènes, mais aussi des hormones thyroïdiennes.

    Le médecin commence aussi généralement par vérifier qu’une grossesse ne soit pas en cours, grâce à un test de grossesse urinaire ou sanguin, pour exclure cette possibilité. Il peut vous poser quelques questions sur votre niveau de stress et votre hygiène de vie (trop de sport, une prise alimentaire trop faible, etc.)

    Ensuite, en fonction des résultats, le médecin va vous proposer un traitement adapté, voire une intervention chirurgicale (en cas d’une anomalie utérine ou d’un adénome à prolactine, par exemple)

    Enfin, en complément de cette prise en charge médicale, ou si tout semble normal aux examens, il est également possible de mettre en place des ajustements d’hygiène de vie : une réduction des sources de stress, une alimentation physiologique avec des nutriments essentiels au bon déroulé du cycle menstruel (bons gras, protéines, vitamines, minéraux, etc), une activité physique adaptée… entre autres !

    Si vous ressentez le besoin d’être accompagnée, si vous êtes en situation d’aménorrhée et que vous aimeriez relancer votre cycle menstruel pour avoir un bébé, le Fertility Club est à votre disposition <3


    consultation absence règles

    Absence de règles : quand consulter ?

    N’hésitez pas à aller voir votre médecin traitant, gynécologue ou sage-femme si vos règles sont absentes depuis plus de 3 mois, que vous soyez en post-pilule, ou non. En effet, il n’est pas normal de ne plus avoir ses règles (hors grossesse, ménopause ou allaitement) et l’aménorrhée est souvent le symptôme d’un souci plus profond 🙂


    suivi cycle menstruel

    Suivre son cycle menstruel, pour repérer ses prochaines règles

    Quand les règles manquent à l’appel, on peut vraiment se sentir un peu démunie : toutefois, apprendre à observer votre cycle menstruel peut vous redonner un peu de prise sur la situation 🙂

    En effet, l’ovulation est un phénomène qui se passe à l’intérieur de notre corps, certes, mais elle se manifeste par des indices tout à fait précis et observables :

    • la présence et la montée en qualité de la glaire cervicale : il s’agit d’un mucus sécrété sous l’influence des oestrogènes (qu’on appelle souvent « pertes blanches »)

    • la température, qui augmente après l’ovulation, sous l’influence de la progestérone.

    Cette combinaison des deux facteurs permet de spotter l’ovulation grâce à une méthode appelée la symptothermie : elle vous permettra d’observer votre cycle, de repérer votre prochaine ovulation et donc vos prochaines règles (qui doivent survenir au max 16 jours plus tard, hors grossesse) !

    De plus, ces observations peuvent s’avérer très précieuses pour la prise en charge et le suivi de votre aménorrhée par votre équipe médicale 🙂


    questions fréquentes

    Pour résumer – Questions fréquentes


    Pour conclure, l’aménorrhée est un trouble assez complexe du cycle menstruel, qui peut venir de plein de choses : notre cerveau, nos ovaires, nos hormones, notre anatomie, etc. En tout cas, une chose est sûre : lorsque vos règles se font désirer, il est toujours intéressant de faire un test de grossesse (la base !) et de creuser si le test s’avère négatif.

    Heureusement, il existe beaucoup de pistes, autant médicales que naturelles, pour retrouver des règles régulières, et ça, c’est une bonne nouvelle ! Car oui, nos règles, on les aime autant qu’on les déteste : on n’a pas envie de les voir arriver, mais elles sont de précieuses messagères qu’on ovule bien.

    Bref, on espère fort que cet article vous sera utile si vous êtes en situation d’aménorrhée 🙂 N’hésitez pas à nous faire vos retours en commentaires !

    Spotting ovulation : tout comprendre sur ce saignement en milieu de cycle

    spotting ovulation

    Les idées clés

    • Le spotting d’ovulation est un léger saignement qui se produit parfois quand on ovule, sous l’influence du shift hormonal entre oestrogènes et progestérone ou de la rupture du follicule lorsqu’il libère son ovocyte.
    • Il peut être systématique, ou intervenir de manière plus ponctuelle !
    • Il se distingue des règles, du saignement d’implantation, du saignement anovulatoire et des spottings prémenstruels.

      Vos règles ne sont censées arriver que dans une quinzaine de jours et vous constatez de légers saignements ? 

      Même si on vous accorde que ce n’est pas le top pour vos sous-vêtements, on vous rassure tout de suite : ce n’est probablement pas grave du tout, juste le signe que votre corps s’apprête à ovuler !

      En effet, alors que pour la plupart des femmes, l’ovulation se passe dans la plus grande discrétion (sauf pour celles qui savent observer leur glaire cervicale bien sûr !), il arrive qu’elles s’accompagnent de petites pertes de sang, aussi appelées spotting. 

      D’où viennent-elles ? Pourquoi sont-elles là ? Signifient-elles vraiment que vous ovulez ? Quel est le lien entre ces saignements d’ovulation et une grossesse éventuelle ? Comment bien les distinguer des règles ? Quand faut-il s’inquiéter et consulter ? On vous explique tout !



      Saignement d’ovulation : de quoi s’agit-il ?

      Le spotting d’ovulation est une légère perte de sang qui intervient plus ou moins au moment où vous ovulez, c’est-à-dire lorsque l’un de vos ovaires libère un ovule. L’ovulation intervient généralement 11 à 16 jours avant vos prochaines règles (mais parfois avant, en cas d’insuffisance en progestérone, par exemple), sachant que l’ovule ne vit que 12 à 24 heures.

      Un tel saignement est donc souvent mélangé à la glaire cervicale (produite les jours qui précèdent l’ovulation et qui vous permet de la détecter), plutôt pâle, rosé ou rouge clair ou marron clair, et ne dure qu’1 à 2 jours.

      Il peut être systématique, à tous les cycles, ou intervenir de façon isolée sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. Une étude a révélé que de telles pertes de sang lors de l’ovulation sont observées par 3% des femmes.


      Quand intervient le spotting d’ovulation ?

      Le saignement d’ovulation survient, comme son nom l’indique, au moment de l’ovulation !

      Vous le savez si vous avez l’habitude de nous lire, il n’est pas possible de prédire la date d’ovulation par un calcul, chaque femme et chaque cycle étant uniques. Toutefois, grâce à l’observation de sa glaire cervicale, on peut la voir venir de façon très fiable.  

      Si vous utilisez une méthode naturelle d’observation de votre cycle comme la symptothermie, vous pourrez ainsi vous rassurer en présence d’un tel saignement, si vous pouvez confirmer qu’il coïncide avec votre ovulation.

      Le spotting d’ovulation peut apparaître juste avant ou pendant l’ovulation.

      timing spotting ovulation


      cause

      Quelle est la cause du saignement d’ovulation ?

      L’ovulation est marquée par un changement hormonal brusque, les oestrogènes qui étaient hauts pendant la phase pré-ovulatoire chutant brusquement, remplacés par une hausse rapide de la progestérone, sécrétée par le corps jaune. 

      Le rôle des oestrogènes, dans la première partie du cycle, est de faire maturer l’ovule et d’épaissir l’endomètre (la muqueuse utérine) pour qu’un embryon puisse éventuellement s’y implanter s’il y a eu fécondation (on dit souvent qu’elle crée un nid). Elle chute lorsqu’elle a “fait son job”, c’est-à-dire lorsque l’ovule est libéré.

      La progestérone, hormone de la seconde moitié du cycle, est là pour maintenir ce nid et favoriser l’implantation, si nécessaire. S’il n’y a pas eu de fécondation, le corps s’en rend compte au bout de 11 à 16 jours environ et la progestérone chute à son tour, provoquant l’évacuation du nid : ce sont les règles. 

      Pas traumatisé pour autant, votre corps remet ça dès le cycle suivant, et les oestrogènes reconstruisent patiemment un nouvel endomètre bien accueillant : et ainsi de suite, jusqu’à la ménopause (avec des interruptions lorsqu’une grossesse arrive !). 

      Tout cela pour dire qu’au milieu du cycle, lorsque l’ovule est libéré, se produit un “shift” hormonal qui peut entraîner un saignement, une petite partie de la muqueuse utérine étant éliminée du fait de la poussée rapide puis de la baisse brutale des oestrogènes : on parle d’ailleurs de “saignement de poussée oestrogénique” (cela est bien expliqué dans cette étude). 

      Une autre raison pourrait être la tension exercée au moment de la rupture du follicule lorsque l’ovaire libère l’ovocyte, qui pourrait rompre des vaisseaux sanguins et provoquer un saignement. 

      En effet, le follicule, c’est-à-dire l’enveloppe qui abrite le futur ovule, grossit en première partie de cycle sous l’effet des oestrogènes. Lorsqu’il arrive à maturité et que les oestrogènes atteignent un seuil critique, cela déclenche un pic de LH (par le cerveau), qui fragilise la paroi du follicule, jusqu’à littéralement le faire éclater, pour permettre la libération de l’ovocyte dans la cavité péritonéale (où il sera capté par la trompe utérine). 

      Lors de cette rupture, les petits capillaires sanguins entourant le follicule peuvent se rompre, et libérer une petite quantité de sang (mais ça reste discret car le follicule n’est pas très vascularisé en réalité !).


      Comment différencier le spotting d’ovulation des autres saignements ?

      On vous a déjà parlé des différents types de saignements vaginaux qui pouvaient intervenir en dehors des règles, certains bénins et d’autres plus graves. 

      Plus précisément, il est parfois difficile de distinguer la perte de sang lors de l’ovulation de quatre principaux types de saignement.

      sang culotte règles

      Saignement d’ovulation vs menstruations

      Comment savoir que la perte de sang ne correspond pas à l’arrivée de vos règles ? En principe c’est assez simple, le spotting d’ovulation est : 

      • Moins abondant (il ne nécessite pas forcément une protection périodique)

      • Plus clair 

      • Plus court (1 ou 2 jours)

      • Plus tôt dans le cycle (environ 11 à 16 jours avant l’arrivée prévue de vos règles)

      spotting prémenstruel

      Spotting d’ovulation vs spottings prémenstruels

      La progestérone est l’hormone qui maintient l’endomètre en place : lorsqu’elle entame sa chute en fin de cycle menstruel et atteint un seuil minimum, la muqueuse utérine commence à se détacher, ce qui provoque de légères pertes de sang avant les règles. Généralement, le flux s’intensifie de plus en plus, pour laisser place aux règles.

      Ces spottings sont plutôt normaux lorsqu’ils interviennent 2-3 jours avant les règles ; en revanche, si vous avez des spottings prémenstruels plus tôt, cela peut également indiquer que la progestérone chute trop tôt avant les règles.

      saignement anovulatoire

      Saignement d’ovulation vs saignement anovulatoire

      Il faut savoir que les règles sont toujours la conséquence d’une ovulation réussie, qui n’a pas donné lieu à une fécondation. L’endomètre, bâti sous l’égide des oestrogènes et de la progestérone, se détache lorsque la progestérone chute en fin de cycle. Généralement, quand l’ovulation est bloquée, on n’a donc plus nos règles.

      Sauf que cette règle a bien sûr une exception ! En effet, des saignements peuvent, au contraire, vous indiquer que votre ovulation a été défectueuse (on parle de saignements anovulatoires, ou saignements intermenstruels) et donc une absence d’ovulation.

      Mais alors comment faire la différence entre ce saignement révélateur d’un échec d’ovulation et celui qui, au contraire, confirme que vous ovulez bien ? Cela est important, surtout si vous cherchez à tomber enceinte !

      Pour cela, il est préférable de suivre son cycle car le spotting d’ovulation intervient juste avant ou pendant l’ovulation (quand vous observez de la glaire cervicale de qualité et que votre température est encore basse), tandis que le saignement anovulatoire se produit alors que vous n’avez pas encore ovulé. Si, pour les règles, c’est la chute de la progestérone qui déclenche les saignements, c’est plutôt la chute des oestrogènes qui déclenche un saignement anovulatoire (ou saignement inter-menstruel).

      De plus, le saignement anovulatoire peut être tout aussi voire plus abondant que les règles, avec de gros caillots ; toutefois, il peut aussi être rosé et plus léger, si les oestrogènes ont été un peu faibles (et il pourra alors plus facilement être confondu avec le spotting d’ovulation). Côté timing, c’est assez aléatoire, en fonction du laps de temps que mettent les oestrogènes à jeter l’éponge.

      Si vous n’observez pas votre cycle, vous pouvez faire un test sanguin de votre taux de progestérone, idéalement le 21e jour du cycle, où il est censé être le plus élevé (sur la base d’un cycle de 28 jours – pour un cycle d’une autre durée, comptez 7 jours après votre date présumée d’ovulation). Un taux ≥ 3 ng/mL suggère qu’une ovulation s’est produite. Dans tous les cas, on vous conseille vivement d’en parler avec votre médecin !

      Petit point fertilité : si, pendant les règles, le risque de grossesse est minime (mais existe quand même), vous pouvez être tout à fait fertile pendant un saignement inter-menstruel, car l’ovulation peut se produire tout de suite après !

      À noter : si vous avez des saignements qui surviennent de manière aléatoire en termes de timing, pensez aussi à consulter, car ils peuvent aussi venir d’un fibrome ou d’un polype, par exemple.

      saignement de nidation

      Saignement d’ovulation ou saignement d’implantation

      Enfin, une perte de sang pendant la seconde partie du cycle peut être le signe d’un début de grossesse ! Cela concerne environ 1 grossesse sur 4. On parle alors de saignement d’implantation ou encore de saignement de nidation.

      Il se produit 6 à 12 jours après la conception et correspond au moment où l’oeuf vient se nicher dans la paroi de l’utérus, sachant qu’il était jusque là dans la trompe utérine. Il n’est pas du tout synonyme de complication dans la grossesse, au contraire, il signifie que l’embryon s’est bien installé !

      Il est, comme le spotting d’ovulation, plus clair que des règles, plus léger et plus court (moins d’1 jour à 2 jours max). Vous ne devriez donc pas le confondre avec des règles. En revanche, comment le distinguer du saignement pendant l’ovulation ?

      Le saignement d’implantation intervient quelques jours avant la date prévue de vos règles, donc bien plus tard que le saignement d’ovulation. Par définition, il est plus tardif dans le cycle, puisqu’il signifie qu’une fécondation a bien eu lieu lors de l’ovulation, et que plus d’1 semaine s’est écoulée depuis. Là encore, il est bien plus facile de les différencier si vous suivez vos cycles, on vous encourage donc à le faire !

      Sinon, la solution est bien sûr de faire un test de grossesse, pour en avoir le coeur net. 

      Tableau récap des différents saignements au cours du cycle menstruel


      signes de l'ovulation

      Quels sont les autres signes de l’ovulation ?

      Si un saignement peut révéler une ovulation, c’est loin d’être l’indice le plus fiable pour détecter que vous entrez dans votre fenêtre de fertilité ! Concentrez-vous plutôt sur :

      • L’aspect de votre glaire cervicale (surtout !)

      • Votre courbe de température

      • La position de votre col de l’utérus

      • D’autres symptômes d’ovulation éventuels comme une libido en flèche, des douleurs au niveau de l’aine, une vulve douce et gonflée, une tension dans la poitrine, des ballonnements, etc.

      Encore une fois, il est précieux de suivre son cycle menstruel pour savoir de quel type de saignement il s’agit, notamment pour s’y retrouver en termes de timing, pour savoir dans quelle phase de votre cycle vous vous trouvez. Pour ce faire, vous pouvez vous appuyer sur la symptothermie, considérée comme fiable à 98% selon le gouvernement français !


      spotting consultation gynécologue

      Spotting d’ovulation : quand consulter un médecin?

      Une perte de sang lors de l’ovulation est un signe parmi d’autres que votre corps est fertile, mais elle est loin d’être systématique. On vous invite plutôt à observer votre glaire cervicale si vous cherchez à identifier avec certitude votre période fertile. 

      Si le saignement observé ne remplit pas les caractéristiques d’un saignement d’ovulation, s’il est plus long, plus abondant ou qu’il s’accompagne d’autres symptômes (des douleurs, un sentiment de malaise, etc.) on vous invite à en parler avec votre médecin, pour vous assurer qu’il ne cache pas une infection ou un dysfonctionnement hormonal. 

      Pour rappel, on a rédigé un article qui fait le point sur tous les saignements en dehors des règles, lesquels sont normaux ou non, n’hésitez pas à le consulter !


      questions fréquentes spotting ovulation

      Pour résumer – Questions fréquentes


      Pour conclure, retenez bien que le saignement d’ovulation n’est absolument pas le signe que vous avez un problème de fertilité ! C’est même plutôt bon signe, donc ne vous inquiétez pas 🙂

      Il peut parfois se confondre avec d’autres saignements vaginaux (spotting d’implantation, saignement prémenstruel, etc.), mais s’il s’accompagne d’une glaire de qualité + est suivi d’une montée de température, il est bien probable qu’il s’agisse d’un spotting d’ovulation !

      Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous avez déjà repéré ces petits saignements au moment de l’ovulation ? Dans tous les cas, n’hésitez pas à venir nous partager vos réflexions en commentaire !

      PS : je reçois beaucoup de commentaires chaque jour, dont certains sont des questions personnelles qui justifient un échange approfondi pour que je puisse apporter un éclairage.

      Aussi, plutôt que d’alourdir la lecture des commentaires pour les autres lectrices, il est possible que je ne valide pas votre commentaire ici mais que je revienne vers vous par email ! : )

      Je ne laisse donc désormais que les commentaires apportant un complément à l’article utile à tous.

      Mais sentez-vous libre d’un écrire un, j’y répondrai dans tous les cas, ici ou en privé ! (et pensez d’ailleurs à bien noter votre vrai email, il n’apparaitra nul part sur le site ne vous inquiétez pas, et à vérifier vos spams !)